‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 111 sur 314 · JÔ · texte numérisé non relu

JÔ

guli unum sacrum pro salute et quiete animae nostrae celebrare teneantur, et haec omnia ad perpetuam rei memoriam insculpantur in tabella marmorea, quae ponatur in choro ecclesiae Sancti Lazari.

Si vero, quacumque ex causa etpraetextu, in praejudicium dictae unionis praedicta administratio leprosariae Sancti Lazari, contra jus et mentem nostram, in beneficium erigeretur, vel si quis quocumque modo resignare dictam leprosariam seu administrationem Sancti Lazari, et alius, vi praedictae resignationis, eam habere et possidere praetenderet, vel si forte, quod Deus nolit, praedictae Missionis sacerdotes nollent admit tene clericos dioecesis Parisiensis qui ad sacros ordines promoveri vellent modo supra dicto instituendos, vel nollent missionum functiones per pagos dioecesis Parisiensis exercere, in iis casibus et in eorum quolibet volumus jus omne quod nos et praedecessores nostri habuerunt ad praedictam domum et administrationem leprosariae Sancti Lazari omnino devolvi et redire ad nos et successores nostros Archiepiscopos Parisienses, qui poterunt committere cui volent, ut antea, ad nutum, regimen et administrationem domus et dictae leprosariae Sancti Lazari et omnimodam jurisdictionem ecclesiasticam et auctoritatem tam in spiritualibus quam in temporalibus quam antea habebant exercere.

In quorum praemissorum omnium et singulorum £ldc m et testimonium has praesentes litteras manu nostra obsignatas per Archiepiscopatus nostri Parisiensis secretarium ordinarium fàeri et signari, sigillique Camerae nostrae jussimus et fecimus appositione communiri.

Datum Parisiis, anno Domini 1632, die 3L et ultima mensis decembris.

J. Franciscus,

A rc hie-pisco-pus Parisiensis .

De mandato praefati IHustrissimi et Reverend issimi Domini rnei Domini Parisiensis Archiepiscopi.

Baudouyn.

84. — LETTRES PATENTES POUR CONFIRMER L UNION DE SAINT-LAZARE A LA MISSION

(Janvier 1 633)

Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut. Nos bien amés les prêtres de la congrégation de la Mission nous ont fait dire et remontrer qu’ayant, en vertu de nos lettres patentes ci-attachées sous le contrescel de notre chancellerie, données à Metz au mois de janvier 1632, portant approbation et confirmation1 d’union du prieuré, léproserie et administration de Saint-Lazare, sis au faubourg Saint-Denis de notre bonne ville de Paris, obtenu arrêt de notre cour de Parlement, le 21 août dernier, par lequel il aurait été ordonné que, sans avoir égard aux oppositions formées pour empêcher ladite union, notredite cour verrait tant le concordat fait pour icelle union entre les prieur et religieux dudit Saint-Lazare et les prêtres de La congrégation de la Mission, que nosdites lettres, pour, le tout communiqué à notre procureur général, y faire droit; en suite de quoi notredite cour, par autre arrêt du 7 septembre ensuivant, aurait fait registrer nosdites lettres et concordat pour jouir par lesdits prêtres de la Mission de l’effet et contenu en iceux, et ordonné que, pour l’exécution, ils se retireraient par devers notre amé et féal conseiller en nos conseils et grand maître de notre chapelle, le sieur archevêque de Paris, à ce qu’il leur décernât lettres d’établissement à perpétuité en ladite maison Saint-Lazare; auquel arrêt

Document 84. — Arch. nat. M 212, original.

ledit sieur prieur satisfaisant, se serait, par sa déclaration du 30 décembre aussi dernier, reçue par Coüstart et Païsant, notaires au Châtelet, désisté et départi de l’administration qui lui avait été commise de ladite maison Saint-Lazare, même icelle remise ès mains dudit sieur archevêque, pour la donner, transférer, commettre à perpétuité auxdits prêtres de la congrégation de la Mission, sous la conduite et direction de M. Vincent de Paul, supérieur d’icelle maison, et ses successeurs à l’avenir; en conséquence desquels arrêts et déclaration dudit prieur, ledit sieur archevêque aurait, le dernier dudit mois de décembre, uni, annexé et à perpétuité incorporé ladite maison et léproserie Saint-Lazare auxdits prêtres de la Mission, lesquels, pour la plus grande sûreté et validité de la chose, nous ont très humblement supplié de leur vouloir de nouveau sur ce départir nos lettres deconfirmation et approbation de ladite union.

A ces causes, désirant, en cette occasion et toute autre qui s’offrira, faire apparaître auxdits prêtres de la Mission P estime que nous faisons de leur insigne piété,, bonne vie, mœurs et déportements, et combien la charité continuelle qu’ils exercent à l’instruction, conversion et salut des âmes de nos sujets résidant à la campagne nous est agréable, nous, après avoir fait voir en notre conseil lesdites pièces ci-dessus énoncées, attachées sousnotredit contrescel, avons, de nos grâces spéciales, pleine puissance et autorité royale, loué, gréé, confirmé et approuvé, et par ces présentes, signées de notre main, louons, gréons, confirmons et approuvons ladite union, faite par ledit sieur archevêque, dudit prieuré, léproserie et administration dudit Saint-Lazare à ladite congrégation de la Mission; voulons et nous plaît que les pretres d’icelle Miss:on et leurs successeurs à l’avenir en jouissent à perpétuité, ensemble de tous fruits, droits, revenus et émoluments quelconques y appartenants et

qui en dépendent, aux charges, réserves, clauses et conditions portées tant par le susdit concordat, arrêts, déclaration dudit prieur, qu’ approbation et union dudit sieur archevêque, que nous voulons sortir son plein et entier effet.

