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ciation par la prieure, de 1 avis du recteur et assistantes, reblanchis et confessés le même jour qu’ils auront été admis au soin de ^association, et le lendemain communies.

De la nourriture des malades

Chaque malade aura à dîner autant de pain qu il en pourra raisonnablement manger; ceux qui boiront du vin en auront demi-Setier par repas, un potage, quatre onces de veau ou de mouton bouilli, au souper de même, excepté que la viande sera rôtie ou en hachis, et, aux jours d’abstinence, deux œufs, avec une tranche de beurre ou poisson frais. Ceux qui ne pourront manger de la viande solide auront des bouillons, œufs frais, panades et orges mondés, selon que le médecin l’ordonnera à la prieure, si besoin est.

De Vordre que tiendront les servantes des pauvres

pour servir les malades

Les servantes des pauvres apprêteront, chacune leur jour, le manger des malades, le porteront en leurs maisons et leur serviront, par ordre du pain bénit, un jour entier, en façon que celle qui aura servi avertira dès le soir celle qui la devra suivre, lui portera les tailles ou cahiers du pain, vin et chair, lui dira le nom, le lieu, la quantité et l’état des malades, afin de préparer leurs nécessités pour les faire dîner à dix heures du matin et souper à quatre heures du soir.

De V enterrement des pauvres décédés

Et afin que l’association pratique entièrement les œuvres de miséricorde, elle fournira des linceuls aux pauvres décédés qui n’en auront point et les assistera en corps au tombeau.

De quoi s' entretiendra la dépense des malades

Dieu, par sa divine providence, a jusques à mainte-

nant suffisamment pourvu à la dépense de cette œuvre* tant par les quêtes que les servantes des pauvres font tour à tour ès églises, en quelques lieux chaque jour et en autres les dimanches et fêtes, que de ce qui se donne ès boîtes qu’on met ès hôtelleries, où les hôtes et hôtesses demandent à leurs hôtes pour les pauvres malades du lieu.

Des officier es en général

Toutes les femmes qui désireront être de cette association y seront reçues et seront nommées associées ; mais, pour éviter à confusion, elles en éliront d’entre elles un nombre certain et proportionné au lieu où sera rétablissement, comme douze en lieu où il y a cinquante maisons, et ainsi à l’avenant. Celles-ci seront comme les piliers qui soutiendront l’association et seront nommées servantes des pauvres, pour ce qu’elles serviront actuellement les pauvres, selon l’ordre ci-dessus, et non les autres, qui se contenteront de pratiquer les autres œuvres de piété contenues en ce règlement. Et lesdites servantes des pauvres en éliront trois d’entre elles, qui seront en charge deux ans seulement, savoir une prieure et deux assistantes, lesquelles auront l’entier gouvernement de ce qui regarde les malades, avec le recteur et un procureur, qu’elles éliront, qui sera l’un des trente serviteurs des pauvres de ladite association. Et advenant la mort de quelqu’une d’icelles servantes des pauvres, les associées en corps en nommeront une autre.

De la prieure

La prieure procurera de tout son pouvoir que le présent ... 1 deux ans en deux ans, le lendemain de la Pen-

i. Le feuillet suivant manque. On peut suppléer à la lacune qui en résulte par le passage correspondant du règlement de Courboin. (Voir p. 5i4-5i6.)

tecôte, pour élire nouveaux directeurs, et les directeurs tous les ans, le même jour du lendemain de Pentecôte, pour ouïr les comptes du premier assistant, et les premiers dimanches des mois, après vêpres, pour traiter des affaires ordinaires, et plus souvent, s’il est besoin. Les associés s’assembleront aussi en corps, lorsqu il faudra élire une servante des pauvres; les servantes des pauvres, de deux ans en deux ans, le lendemain de la Toussaint, pour créer nouvelles officières; et lesdites trois officières, tous les ans, à pareil jour, pour ouïr les comptes de la trésorière, et les premiers dimanches des mois, après vêpres, un peu de temps après les hommes, afin que le recteur, qui se doit trouver à la conférence des hommes, se trouve aussi à celle des femmes, pour traiter en peu de paroles des affaires ordinaires qui se proposeront. Ils résoudront les affaires a la pluralité des voix, colligées par le recteur, sans qu’il soit loisible à aucune personne, après avoir donné son avis, de rien répartir à ceux qui se trouveront d avis contraire.

