Epître de saint Paul aux Philippiens IV, i
Vous, ma sœur Marthe, soyez la servante de notre sœur, je vous en prie'.
Son humilité témoigna n’en être pas capable et, par soumission, racoepta.
— Dieu soit béni! Si notre sœur faisait ou disait quelque chose qui vous désagréât, supportez-le. Et vous, si ma sœur vous fait faire quelque chose' contre votre sentiment, excusez; si elle vous disait quelque chose qui vous fâchât, car vous êtes assurées que cela arrivera, supportez-le. Et comment, mes filles, cela ne pourrait-il point arriver, vu que nous-mêmes nous nous contredisons bien? Nous avons dit une chose le matin, et le soir nous ne sommes plus de ce sentiment. Mais ce que' vous avez à faire dans ces rencontres est de vous supporter l’une l’autre. Pensez au support que Notre-Seigneur a eu de ceux qui le calomniaient et contredisaient, sans jamais s’en plaindre.
Ne vous plaignez aussi jamais, mes chères sœurs, aux personnes du dehors, oh! jamais, mes chères sœurs. S’il vous arrivait de vous plaindre aux personnes du monde, cela leur pourrait faire dire : « Eh ! comment oes filles supporteront-elles avec charité les pauvres malades, puisqu elles ne se sauraient supporter elles-mêmes ! Comment donneraient-elles du repos aux pauvres, puisqu ciles n ont pas seulement la paix entr’elles ! »
Une des sœurs dit :
Mon Père, il me semble qu’il n’y a nulle peine', telle qu elle puisse etre, à servir les pauvres, pourvu que P union et le support soient au dedans.
• Dieu \ ous bénisse! Vous dites une chose bien ^rilable. ( est pourquoi, mes sœurs, je vous le recommande oe tout mon cœur. Mais ce que vous avez à faire,
mes chèr€SN sœu'rs> P°ur acquérir cette vertu de support eSt qile’ d°5 aussitôt que l'une aura mécontenté l’autre, mettiez aussitôt à genoux pour vous deman-
der pardon. O mes sœurs, l’excellente! pratique ! Je vous y exhorte. Oui, mes sœurs, les supérieurs mêmes se doivent toujours mettre à genoux. Je demandais hier pardon à toute la Compagnie, et à genoux. Oh ! oui, mes sœurs, car c’est aux supérieurs à se charger de toutes les faute's que la Compagnie fait. Notre-Seigneur en a usé de la sorte. N’est-il pas dit de lui qu’il s’est chargé de tous les péchés du monde et ne sont-ce pas tous nos crimes qui l’ont fait mourir? O mes sœurs, qu’il fait bon d’en user de la sorte!
Ayez grand soin de garder vos règles communes, autant que le service des pauvres vous le pourra permettre; car vous savez que c’est votre principale affaire, pour laquelle vous devez tout quitter, sans néanmoins ne pas laisser une partie de ce que vous pourrez faire, ne pouvant pas faire le' tout.
Pour la sainte communion, vous communierez les jours qui vous sont ordonnés, si vous n’en êtes point empêchées par le besoin des pauvres.
J’ai omis de dire, en l’article où notre très honoré Père recommande de ne se décharger à personne de dehors, que sa charité dit que, si elles étaient trop surchargées de peines, après les avoir dites à Notre-Seigneur, elles pouvaient en écrire à leur supérieur même’, plutôt que de donner du scandale à la Compagnie.
Et sa charité ajouta :
O mes Elles, c’est Notre-Seigneur qui nous enseigne cette pratique, quand, envoyant ses disciples pour le service du prochain et prêcher son Evangile, il leur dit : « Ne saluez personne en chemin4. » Savez-vous pourquoi? C’est de crainte que, s’amusant par le salut, ils ne se missent en danger de parler d’autres choses et