CHARITÉ DE FEMMES DE MONTMIRAIL
(ier octobre 1 6 1 8)
L’association de la Charité est instituée pour... procurer que ceux qui tendront à la fin partent de ce monde en bon état... et aussi pour honorer Notre-Seigneur Jésus en la personne des pauvres, qui sont ses membres, et finalement.. .
L’une d’elles sera élue, à la pluralité des voix... au jour désigné, en présence du curé du lieu ou autre ecclésiastique, qui sera recteur de ladite association, du juge, procureur fiscal et syndic de la ville...
Document 129. — Arch. de l’hospice de Monimirail, copie collationnée. Ce règlement répète en grande partie celui de Joigny (document 126); nous ne reproduirons pas les passages communs.
Si quelqu’âme pieuse donne domaine... lequel sera tenu de mettre les deniers entre les mains de celle qui sera commise pour faire la recette, laquelle en baillera quittance audit procureur, en vertu de laquelle 11 demeurera valablement déchargé.
L’on choisira de pauvres femmes pieuses... s’appelleront gardes des pauvres malades, lesquelles serviront aussi pour avertir lesdites servantes des pauvres lorsqu’il faudra qu’elles s’assemblent.
Les malades seront reçus au soin de l’association par la prieure...
Lesdites servantes apprêteront, chacune en son jour, le manger des pauvres malades, leur porteront en leur maison ou en l’hôpital, si lesdits pauvres qui auront été jugés devoir être assistés y sont, et les serviront un jour entier par ordre du pain bénit, et, en cas d’empêchement légitime, sera donné avis à la prieure pour y pourvoir d’autres dames de ladite association.
Et parce que ladite association pourra être tellement établie en des lieux où l’on n’aura point de bourse commune, ni moyen de garder l’ordre ci-dessus, comme aux villages, en ce cas, chacune desdites servantes pourra nourrir en son jouir, à ses dépens, les pauvres malades, observant néanmoins, si faire se peut, la manière de les nourrir et servir en son temps, ou ce qui se pourra à peu près.
Chaque malade aura à dîner autant de pain qu’il en pourra manger... ou en hachis; et, aux jours d’abstinence, deux œufs, avec une tranche de beurre, ou du poisson frais; et ceux qui ne pourront manger de la viande solide auront...
L’association fournira des linceuls aux pauvres décédés qui n’en auront point et les assistera en corps au tombeau et aura soin de visiter les pauvres prisonniers
et leur faire quelques aumônes et faire changer de chemises tous les samedis.
Et afin que lesdites servantes des pauvres malades profitent... où elles entendront une messe le matin, et l’après-dîner les litanies de Notre-Seigneur ou celles de la Vierge et une briève exhortation, observant néanmoins que ce soit hors des heures èsquelles est célébré le divin service ès paroisses.
Elles seront admonestées à porter en l’intérieur un grand honneur et révérence à Notre-Seigneur Jésus et à sa sainte Mère, comme étant un des principaux points que requiert cette vocation, et dire à cet effet cinq fois Pater noster et cinq fois Ave, Maria ; à se comporter humblement et charitablement envers les malades... assister en corps, avec un cierge allumé en la main, tant à l’ administration du Saint-Sacrement, qu’à l’enterrement desdites servantes et gardes des pauvres...
Elles offriront leur cœur à Dieu le matin à leur réveil... feront, tous les soirs, chacune à part soi, leur examen de conscience, communieront au moins ès principales fêtes de Notre-Seigneur et de la Vierge, le tout toutefois sans obligation à péché mortel ni véniel.
APPROBATION DE LA CONFRÉRIE
Monsieur Monsieur l’évêque de Soissons,
Supplie humblement dame Françoise- Marguerite de Siilly, comtesse de Joigny, disant qu’ayant vu le bien qui ressort de l’établissement de l’association de la Charité instituée en faveur des pauvres malades en plusieurs endroits de ce royaume, elle désirerait grandement que ladite association fût établie en sa ville de Montmirail et autres villages.
Ce considéré, Monsieur, il vous plaise, de votre
grâce, permettre rétablissement de ladite association, selon les règlements ci-dessus écrits, en ladite ville et autres lieux appartenant à ladite dame et dépendants de votre diocèse, et, à ces fins, de commettre audit établissement Maître Vincent de Paul, prêtre et bachelier en théologie, son aumônier; et ladite dame et autres pauvres malades prieront Dieu pour votre prospérité et santé.
Lue par nous, Jérôme, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique évêque de Soissons, la requête ci-dessus, avons, pour les causes y contenues et plusieurs autres bonnes et pieuses considérations, permis, et par ces présentes permettons l’établissement de la Charité, selon les règlements ci-dessus écrits, tant en la ville de Montmirail, qu’autres lieux appartenants à ladite dame comtesse de Joigny et étant dans notre diocèse, et que les personnes de ladite association puissent quêter les dimanches et fêtes èsdites paroisses de Montmirail et autres lieux dépendants de ladite dame comtesse, à la charge d’observer les règlements faits en notre diocèse pour les confréries établies en icdui.
Fait à Soissons, le premier jour d’octobre mil six cent dix-huit.
JÉROME, év. de Soissons.
Par commandement de mondit seigneur l’évêque de Soissons.
COURTONNE.
ÉTABLISSEMENT DE LA CONFRÉRIE
Au nom de la très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint- Esprit. Sachent tous qu’il appartiendra que cejourd'hui onzième de novembre mil six cent diix-huit, en l’église Saint-Etienne de Montmirail, le peuple étant assemblé,
moi, Vincent de Paul, prêtre et aumônier de dame Françoise- Marguerite de Silly , comtesse de Joigny, etc., et dame dudit Montmirail, en vertu de la permission de Monseigneur et Révérend Père en Dieu Jérôme, par la grâce de Dieu évêque de Soissons, donnée à madite dame, de faire établir l’association de la Chanté en ladite ville et autres siens villages, dépendants dudit diocèse de Soissons, j’ai procédé audit établissement de l’association de la Charité, du consentement de Jean Delaistre, prieur dudit Montmiraiil, absent à cause de sa maladie, et en la présence de Christophe Bourdelet, son vicaire, ayant premièrement fait entendre au peuple en quoi consiste ladite association et fait lecture des règlements d’icelle et de la permission de mondit seigneur de Soissons, le tout ci-dessus transcrit. Et ce fait, étant en la chapelle ci-devant nommée de Saint-Nicolas et maintenant choisie par ledit sieur prieur pour servir à ladite association, ai admonesté les femmes qui désireront se mettre en ladite association de s’approcher et donner leur nom. Sur quoi se sont présentées : premièrement, madite dame la comtesse, laquelle, avec les sousnommées, a désiré être de ladite association; puis demoiselle Barbe le Juge, femme de Monsieur le lieutenant Bonseré; Mademoiselle Chambelin... 1 Puis ai procédé à l’élection des offrcières de ladite association, selon ledit règlement, à la pluralité des voix ; et a été nommée pour prieure Mademoiselle la lieutenante; pour première assistante, Mademoiselle Chambelin; et pour deuxième assistante, Madame de la Saulssaye, du consentement de toutes lesquelles je leur ai laissé Nicolas Pullen, prêtre, pour recteur de ladite association. Ce qui a été fait audit Mont-
i. Suivent vingt-trois noms.
mira/il, les jour et an que dessus, en présence des soussignés.
Françoise-Marguerite de Silly.
Delaistre. V. Depaul. B. le Juge.
Jeanne de ... Marie des Essarts.
Marie Varle. Françoise Darthois.
Claude Vinot. Julienne Broizot.
Anne Lhermitte.