Schiller a Gœthe
Iéna, le 1er janvier 1799.
Ci-joint, pour votre divertissement, quelques feuillets de Kôrner, touchant YAlmanach.
Mon ouvrage est donc maintenant entre vos mains, et, au moment où je vous écris, vous avez tiré son horoscope. De mon côté, je me suis mis déjà à orienter mes pensées vers la troisième pièce, afin de pouvoir m'y atteler sitôt que je serai à Weimar. Il reste énormément à faire, mais le travail avancera plus vite, parce que la marche de l'action est définitivement arrêtée, et que le ton général sera d'émotion violente.
Il faut encore que je me fasse saigner demain : c'est une pratique que j'ai régulièrement observée depuis mes deux crises inflammatoires de congestion pulmonaire des années 91 et 92. Cette opération me retiendra ici la journée de demain, et peutêtre bien aussi celle d'après-demain. Autrement, mon état de santé est présentement excellent, si ce n'est que, pour n'être pas à court de tourments, je me suis dernièrement fait une piqûre au doigt, sous l'ongle, que le doigt me fait très mal, et que, comme c'est le médius de la main droite, j'en suis très incommodé pour écrire.
1er JANVIER 1199 281
Vous avez eu la bonté de me faire demander par le conseiller des finances (1) une liste de tout ce dont j'aurai besoin à Weimar. J'ai confié l'autre jour cette liste à mon beau-frère, et, pensant que vous l'entendiez ainsi, j'y ai porté tout ce qui pouvait m' être nécessaire.
Je compte apprendre de vous demain si je puis vous arriver après-demain.
Adieu. Nous sommes tous deux pleins de joie à la pensée de vous revoir. — Sch.