‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 121 sur 500 · Frère de Mademoiselle du Fay · texte numérisé non relu

Frère de Mademoiselle du Fay

Lettre 100. — L. a. — Original à l’hospice Saint-Nicolas de Metz. 1. Banquier expéditionnaire en cour de Rome.

à cause des oppositions qu’on nous fait 2 et pour lesquelles l’on nous presse de deçà. J’ose encore espérer de la charité de Messieurs le Bret 3 et de Luzarches qu’ils nous continueront leur charité en cette occasion qui regarde notre établissement, et nous leur devrons à l’un et à l’autre ce que Dieu seul leur peut rendre. Vous pourrez adresser vos lettres audit sieur Jarriel comme à un notre ancien ami et auquel, après Dieu, nous devons une benne partie du bien de cet affaire.

Il me reste à vous prier d’avoir soin de votre santé sur toutes choses ; et attendant qu’il plaise à Notre-Seigneur bénir le succès de vos travaux, je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

Vincent Depaul.

De Paris, ce 2 mars 1632.

2. L’opposition venait des religieux de Saint- Victor, de Louis de Mesgrigny, abbé de Quincv, et des curés de la ville, faubourgs et banlieue de Paris. Appelés à Saint-Lazare au commencement du XVIe siècle par Etienne de Poncher, évêque de Paris, qui espérait réformer les abus en changeant l’administration, les religieux de Saint-Victor n’avaient cessé depuis d’occuper le prieuré, qu’ils avaient fini par considérer comme leur bien propre. Il n’en était rien pourtant. Toutes les provisions témoignaient que les évêques de Paris se réservaient le droit de révoquer le prieur et même d’y mettre d’autres ecclésiastiques à leur place. De plus, le 5 décembre 1625, les religieux de l’abbaye de Saint-Victor avaient décidé que les diverses maisons de l’ordre seraient désormais indépendantes de l’abbaye. C’était par le fait une renonciation à leurs droits sur Saint-Lazare. Rome prit du temps avant d’accueillir la supplique de saint Vincent. La bulle d’union fut signée par Urbain VIII le 15 mars 1635 ; mais l’expédition n’eut pas lieu. Alexandre VII en accorda une nouvelle le 18 avril 1655. (Cf. Arch. Nat. MM 534.)

3. Jacques le Bret, chanoine de Toul, auditeur de Rote et clerc de la Chambre apostolique, était de Paris. Il fut préconisé à l’évêché de Toul le 24 avril 1645 et sacré à Saint-Louis-des-Français. Le roi de France, qui n’avait pas été prévenu diplomatiquement, refusa de le reconnaître. Le différend fut levé par le décès de l’intéressé, qui mourut à Rome le 15 juin de la même année. Jacques le Bret rendit bien des services à la congrégation de la Mission.

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je suis bien aise de ce que vous avez pris comme il faut la nouvelle de la maladie de Mademoiselle de Potrincourt* 1, de laquelle je n’ai point su des nouvelles depuis cinq ou six jours en ça. Mais je suis marri de ce que vous laissez tremper votre esprit en quelques vaines appréhensions qui sont plutôt à empêchement qu’à avancement à votre salut. Mettez-vous toute dans la sainte dilection qui opère la confiance en Dieu et la défiance de soi, Mademoiselle, je vous en prie ; et laissez cette crainte, qui me semble parfois un peu servile, à ceux à qui Dieu n’a point donné les sentiments de lui qu’à vous ; et surtout méprisez ces pensées, qui semblent infirmer la sainte foi que Dieu a mise en vous 2, et encore plus l’auteur dont elles procèdent, qui n’a pouvoir que celui que vous lui donnerez. Or absit que vous lui ayez jamais donné celui-là ! Les larmes que la peine que vous en avez produisent sont autant de témoins de ce que je vous dis. Soyez donc en repos de ce côté- là.

Pour Monsieur de Marillac 3, je veux tout ce que vous

Lettre 101. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. Françoise de Mornajq épouse de Jacques de Biancourt, seigneur de Potrincourt.

2. Louise de Marillac avait été assaillie autrefois de doutes sur l’immortalité de l’âme et l’existence de Dieu ; ces tentations lui seraient-elles revenues ?

3. Les biographes de Louise de Marillac supposent qu’il est ici question de Michel de Marillac, emprisonné à Châteaudun, et que sa nièce voulait tenter une démarche pour obtenir sa liberté. (Cf. Madame de Richemont, op. cit ., p. 100 ; Mgr Baunard, op. cit., p. 114 ; M. de Broglie, La V ênéraile Louise de Marillac , Paris, 1911, in-12, P- 65.) Ce n’est là qu’une hypothèse. O11 pourrait en faire d’autres.

trouverez bon ; mais prenez garde de vous embarrasser. Il me semble en ces choses qu’il faut être disposé à prendre l’avis que celui à qui l’on se conseille donne ; et, quand il vous dira quelque chose contre votre sentiment, qu’il n’y faudra point retourner deux fois. Faites pourtant ce que Notre-Seigneur vous suggérera. D’une chose vous assuré- je bien, qu’il ne vous conseillera rien que de parfait, et que je suis, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble serviteur.

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