‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 42 sur 314 · REÇU D’UNE SOMME D’ARGENT · texte numérisé non relu

REÇU D’UNE SOMME D’ARGENT

(27 juillet i63o)

Fut présent vénérable et discrète personne Messire Vincent de Paul, prêtre, principal du collège des Bons- Enfants, fondé en l’Université de Paris, y demeurant, près la porte Saint-Victor, ci-devant curé de la cure de Clichy-la-Garenne, lequel confesse avoir reçu de Messire Jean Souillard, prêtre, à présent curé de ladite cure de l’église dudit Clichy, par la résignation que ledit sieur de Paul lui en a faite, à ce présent, la somme de quatre cents livres tournois, laquelle somme ledit sieur de Paul lui a remise et quittée, et pour l’extinction de cent livres tournois de pension que ledit sieur de Paul s’était réservée et avait retenue sur ladite cure * 1, et de

Document 31. — Étude de Maître Paul Tollu, rue Saint-Lazare, 70, Paris, registre.

1. Abelly a donc eu tort d’écrire que saint Vincent « remit purement et simplement » sa cure à Jean Souillard « sans en retenir aucune pension ». ( Op . ci'., 1. I, chap. VI, p. 27.) Ces quatre cents livres tournois Teprésentent un arriéré de quatre ans; il y avait quatre ans que le saint n’était plus curé de Clichy.

laquelle somme de quatre cents livres tournois audit sieur de' Paul payées, comptées, nombrées et délivrées comptant par ledit Souillard en écus, sol parisis et demi-sols et commune monnaie, le tout bon d’or et argent ; et avec la présente somme icelui sieur de Paul s’est tenu et tient . pour content et bien payé, et en a quitté et quitte ledit Souillard et tous autres, promettant, obligeant, renonçant, etc.

Fait et passé ès études desdits notaires soussignés avant midi, l’an mil six cent trente, le samedi vingtseptième jour de juillet, audit collège des Bons-Enfants, en la chambre dudit sieur de Paul, et ont signé.

Vincent Depaul. Souillard.

Capitain. Charles.

32. — TÉMOIGNAGE DE SAINT VINCENT AU SUJET DE LrABBÉ DE SAINT-CYRAN

(3i mars, ier et 2 avril 1639)

Je, Vincent Depaul, supérieur de la congrégation des prêtres de la Mission, âgé de' 59 ans ou environ, après serment de dire vérité sur mes saints ordres, reconnais que voici les faits et les réponses que j’ai faites ensuite par devant M. Lescot, docteur en théologie et professeur du roi en icelle, et député par Monseigneur l’Eminentissime cardinal duc de Richelieu, en vertu de la commission qui a été donnée à Son Eminence par Mon-

Document 32. — Bibliot. maz., ms. 2481, f° 287-291. On a dit que ce document était l’œuvre des jansénistes du xvme siècle. Son authenticité ressort des mots « âgé de 59 ans, ou environ ». Au XVIIIe siècle, les jansénistes croyaient, comme tout le monde, que saint Vincent était né en 1576; et par suite le faussaire aurait écrit « âgé de 63 ans, ou environ ». (Cf. La vrai date de la naissance de saint Vincent de Paul , Dax, 1922, in-8 ; Paf forts de saint Vincent de Paul avec l'abbi de Samt-Cyran , Toulouse, 1914, in-8, p. 3o et suiv.)

seigneur l’Illustrissime et Révérendissime Jean-François de Gondy, archevêque de Paris, sur le sujet du procès qui se fait contre M. l’abbé de Saint-Cyran, détenu prisonnier au château du Bois de Vincennes, a cause des opinions particulières et contraires à l’Eglise qu’il est accusé de tenir.

Je reconnais que la lettre qui m’a été représentée par ledit sieur Lescot 1, et laquelle j’ai signée et paraphée de ma main, est celle-là même qui m’a été écrite et envoyée par ledit sieur de Saint-Cyran, datée de Paris, du 20 novembre 1637, souscrite du nom de l’abbé de Saint- Cyran et comprise en 4 pages et demie.

Plus, je dis que je connais ledit sieur de Saint-Cyran depuis 1 5 ans ou environ, et que, pendant ledit temps de 15 ans, j’ai eu assez grande communication avec lui, et j’ai reconnu un des plus hommes de bien que j’aie jamais vu.

Que sur la fin de l’année 1637, environ le mois d’octobre, je fus trouver ledit sieur de Samt-Cyran en sa maison à Paris, vis-à-vis les Chartreux, et lui donnai avis des bruits qui couraient de lui, savoir de quelques opinions ou pratiques contraires à la pratique de l’Eglise, qu’on disait être tenues par lui, et ne me ressouviens pas du nombre, mais seulement me souviens d’une, qui est qu’il faisait faire pénitence à quelques personnes 3 ou 4 mois avant que de leur donner l’absolution, et de quelques autres qui sont ici dessous.

Lequel avis il reçut assez paisiblement, et ne me ressouviens point de la réponse qu’il me fit pour lors distinctement. Ce qui se passa entre ledit sieur de Saint- Cyran et moi seulement, et sans qu’aucune autre personne y fût présente.

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