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Le séminaire Saint-Charles

authentique, l’on a résolu d’en poursuivre incessamment l’approbation de Sa Sainteté.

La deuxième proposition a été savoir s’il était à propos de statuer un temps parmi nous pour appliquer les sujets au travail de la mission, comme serait un âge de 50 ou 60 ans, après lequel on demeurerait entièrement déchargé de vaquer auxdites missions, pour être appliqué à la direction des séminaires et autres emplois dans la maison.

Toute l’assemblée a été d’avis qu’il ne fallait rien statuer sur ce sujet, ains laisser le tout à la discrétion du supérieur général. La même assemblée a bien été d’avis de ne pas sitôt employer les jeunes prêtres dans les exercices de la mission, pour plusieurs raisons.

La troisième proposition a été savoir s’il 11’était pas à propos que, dans chaque province de la congrégation, il y eût deux ou trois prêtres d’icelle zélateurs du salut des âmes et du travail des missions, lesquels fussent incessamment occupés en icelles sans s’arrêter en aucune maison de la congrégation, non pas même pendant les intervalles ordinaires des missions et vendanges, si ce n’est pendant huit ou dix jours, qu’ils se rendraient au lieu où résiderait le provincial ou le supérieur général, pour y faire leurs exercices spirituels et rendre compte de leur travail.

L’avis a été de ne point refuser ceux auxquels Dieu en donnerait le mouvement, pourvu qu’on trouvât en eux les dispositions de corps et d’esprit que demande semblable travail.

Le quatrième sujet a été touchant la règle de l’élection du général, laquelle porte qu’il nommera par écrit deux personnes à l’assemblée, lesquelles il jugera les plus propres pour lui succéder, ou s’il serait meilleur qu’il ne désignât personne.

L’assemblée a été d’avis d’en user ainsi que la règle

porte, si ce n’est qu’à l’avenir on y trouve trop d’inconvénient.

La cinquième proposition a été si l’on doit lier à notre congrégation d’un lien plus étroit messieurs les ecclésiastiques de la Conférence du mardi.

L’assemblée a été d’avis que non, mais qu’on se remettrait dans le premier usage, de les convier, aussi bien que les séminaristes externes, de venir en mission avec nous, lequel usage semblait avoir été interrompu depuis quelque temps, pourvu que l’on fît un bon choix entre les susdites personnes.

La septième (sic') a été touchant la fermeté que la Compagnie doit avoir, dans le sacrement de pénitence, à l’égard des restitutions, pour ne pas donner l'absolution qu’après que les pénitents y auraient pourvu ou effectivement ou par promesse et obligation et par écrit. L’avis commun a été qu’il était fort à propos d’en user de la sorte.

La huitième, s’il fallait continuer l’usage de faire, dans toutes les missions, la prédication du matin, le catéchisme d’après midi et le grand catéchisme du soir.

L’avis commun a été qu’excepté les fort grosses missions, il serait à propos de retrancher le catéchisme d’après-midi, lequel on pourrait faire au soir, ou tout seul, y mêlant quelques petites moralités, ou bien le faire pendant un bon quart d’heure avant le grand catéchisme, sans monter en chaire, et que, pour cet effet, le grand catéchiste ne parlerait que pendant une bonne demi-heure.

La neuvième a été touchant la longueur des prédications.

Toute l’assemblée est tombée d’accord que trois petits quarts d’heure suffisent pour l’ordinaire, et qu’une heure c’est excéder, et que les supérieurs y devaient tenir exactement la main.

La dixième a été savoir s’il fallait accomplir ce qui fut déterminé dans la dernière assemblée le 20 octobre 1642, page 10, touchant les vœux de ne point ambitionner de charge dans la congrégation, ni d’aspirer à aucun bénéfice ou office au dehors.

L’assemblée a été d’avis qu’il fallait observer ce qui est porté dans le susdit article, non toutefois à l’égard de tous les particuliers de ladite congrégation, mais seulement pour ceux que le supérieur général en jugera capables, et pourvu qu’ils soient prêtres, et ce après avoir fait le deuxième séminaire; ledit supérieur général pourra néanmoins les y recevoir auparavant ledit second séminaire, pourvu qu’il y ait du moins quatre ans qu’on ait achevé le premier séminaire. Il pourra aussi différer tant qu’il le jugera à propos ceux mêmes qui auront fait le dernier séminaire, s’il ne les juge être en état propre pour cela.

L’onzième a été s’il fallait se comporter avec nos frères d’une manière entièrement douce.

