Illec , là
Document 25. — Doc. aut. — L’original appartient à M. le curé de Saint-Vincent-de-Paul à Clichy. On a dit sans raison que le saint avait donné ce sermon dans cette paroisse, alors qu’il en était curé. Il semble que le prédicateur se distingue lui-même du curé et que l’éveque de ses auditeurs n’était pas le sien.
Z’ importance paraît :
1° En ce que l’Eglise, inspirée et gouvernée par le Saint-Esprit, ordonne que les évêques visiteront leurs peuples de temps en temps, et par conséquent oblige les peuples à les recevoir ;
2° A cause des grands biens qui en arrivent à l’Eglise et au peuple : à l’Eglise, pource que l’on voit si touteschoses sont en bon état, et fait son possible de bien y mettre le peuple; au peuple, pource qu’il leur apporte de grandes grâces et bénédictions, ainsi que vous verrez ci-après.
3° Pource que posait episcopos regere Ecclesiam Del. Si l’on fait de si grandes entrées à des hommes qui viennent pour gouverner les corps et les biens des provinces, combien plus en doit[-on] faire à ceux qui sont [pour] gouverner les âmes des provinces !
4° Pource qu’il doit rendre compte de toutes vos âmes, en sorte qu’il doit pâtir pour les vôtres si, par sa faute, les vôtres se perdent. Obedite praepositis vesiris qui invigilant super vos quasi rationem reddituri pro anima bus v es tris ;
5° Pource [que] qui reçoit son prélat reçoit Dieu même. Qui vos recipit me recipit.
2e point. Ce qui se fait en la visite.
i. Le peuple le va recevoir en procession. M. le curé lui donne à baiser la croix, lui présente le goupillon, à ce qu’il prenne à l’eau bénite, et puis lui donne de l’encens. L’on entonne après le Te Deum jusques à l’église, et, à l’entrée d’icelle, l’on chante le répons du patron. L’on conduit le prélat à l’autel, où M. le curé dit une’ oraison propre. Et puis le prélat donne la bénédiction, visite le Saint Sacrement, puis les fonts baptismaux et les saintes huiles, les autels, les ornements, le cimetière, ou il prie pour les morts. Ensuite il fait faire une exhor-
tation, et ensuite les actes de contrition pour recevoir l’absolution générale des péchés véniels. Puis il s’informe de la vie des ecclésiastiques et de celle du peuple,, ordonne, sur les plaintes qui lui sont faites, tant du côté du peuple que de celui des ecclésiastiques, communie les peuples et les confirme l’après-dînée, entend ou fait entendre les compiles, s’il a le loisir, etc.
D’ici vous voyez les biens qui en arrivent, qui sont :
i° Qu’il met la maison de Dieu en l’état qu’elle doit être;
2° Qu’il réconcilie le peuple à Dieu par la sainte confession et par la communion;
3° Qu’il réconcilie les peuples entre eux;
4° Ordonne des offices, des services et de tout ce qui regarde le culte divin ;
5° Qu’il vous donne les indulgences aux vivants, et aux morts fer modum suffragü;
6° Ou’il vous confirme et vous fait vrais soldats de' Jésus-Christ ;
7° Bref il ôte le mal d’une paroisse en tant qu’en lui est, et y établit le bien.
Les moyens four faire qu'un chacun frofite de cette visite ,
1. De la demander à Dieu. Disons-lui tous du cœur : « Seigneur, faites-nous la grâce de nous bien disposer pour profiter de la visite de notre prélat. »
2. Activer sa volonté; se résoudre de faire tout ce qui vous sera conseillé, et dire à Dieu : « Oui, mon Dieu, je me résous à faire tout ce qui me' sera conseillé par ce prédicateur, précurseur de mon prélat, comme saint Jean l’a été de Notre-Seigneur, et de faire tout ce qu’il dira que nous fassions pour cela. »
3. C’est de faire une confession générale de toute la vie passée, ou pour le moins des péchés principaux,.
pour avoir une rémission générale de tous vos péchés.
Je dis de tous; voici les motifs :
i° Pource qu’en ces confessions générales nous avons pouvoir de vous absoudre de tous vos péchés, pour encore qu'ils soient réservés aux évêques;
2° Pource qu’il est à craindre que vos précédentes n’aient été bonnes, pour n’y avoir observé les quatre conditions requises :
i° Faute de n’avoir examiné sa conscience;
2° Pour n’avoir eu regret d’avoir offensé Dieu;
3° Pour n’avoir dit toutes les choses;
4° Pour n’avoir fait résolution de ne jamais plus offenser Dieu.
Or, le remède à cela, c’est de faire une confession générale de toute la vie passée.
Objection. — Oh! mais, Monsieur, le moyen de me ressouvenir de tous mes péchés !
Réponse. — Ayez seulement bonne volonté; les confesseurs vous aideront.
2. Il sera bon ensuite, et pour conclusion, de me rappeler quelque histoire.