De V élection clés officiers et officibes

Les serviteurs des pauvres, apres avoir ouï les comptes du trésorier en la chapelle de la Charité, apres vêpres, le lendemain de la Pentecôte, chanteront Veni Creator Spiritus , puis éliront un secrétaire tout haut, qui sera l’élu de la Compagnie pour assister le recteur à l’élection. Cela fait, le recteur prendra serment des serviteurs des pauvres qu’ils éliront pour officiers ceux qu’ils savent en leur conscience les plus pieux et capables, puis bailleront audit [recteur] trois billets contenant, l’un le nom de celui à. qui ils donnent la voix pour être prieur, l’autre celui de trésorier et l’autre celui de visiteur des pauvres ; et le recteur les baillera au serviteur, qui les mettra sur une table ou sur l’autel, où le recteur et secrétaire regarderont lesdits billets, en

la /présence néanmoins de la compagnie, devant laquelle ils certifieront et déclareront tout haut ceux qui ont le plus de voix pour chaque office. Cela fait, les nouveaux officiers se [mettront] en la place des anciens, puis l’on chantera le Salve Regina pour remercier Notre-Seigneur par sa sainte Mère du choix qu’il a fait des personnes élues et lui demander des grâces, afin qu’ils puissent conduire l’association et les affectionner de plus en plus à sa gloire, au salut des associés. Il est à noter que l’on fera de même lorsque l’on procédera à l’élection d’un nouveau recteur et des nouvelles officières.

De la fidélité des officiers et of-ficiéres à n' admettre pour être participants des aumônes de V association sinon les vraiment pauvres et vraiment malades.

L’association n’étant instituée que pour les personnes vraiment pauvres et vraiment malades, les officiers n’admettront aux aumônes de Tassociation que ceux et celles qu’ils jugeront en leur consciénce vraiment pauvres, et les officières, que ceux et celles qu’elles jugeront aussi en leur conscience vraiment pauvres et malades. Et afin que la faveur, qui est la perte des bonnes œuvres, ne se glisse en celle-ci, lesdits officiers et ofiicières, entrant en charge, promettront, en la présence du recteur, qu’ils ne s’emploieront directement ou indirectement pour faire admettre ès aumônes de ladite association aucuns leurs parents, alliés, amis particuliers, ni recommandés, ains que, si quelqu’autre de la Compagnie propose quelqu’un des susdits par luimême, qu’ils se déporteront comme étant incapables de donner leur avis en ce point qui les regarde, et en laisseront le jugement aux autres.

De la messe , communion , litanies , exhortations ou lecture du présent réglement qui se doivent faire les troisièmes dimanches des mois.

Et afin que les associés profitent et se confirment de plus en plus en l’esprit de charité, ils s’assembleront tous les premiers ou les troisièmes dimanches des mois en la chapelle destinée pour ladite association, où ils entendront la messe le matin, et oeux et celles qui auront dévotion, comme tous y seront exhortés, se confesseront et communieront. L’après-dînée, ils assisteront aux litanies de Notre-Seigneur ou de la Vierge, et ensuite leur sera faite quelque briève exhortation ou lecture du présent règlement, le tout toutefois hors les heures èsquelles on célèbre le divin service en paroisse.

De V amour de Notre-Seigneur

L’un des principaux points de cette association étant d’honorer Notre-Seigneur et sa sainte Mère, les associés et associées seront exhortés de leur porter un grand honneur et révérence et de dire à cet effet cinq fois Pater et cinq fois Ave Maria chaque jour.

De la mutuelle charité qu'ils doivent avoir les uns envers les autres

Les associés et associées auront une grande charité, s’entre- visiteront et consoleront en leurs afflictions, donneront ordre que les saints sacrements leur soient administrés en temps et lieu, feront prières communes et particulières à ce que aucune âme associée ne parte de ce monde qu’en bon état, et assisteront en corps tant à l'administration des' saints Sacrements qu’à l’enterrement des officiers et officières, associés et associées et gardes des pauvres malades, pour lesquelles âmes on fera célébrer une messe; et chacun en particulier dira dé-

votement une fois le chapelet à sa commodité. Il est à noter que cette observation, comme aussi toutes les autres qui appartiennent au présent règlement, est volontaire et sans aucune obligation à péché mortel ou véniel.

Du zèle que les serviteurs des pauvres auront de la conservation de ï association des femmes , aussi bien

que de celle des hommes.

Et pource que l’association des hommes et celle des femmes n’est qu’une même association, ayant même patron, même ûn et même exercice spirituel, et qu’il n’y a que le ministère qui soit divisé, le soin des valides appartenant aux hommes et celui des malades aux femmes, et que Notre-Seigneur ne retire pas moins de gloire du ministère des femmes que de celui des hommes, voire qu’il semble que le soin des malades soit préférable à celui des sains, pour cela, les serviteurs des pauvres auront pareil soin de la conservation et augmentation de l’association des femmes que de la leur ; et à cet effet mettront la quatrième partie de leur revenu annuel, et plus, s’il est besoin, ès mains de la première assistante, qui garde l’argent des femmes, en cas que le revenu des quêtes que font les femmes ne suffise; ce qui se pourra savoir par le moyen du recteur, comme étant supérieur de l’une et de l’autre association. Et afin que lesdits directeurs sachent l’état des affaires de l’association des femmes, ils assisteront à la reddition de leurs comptes.