On a été d’avis que la voix de douceur, accompagnée de fermeté pour les tenir en leur devoir, était la meilleure, et a été résolu qu’on ne leur donnerait pas si facilement l’habit noir, ains quie ce serait toujours après en avoir demandé la permission au supérieur général.

La douzième a été si on déterminerait quelques pénitences pour certaines fautes particulières.

L’assemblée a été d’avis qu’oui, et l’on en a dressé quelque chose dans un papier à part, lequel n’a pas encore été arrêté.

Treizièmement, on a, dans une ou trois séances, avisé aux moyens d’entretenir et perfectionner de plus en plus la congrégation dans une grande charité et union; lesquels moyens on a aussi mis dans un papier à part.

Tout le reste du temps jusqu’à l’onzième d’août de la même année, on a travaillé à mettre les règles dans le

meilleur état que l’on a pu, et même on a dressé un acte par lequel tous reconnaissent qu'elles sont en l’état susdit, et on les présente à Monseigneur l’archevêque de Paris pour être approuvées. Et tous ont signé ledit acte.

Fait à Saint-Lazare l’onzième août 1651.

Vincent Depaul. Portail.

François Grimal. Ludovicus Thibault.

Lambert aux Couteaux. Gilbertus Cuissot.

Pf.trus du Chesne. A. Lucas. Alméras

JOANNES DeHORGNY. STEPHANUS BLATIRON.

J. -B. Gilles. J. BÉcu.

Propositiones factae Domino Vincentio , Superiori Générait , in conventu Parisiis habito anno l'fj1, mense augusii , pro bono regimme congregationis , maxime domus Sancti Lazari , cum responsionibus .

1. Instituendus vider etur director scholasticorum , qui eos tum ad pietatem , communicationem interiorem} tum ■etiam ad studia melius peragenda f or muret , qui etiam instrüeret de modo praedicandi et utiliter catechizandi.

Monsieur le sous-assistant prendra ce soin, si M. Passistant ne le peut faire.

2. Missa solemnis diebus festis et dominicis commo dius videretur differenda usque ad octavam horam quam sine ulla inter polatione post h or as edicenda.

L’on en fera un essai pour quelque temps.

3. T empus aliquod pro examinandis seminaristis a superiore et ejusdem assistentibus , praesente eorum directore) necnon etiam pro examinando scholasticorum profectu quoad studia et quantum ad mores , ut et qui profectum fecerunt notentur , et minus habiles ad altio- 7 es scieniias aliis rebus applicentur , et alii, si ita usum fuerit , a congregatione removeantur .

L’assistant tiendra la main au plus tôt à la pratique de ces trois articles.

4. Quoniam non expediret ut scholastici in tantum damiliaritatem et co gnitionem seniorum congregationis venirenty videndum an expédiât ipso s senior es sacerdotes interesse conversationibus quotidianis .

Il y a beaucoup d’inconvénients de séparer les jeunes des anciens. Il faut que nous autres anciens nous mous donnions à Dieu pour être à exemple à la jeunesse. L’on essaiera néanmoins de cette séparation, les anciens faisant leur conversation à part, sous un autre, qui proposera les cas,

5. F or tasse cederet in majorem profectum spirituale}n seminaristarum , scholasticorum et coadjutorum si primus concionandi usus in praxim revocaretur , quando scilicet conciones ipsis accommodatiores [ante] Directorem solum habebantur intra septa seminarii et ex humiliori cathedra quam nunc contingit , et ex personis quae ad praedicandum seliguntur , et in aula amplissima et alto illo suggestu.

Il me semble qu’il sera bon d’user de la sorte que dit ce cinquième article touchant la manière de prêcher.

6. Major cautela adhibenda vider etur in persolvendis oblïgationibus a congregatione contractis , praecipue er ga fundationem Domini 'Vivian'1 et Do7nini Galon 2 3 et alios quos dam, 71e c sat gratitudinis videmur habere .er ga caeteros benef adores.

Il est absolument nécessaire de s’acquitter de ces fon-

2. Nicolas Vivien, conseiller du roi et maître des comptes, avait donné, le 20 janvier i632, une somme de 10 000 livres pour la fondation de missions dans le ressort des parlements de Toulouse, de Bordeaux ou de Provence. (Arch. nat. MM 538, f° 292 v°.) Il ajouta, le 5 juillet i636, une rente de 200 livres tournois. (Arch. nat. Y 176, f° 383 v°.)

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