Evangile de saint Matthieu V
êtes bienheureux. Réjouissez-vous donc en Celui qui se glorifie en vous et qui sera votre force à proportion que vous lui serez fidèle; c’est de quoi je le prie instamment. Et vous, je vous conjure, par l’affection que vous avez pour la Compagnie, de lui demander la grâce, pour nous tous, de bien porter nos croix, petites et grandes, afin que nous soyons dignes enfants de cette croix, qui nous a engendrés en son amour, et par laquelle nous espérons de le louer et de le posséder éternellement dans l’éternité des siècles. Amen.
Je pensais finir; mais il faut vous dire que nous nous portons bien, grâces à Dieu, que la Compagnie travaille partout avec bénédiction tant à son avancement qu’au salut et édification du prochain.
Nous espérons faire bientôt trois nouveaux établissements, l’un à Périgueux, l’autre en Picardie et le dernier en Pologne. Celui-ci ne le sera qu’au printemps, parce que les chemins sont, difficiles l’hiver. Il s’en présente d’autres, qui ne sont encore qu’en bouton.
Je vous .ai mandé, ce me semble, la mort du bon M. Gondrée, qui était allé à l’île de Madagascar avec M. Nacquart. C’est aux Indes orientales. Du depuis, nous avons reçu une relation de leur voyage, de l’état du pays, des mœurs des habitants, de leurs dispositions à recevoir notre sainte religion et des heureux commencements de cette Mission. Cette lecture est de grande consolation. l’espère bien de vous en envoyer une copie au plus tôt, comme je fais à présent mon cœur par cette lettre, plein de tendresse et d’estime pour le vôtre.
A Dieu, mon cher frère.
Je suis, en son amour, votre très humble et affectionné serviteur.
Vincent Depaul, i. p. d. 1. M.
O mon cher frère, que vous êtes heureux de vous trouver dans l’état de la béatitude qui déclaré heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice ! Je vous regarderai désormais comme bienheureux de ce monde.
Au bas de la première page : Le frère Barreau.