Formulaire du bon propos des serviteurs et servantes

des pauvres

Pour davantage perpétuer cette association, le recteur d’icelle fera et prononcera en haut le bon propos suivant, le jour de la Pentecôte, en la chapelle de la

Charité, après la messe de communion ou à l’issue des vêpres, et les serviteurs et servantes des pauvres feront le même après lui, et dira ledit recteur : « Je ... servi, teur des pauvres de l’association de la Charité, me propose d’observer le règlement d’icelle et de procurer de tout mon pouvoir sa conservation et augmentation, moyennant l’aide de Dieu, laquelle je lui demande humblement à cet effet. »

APPROBATION DE LA CONFRÉRIE

A Monsieur Monseigneur l’archevêque de Sens, ou à Monsieur son grand vicaire.

Supplie humblement Philippe-Emmanuel de Gondy,. comte de Joigny et général des galères de France, disant qu’il y a environ trois ans que de votre grâce vous permîtes que l’on fît établir en ladite ville de Joigny l’association de la Charité, composée de femmes et instituée en faveur des pauvres malades, dont il est arrivé et arrive journellement de grands biens, et que maintenant, sachant le bien qui arrive de l’association des hommes instituée en quelques endroits de ce royaume en faveur des pauvres valides, il désirerait par même moyen qu’il vous plût de permettre l’établissement de ladite association des hommes en ladite ville de Joigny et villages dépendants d’icelle et d’unir ladite association des hommes à celle des femmes en la manière portée par le règlement ci-dessus contenu. Ce considéré, il vous plaise de votre grâce unir ladite association des hommes à celle des femmes selon ledit règlement et de permettre l’établissement d’ icelle audit Joigny et villages qui en dépendent, et à cet effet de permettre au sieur Vincent de Paul, notre aumônier, de faire ledit établissement ; et vous ferez une œuvre agréable à Dieu et nous obligerez.

Fait à Joigny, ce quatrième jour de mai mil six cent vingt-un.

P.-E. de Gondy.

Nous, Pierre de Miarcq, prêtre, docteur en théologie, chanoine de l’église métropolitaine de Sens, prieur d’Oisey, official et vicaire général au spirituel et temporel de monseigneur le Révérendissime archevêque dudit Sens, primat des Gaules et de Germanie, vu la requête dudit seigneur comte de Joigny ci-dessus écrite, et après avoir exactement considéré le règlement de la susdite confraternité ou association de la Charité, avons, de l’autorité de mondit seigneur l’archevêque, approuvé et approuvons l’établissement de ladite association en la ville dudit Joigny et villages dépendants d’icelle; et pour éviter la multiplicité de confraternités et associations en même lieu, et eu égard que l’association des femmes établie audit Joigny de l’autorité de mondit seigneur l’archevêque y a même patron, qui est Notre-Seigneur Jésus, même fin et mêmes exercices que celle des hommes, et qu’il n’y a que le ministère qui soit divisé, le soin des pauvres valides appartenant aux hommes et celui des pauvres invalides appartenant aux femmes, nous avons uni et unissons ladite confraternité des hommes à celle des femmes audit Joigny, donnant pouvoir au sieur Vincent de Paul, prêtre, bachelier en théologie et aumônier dudit seigneur comte, de faire l’établissement de ladite confraternité ou association audit Joigny et villages en dépendants, et l’union de ladite association des hommes à celle des femmes en la même ville, le tout aux conditions que monseigneur l’archevêque, ou son vicaire général notoirement résidant et exerçant audit Sens, étant audit Joigny en personnes ou èsdits villages, voulant prendre connaissance de P administration spirituelle et tempo-

relie de ladite association, les directeurs d'icelle seront tenus de leur répondre et exhiber les comptes, ce qui se fera sans frais, se réservant aussi mondât seigneur ou sondit vicaire général la connaissance de tous les différends qui arriveront tant pour le spirituel que pour le temporel de ladite association.

Et pource que la charité envers le prochain est une œuvre agréable à Dieu, qu’au jour du jugement nous serons jugés par là et qu’en effet l’intention de ladite association est de pratiquer d’une manière particulière ce commandement de la charité envers le prochain, pour ce est-il que nous exhortons les fidèles chrétiens dudit Joigny et des autres lieux dépendants d’icelui de s’enrôler en ladite association et d’y pratiquer exactement les exercices y contenus.

En témoin de quoi nous avons signé ces présentes et fait signer par Monsieur Gabriel Sarsement, pris pour greffier en cette partie.

A Sens, ce huitième mai mil six cent vingt et un.

Avons aussi fait sceller des armes et sceaux de mondit seigneur.

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