Si donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers, les gens tenant notre cour de Parlement à Paris, prévôt dudit lieu, son lieutenant et tous autres nos justiciers et officiers qu’il appartiendra, que cesdites présentes ils aient à faire registrer et du contenu en icelles jouir et user pleinement, paisiblement et à toujours lesdits prêtres de la congrégation de la Mission, sans leur mettre, ni souffrir leur être fait, mis ou donné aucun trouble ou empêchement au contraire. Et à ce que ce soit chose ferme et stable, nous avons fait mettre notre scel à cesdites présentes.

Donné à Saint-Germain, au mois de janvier, l’an de grâce 1633, et de notre règne le 23e.

Louis.

De Loménie.

85. — RÈGLEMENT DES PRÊTRES DE LA MISSION ENVOYÉS AUX ARMÉES A TITRE D’AUMONIERS

Les prêtres de la Mission qui sont à l’armée se représenteront que Notre-Seigneur les a appelés à ce saint emploi : 1° pour offrir leurs prières et sacrifices à Dieu pour l’heureux succès des bons desseins du roi et pour la conservation de son armée; 2° pour aider les gens de guerre qui sont dans le péché à s’en retirer, et ceux qui sont en état de grâce à s’y conserver; et enfin pour faire leur possible que ceux qui mourront sortent de ce monde en état de salut.

Document 85. — Abelly, o£. cil., 1. I, chap. xxxm, p. 154 et suiv.

Ils auront pour cet effet une particulière dévotion au nom que Dieu prend dans l’Ecriture, du Dieu des armées, et au sentiment qu’avait Notre-Seigneur quand il disait : A 1 on veni pacem mitterey sed gladium 1 ; et cela pour nous donner la paix, qui est la fin de la guerre.

Ils se représenteront que si bien ils ne peuvent ôter tous les péchés de l’armée, que peut-être Dieu leur fera la grâce d’en diminuer le nombre, qui est autant que, si l’on disait que Notre-Seigneur devait être encore crucifié cent fois, il ne le sera peut-être que quatre-vingt-dix; et si mille âmes, par leurs mauvaises dispositions, devaient être damnées, ils feront en sorte, avec le secours de la miséricorde et de la grâce de Dieu, qu’il y en aura quelques-unes de ce nombre qui ne le seront pas.

Les vertus de charité, de ferveur, de mortification, d’obéissance, de patience et de modestie leur sont grandement nécessaires pour cela; c’est pourquoi ils en feront une continuelle pratique intérieure et extérieure, et notamment de l’ accomplissement de la volonté de Dieu.

Ils célébreront la sainte messe tous les jours, ou communieront à cet effet.

Ils honoreront le silence de Notre-Seigneur aux heures accoutumées, et toujours à l’égard des affaires d’Etat, et ne témoigneront leurs peines qu’à leur supérieur, ou à celui qu’il leur ordonnera.

Si oh les applique à entendre les confessions des pestiférés, ils le feront de loin et avec les précautions nécessaires et laisseront l’ assistance corporelle tant de ceux-ci que des autres malades à ceux que la Providence emploie en ces fonctions.

Ils feront souvent des conférences, après avoir pensé

i. Evangile de saint Matthieu X,

devant Dieu aux sujets qui seront proposés, par exemple :

i° De T importance qu’il y a que les ecclésiastiques assistent les armées;

2° En quoi consiste cette assistance;

3° Les moyens de la bien faire.

Ils pourront traiter par la même méthode d’autres sujets qui leur seront convenables en cet emploi, comme de l’assistance des malades, de quelle manière on se comportera pendant les combats et les batailles, de l’humilité, de la patience, de la modestie et des autres pratiques requises dans les armées.

L’on observera le plus exactement que l’on pourra les petits règlements de la Mission, notamment à l’égard des heures du lever et du coucher, de l’oraison, de l’ofûce divin, de la lecture spirituelle et des examens.

Le supérieur distribuera les offices à chacun, donnera à l’un celui de la sacristie, à l’autre celui d’entendre les confessions de la Compagnie et de la lecture de table; à l’autre, des malades; à l’autre, de l’économie et apprêt du manger; à l’autre, de la tente et des meubles, pour les faire charger et décharger et mettre en place. Et les uns et les autres seront employés aux prédications et confessions selon que le supérieur le jugera expédient.

Ils logeront et vivront ensemble, si faire se peut, quoiqu’ils soient distribués dans les régiments. Que si on les emploie en divers lieux, comme en l’avant-garde, ou en l’ arrière-garde, ou au corps de l’armée, le supérieur qui les distribuera fera en sorte qu’ils logent sous des tentes, si faire se peut.

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