CONFÉRENCE DU 25 NOVEMBRE
Service des malades. — Prévenir Mlle Le Gras quand une sœur est malade. — Garde de l’argent destiné aux pauvres — Abrégé des règles communes qui regardent plus spécialement les sœurs des paroisses.
(Règles des sœurs des paroisses, art. 12-18 et appendice.)
Mes chères sœurs, voici le douzième article, qui dit : <( Quoiqu’elles ne doivent pas être trop faciles ni trop condescendantes quand ils refusent les remèdes, ou se rendent trop insolents, néanmoins elles se garderont bien de les rudoyer ou mépriser; au contraire, elles les traiteront avec respect et humilité, se ressouvenant que la rudesse et le mépris qu’on en fait, aussi bien que le service et l’honneur qu’on leur rend, s’adressent à Notre- Seigneur. » Cela, mes sœurs, parle de soi-même, c'est-àdire que vous devez traiter les pauvres avec grande douceur et respect : avec douceur, pensant qu ils vous doivent ouvrir le ciel ; car les pauvres ont cet avantage
Entretien 115. — Ms. SV 4, p. 385 etsuiv.
d’ouvrir le ciel; et c'est oe que Notre-Seigneur dit : (( Faites-vous des amis de vos richesses, afin qu’als vous reçoivent ès tabernacles éternels1 2. » Il faut donc les traiter avec douceur et respect, vous souvenant que c’est à Notre-Seigneur que vous rendez ce service, puisqu’il le tient fait à lui-même : « Cum ipso sum in tribulatione '1 », parlant des pauvres. S’il est malade, je le suis aussi; s'il est en prison, j'y suis; s’il a des fers aux pieds, je les ai avec lui. Et une autre raison, c’est que vous devez regarder les pauvres comme vos maîtres.
Voici le treizième article : « Elles ne recevront aucun présent, tant petit soit-il, des pauvres qu’elles assistent, se gardant bien de penser qu'ils leur sont obligés pour les services qu’elles leur rendent, vu qu'au contraire elles en doivent de reste, puisque, pour une petite aumône qu’elles leur font, non de leur bien propre, mais seulement d’un peu de leurs soins, elles se font des amis qui ont droit de leur donner un jour entrée 'dans le ciel; et même, dès cette vie, elles reçoivent à leur sujet plus d’honneur et de vrai contentement qu’elles n’eussent osé jamais espérer dans le monde, dont elles ne doivent pas abuser, mais entrer en confusion, dans la vue qu’elles en sont indignes. »
J’ai déjà dit les raisons pour lesquelles vous devez traiter les pauvres avec douceur et respect. En voici une autre : c’est que vous avez de plus cette promesse qu'a faite Notre-Seigneur, qu’il donnera à ceux qui le suivront cent fois autant dans cette vie et enfin la vie éternelle. N’est-il pas vrai, mes sœurs, que toutes, tant que vous êtes, vous avez votre vie assurée? Dieu a mis un fonds pour pourvoir à vos nécessités et vous a retirées des soins de la vie. Les gens mariés ont mille soucis :