XIII
quatre fois l’an, le pouvant faire commodément, a savoir le jour de la Pentecôte, Notre-Dame d’août, saint André et saint Martin, et ce, pour honorer Tardent désir que Notre-Seigneur Jésus a que nous aimions les pauvres malades et les secourions à leur nécessité; et pour accomplir ce saint désir, l’on lui demandera ses bénédictions sur ladite confrérie, à ce qu’elle fleurisse de plus en plus à son honneur et gloire, au soulagement de ses membres et -salut des âmes qui le servent en icelle, ou y ayant donné de leurs biens.
Et afln que la Compagnie se conserve en une sincère amitié selon Dieu, quand quelqu une sera malade, la prieure et les autres seront soigneuses de la visiter et lui faire recevoir les saints sacrements de l’Eglise, prier pour elle en commun et en particulier ; et quand il plaira à Dieu de retirer de ce monde quelque membre de ce corps, les autres se trouveront à son enterrement avec le même sentiment qu’à celui de leur propre sœur, qu’elles espèrent un jour voir au ciel; diront chacune trois fois le chapelet à son intention et feront célébrer une messe basse pour le soulagement de son âme en la chapelle de ladite confrérie.
De r exercice de chacune à part soi
Le réveil se commencera par l’invocation de Notre-Seigneur Jésus, faisant le signe de la croix, et par quelque autre oraison à sa sainte Mère, puis, étant levées et habillées, prenant de l’eau bénite, elles se mettront à genoux au pied de leur lit au devant de quelque image, rendront grâces à Dieu des bénéfices, tant généraux que particuliers, qu’elles ont reçus de sa divine majesté, réciteront trois fois le Pater noster et trois fois Y Ave Maria en l’honneur de la Sainte Trinité et une fois le Credo et le Salve Regina , et, après, ouïront la sainte
messe, si elles ont la commodité, se souviendront de la modestie avec laquelle le Fils de Dieu accomplissait ses actions sur terre, et, en l’honneur de l'imitation d’icelles, feront les leurs avec modestie et tranquillité.
Celles qui sauront lire liront chaque jour posément et attentivement un chapitre du livre de monseigneur l’évêque de Genève intitulé Y Introduction à la vie dévote , et feront quelque élévation d’esprit à Dieu, avant la lecture imploreront sa grande miséricorde pour tirer fruit de son amour de ce dévot exercice.
Lorsqu’il faudra qu’elles aillent en compagnie, elles offriront à Jésus Notre-Seigneur cette conversation en l’honneur de celle qu’il a daigné avoir sur terre avec les hommes, et le supplieront qu’il les préserve de l’offenser; s’étudieront spécialement à porter en l’intérieur un grand honneur et révérence à Notre-Seigneur Jésus- Christ et à sa sainte Mère, comme étant un des points principaux que requiert cette confrérie en celles qui y aspirent.
S’exerceront soigneusement à l’humilité, simplicité et charité, déférant chacune à sa compagne et aux autres, et faisant toutes leurs actions pour une intention charitable envers les pauvres et non aucun respect humain.
La j’ournée employée selon l’observation susdite et
l’heure du coucher étant venue, elles feront l’examen de
conscience et diront trois fois le Pater noster et trois
fois Y Ave Maria et une fois le De profundis pour les
trépassés, le tout néanmoins sans obligation à péché mortel ou véniel.
