‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 4)Chapitre 68 sur 138 · MORTIFICATION, CORRESPONDANCE, REPAS, SORTIES · texte numérisé non relu

MORTIFICATION, CORRESPONDANCE, REPAS, SORTIES

(Règles Communes, art. 24, 25, 26 et 27.)

Mes sœurs, voici la vingt et quatrième règle que nous avons à vous expliquer aujourd’hui. Elle commence ainsi : « Et quoique les continuels travaux des Filles de la Charité ne leur permettent pas de faire beaucoup de pénitences et austérités corporelles, elles pourront néanmoins en faire parfois; mais ce sera après en avoir eu permission de la supérieure aux choses ordinaires, et du directeur aux extraordinaires, etc. »

Mes sœurs, la vingt et quatrième règle, que nous venons de lire, vous dit qu’enoore bien que votre vie soit pénible et qu’il y ait bien à souffrir, tant du côté de la manière de vie que vous menez, que du côté des pauvres que vous avez à servir, néanmoins cela n’em-

Entretien 89. — Ms. SV 4, p. 219 et suiv.

pêche pas que vous ne deviez parfois user de mortifications extérieures. Or, les mortifications extérieures, mes sœurs, consistent en autant de choses qu il y en a qui sont pénibles au corps; et ce sont autant de moyens de se mortifier; par exemple, coucher sur la dure, porter la haire, prendre la discipline et le reste de ce qui peut faire de la peine a noue corps, ce son^ des choses que les chrétiens doivent faire, chacun selon son besoin.

Le bienheureux évêque de Geneve était 1 homme du monde le plus complaisant et le plus doux, car d recevait les avis de tous ceux qui lui en donnaient, et néanmoins il a ordonne aux filles de Sainte-Marie de prendre ensemble la discipline tous les vendredis, et lui-même la prenait. On voit encore les disciplines dont il se servait toutes pleines de sang. Les rois qui craignent Dieu eux-memes ne croient pas etre dispenses de la discipline, quoiqu’ils soient rois. L empereur Charles, bisaïeul de notre reine, que Dieu conserve! prenait la discipline ; et l’on voit encore une des haires dont il se servait, dans le trésor d’Espagne, qu on garde comme une pièce rare. Cet empereur usait de ces mortifications, parce qu’il s’estimait pécheur et croyait que les péchés nous rendent redevables à la justice divine. Voilà pourquoi il se tenait obligé de se punir lui-meme pour ne l’être pas dans l’autre monde.

Saint Paul dit à ce sujet : « Si nous faisons justice de nous-mêmes, Dieu ne la fera pas 1 2 » ; c est-a-dire si nous nous châtions nous-mêmes, nous ne le serons pas de Dieu; car il faut satisfaire à la justice divine ou en ce monde ou en l’autre.

Il est dit que le juste tombe sept fois le jour ". Voilà

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