‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 125 sur 230 · Schiller a Gœthe · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthe

Iéfia, le 23 octobre 1798.

Il est regrettable que vous n'ayez pu prolonger votre séjour et passer à Iéna ces dernières belles journées. Tout va bien pour nous, sauf que j'avance moins vite dans ma besogne que je ne l'espérais. La transposition de mon texte primitif en une

(1) Du compte-rendu destiné à la Gazette universelle de Cotta : il parut dans le numéro du 7 novembre.

langue qui convienne à la scène, qui soit nette et qui se prête aisément à la déclamation, requiert un effort très astreignant, et le plus fâcheux, c'est qu'à peiner ainsi pour avoir constamment sous les yeux, en chair et en os, comme il le faut bien, les conditions réelles, la personne des acteurs et tout l'ensemble des autres circonstances, le sens poétique finit par s'émousser totalement. Dieu veuille me tendre une main secourable pour me permettre de m'acquitter de cette besogne (1) ! En revanche, ce souci d'une réalisation théâtrale lumineuse qui dirige présentement mon travail ne pouvait manquer de me suggérer un certain nombre d'additions -et de corrections nouvelles qui ne sont pas de médiocre importance, et dont l'œuvre tirera bénéfice.

Depuis votre départ, je n'ai pas eu autre chose en tête que mon travail, ni rien vu d'autre que les miens ; je ne puis donc rien vous mander aujourd'hui qui ait de la nouveauté, ou qui soit à un titre quelconque de nature à vous intéresser. Si vous venez à apprendre quoi que ce soit, ayez la gentillesse de m'en faire part.

Adieu. Amitiés de ma femme. Tous mes compliments les meilleurs à Meyer. — Sch.

Je vous serais obligé de faire remettre à Herder Y Almanach que je vous envoie ci-joint.

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