APPROBATION DE LA CONFRÉRIE
Nous, Thomas de Méchatin Lafaye, chanoine et comte de l’Eglise de Lyon, official et juge de la Primlace, vicaire général spirituel et temporel d’Illustris-
sime et Révérendissime Père en Dieu Messire Denis Simon de Marquemont, par la grâce et permission de notre Saint-Père le Pape archevêque et comte de Lyon, primat de France, conseiller du roi en son conseil d’Etat et son ambassadeur extraordinaire à Rome auprès de notredit Saint-Père.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, savoir faisons que nous, ayant lu les articles ci-dessus écrits des règlements de la confrérie de la Charité que l’on prétend établir et dresser ein la ville de Châtillon-les-Dombes, diocèse de Lyon, pour assister spirituellement et corporellement les pauvres malades de leur ville, lesquels, par faute d’ordre à les soulager, ont parfois beaucoup souffert; iceux articles à nous présentés par vénérable personne Messire Vincent de Paul, bachelier en théologie, curé dudit Châtillon ; après avoir iceux considérés et ouï l’humble supplication qu’il nous a faite de vouloir permettre l’érection de ladite confrérie et approuver, homologuer et ratifier lesdits articles contenus audit règlement, de l'autorité de monseigneur 1 Illustrissime et Révérendissime archevêque, et sous son bon plaisir, pour à iceux ajouter ou diminuer tout ce qui lui plaira, avons permis et permettons l’érection de ladite confrérie à la forme des articles portés par ledit règlement, lesquels, de l’autorité de mondit seigneur l’archevêque, nous avons approuvés, homologués et ratifiés par ces présentes, à la charge, comme dit est, qu’il y pourra ajouter et diminuer tout ce qu'il lui plaira et que ladite confrérie et tout ce qui en dépendra sera à la connaissance immédiatement de mondit seigneur l’archevêque, comme leur supérieur, ou, en son absence, de son vicaire général.
En témoin de quoi nous avons signé ces présentes et fait contresigner par M. Jean Linet, secrétaire de l’ar-
chevêché et citoyen de Lyon, et à icelles fait mettre et apposer le sceau de la chambre de mondit seigneur l’archevêque de Lyon le vingt-quatrième jour du mois de novembre l’an mil six cent dix-sept.
Méchatin Lafaye.
Par commandement de mondit seigneur le vicaire général.
LlNET.
ÉRECTION DE LA CONFRÉRIE
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le huitième de décembre, jour de l’immaculée Conception de la Vierge Mère de Dieu, l’an mil six cent dix-sept, dans la chapelle de l’hôpital de la ville de Châtillon-les-Dombes, le peuple étant assemblé, nous, Vincent Depaul, prêtre et curé indigne de ladite ville, avons exposé comme Monsieur de Lafaye, grand vicaire de Monseigneur P archevêque de Lyon, notre très digne prélat, a approuvé les articles et règlements ci-dessus contenus, dressés pour l’érection et établissement de la confrérie de la Charité en ladite ville et au dedans de ladite chapelle.
Au moyen de quoi, nous, curé susdit, en vertu de ladite approbation, avons cejourd’hui érigé et établi ladite confrérie en ladite chapelle, ayant premièrement fait savoir au peuple en quoi ladite confrérie consiste et quelle est sa fin, qui est d’assister les pauvres malades; et ayant admonesté ceux qui voudraient en être de s’approcher et de donner leur nom, se sont présentées :
Françoise Baschet; Charlotte de Brie; Gasparde Puget; Florence Gomard, femme de M. le châtelain; Denise Beynier, femme de sire Claude Bouchour; Philiberte Mulger, femme de Philibert des Hugonières ; Catherine Pâtissier, veuve de feu Philibert Guillon ; Eléo-
nore Burdilliat; Jeanne Perra, fille de Gui Perra; Florence Gomard, File de feu Denis Gomard ; Benoîte Prost, File d’Ennemond Prost ; Toinette Guay, veuve de feu Pontus; Guichenon, qui s'est présentée pour être garde des pauvres.
Puis a été procédé à l’élection des charges à la forme ci-dessus contenue, et a été élue pour prieure demoiselle Baschet; pour trésorière, demoiselle Charlotte de Brie; pour seconde assistante, dame Gasparde Puget; et pour procureur, honorable Jean, Fis de feu honorable Jean Beynier, par la pluralité des voix des dessus nommées ; ce qui a été fait en ladite chapelle de l'hôpital, à ce présents et assistant honorables Messires Jean Besson, Jean Benonier, Hugues Rey, prêtres sociétaires en l’église Saint-André dudit Châtillon, et sieur Antoine Blanchard, notaire royal et châtelain de ladite ville, et plusieurs autres assistants témoins.
Besson. Benonier. H. Rey.
Blanchard. Beynier, procureur.