‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 143 sur 500 · Simon Le Gras · texte numérisé non relu

Simon Le Gras

4. François Miloir, prêtre de la Mission, né à Abbeville, reçu, vers novembre 1630, dans la congrégation de la Mission, où il resta peu de temps.

sieurs Morel 5, Massé 6 et un autre, de Saint-Nicolas 7, outre Messieurs de Sergis et de Renel 8. M. de la Salle n’y est point ; il est demeuré malade ici.

L’ordre que nous avons donné est que M. Pavillon fera les prédications, et Messieurs Renar, Roche 9 et Grenu 10 et Sergis feront : savoir, le premier, le symbole ; le 2e, les commandements de Dieu ; le 3e, les oraisons dominicale et angélicale ; et le [4e] les sacrements ; et pour le petit catéchisme, Messieurs Roche et Sergis sont à être soulagés, lorsqu’ils feront le grand catéchisme ; et vous, Monsieur, aurez soin de la direction de la compagnie. Je prie Notre-Seigneur qu’il vous donne d’abondante part à son esprit et à sa conduite pour cela.

Or sus, entreprenez donc cette sainte besogne en cet esprit, Monsieur. Honorez la prudence, la prévoyance, la douceur et l’exactitude de Notre-Seigneur à cette fin.. Vous ferez bien si vous faites observer le règlement comme il faut. La bénédiction de Dieu se trouve abon-

5. Peut-être Claude Morel, célèbre docteur de Sorbonne, né à Vitry-le-François, qui devint prédicateur du roi en 1640, théologal du diocèse de Paris en 1662, doyen de la faculté de théologie et mourut le 30 avril 1679, après avoir pris une part active à la lutte contre les jansénistes.

6. Il ne s’agit ni de Jean-Baptiste, ni de René Macé, prêtres de Saint-Sulpice, tous deux trop jeunes en 1632 pour prendre part à une mission.

7. Communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, fondée par Adrien Bourdoise.

8. Jacques de Renel, prêtre de la Mission, né en 1606 dans le diocèse d’Amiens, entré dans la congrégation de la Mission en août 1629, ordonné prêtre en 1631, le jour de Pâques. Son nom paraît ici pour la première et la dernière fois.

9. Nicolas Roche, prêtre de la Mission, né à Amiens, reçu dans la congrégation de la Mission en 1629, ordonné prêtre en 1631.

10. Daniel Grenu, né à Abbeville le Ier janvier 1606, ordonné prêtre en 1630, reçu dans la congrégation de la Mission en septembre 1631, missionnaire très actif, que nous verrons rayonner en Champagne, en Gascogne et en Dauphiné.

11. Texte de l’original : et le je. La rectification s’impose.

damment là dedans. Commencez donc par le lever, le coucher, l’oraison, l'office, l’entrée et la sortie de l’église à point nommé. O Monsieur, que l’habitude formée de ces choses est un riche trésor, et que le contraire traîne d’inconvénients ! Eh ! mon Dieu ! pourquoi ne mettronsnous pas peine à cela pour Dieu, puisque nous voyons que la plupart du monde est exact observateur de l’ordre qu’il s’est proposé dans le monde ? Jamais ou fort rarement les gens de justice ne manquent à se lever et coucher, à aller et revenir du palais à même heure ; la plupart des artisans en font de même ; il n’y a que nous autres ecclésiastiques qui sommes si amateurs de nos aises que nous ne marchons qu’au branle de nos inclinations. Pour l’amour de Dieu, Monsieur, travaillons à nous dépêtrer de cette chétive sensualité, qui nous rend captifs de ses volontés.

J’ai écrit assez au long à M. de Sergis sur ce que vous aurez à faire, dans le doute si la présente vous trouvera à Montmirail. Allez donc, in nomine Domini , saluez, ains embrassez nos Messieurs nomine meo> s’il vous plaît. Ecrivez-moi souvent. Dites à nos Messieurs que de toutes les missions qu’on a faites, il n’y en a point de plus difficile ni importante que celle de Joigny, tant à cause de la qualité des esprits du lieu, que pour l’empire que le malin y a en quelque chose, et que hoc genus cLaemoniorum non ejicitur nisi in oratione , maxima modestia et prudentia et humïlitate , et que les personnes dont la compagnie est composée requièrent cela même ; et qu’elle prenne garde à deux défauts notables qui ont été remarqués en la, précédente mission, qui sont la sensualité, pour ne dire pas intempérance, et la philaphtie 12, pour ne pas dire grosse vanité dans les prédications et les discours qui se font sur ce sujet. Je vous supplie, Mon-

Phila-phtie, amour exagéré de soi. On écrit aujourd’hui -philautie.

sieur, d’en avertir la compagnie, afin qu’elle se garde bien de tomber dans ces défauts ; et n’oubliez pas d’avertir au chapitre le général et les particuliers que vous verrez tomber dans ces manquements ; car, croyez-moi, Monsieur, que si nous n’y prenons garde, que nous tomberons dans ces manquements ; et si cela est, ô Dieu, où serons-nous ? qu’est-ce que deviendra une compagnie si importante et composée néanmoins de personnes sensuelles, efféminées et mal mortifiées ? Qui ne voit qu’elle ne la peut pas faire longue et que ces vices sont la source de l’universalité des autres ? Or sus, Monsieur, pour l’amour de Dieu, priez pour cela et tenez-y la main. Et pource que, misérable que je suis, j’ai sujet de craindre d’être la cause de tous ces défauts, pource qu’ils sont tous en moi comme en leur principe et que de moi ils se répandent sur la compagnie ou sur partie d’icelle (car, Dieu merci, il y en a qui ne sont pas ainsi faits, ains qui se mortifient et humilient en tout), priez Dieu pour moi qu’il me le pardonne et me fasse la grâce de m’en amender, qui suis cependant, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

Vincent Depaul.

De Saint-Lazare, ce 28 novembre 1632.

Suscrifttion : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Montmirail.

[Vers 1632 b]

Mademoiselle,

Je loue Dieu de ce que vous ne vous êtes point trouvée

Lettre 126. — Manuscrit Saint-Paul, p. 9.

1. La phrase finale peut laisser croire que la lettre a été écrite aux

mal de votre voyage, ni du peu de séjour que vous avez fait à Serain 2, et le prie qu’il vous fortifie tout à fait, afin que vous le serviez au bien des petites âmes où vous êtes.

Quant à ce que vous me dites de sainte Benoîte, vous honorerez l’esprit de Notre-Seigneur en elle par le rapport de votre emploi au sien et l’éloignement de votre demeure ordinaire au sien 3. Que si vous ne le faites pas en tout, béni soit Dieu de ce que c’est en quelque chose, en attendant plus, si sa divine bonté l’agrée ! Qui est fidèle en peu, dit Notre-Seigneur, il sera constitué sur un plus grand emploi. Soyez fidèle à ce peu, et peutêtre que Notre-Seigneur vous en fera faire davantage ; et Dieu sait si cela ne servira pas à la gloire de M. Le Gras, pour l’âme duquel vous désirez que je prie, et pour la vôtre.

[Vers 1633 1.]

Monseigneur l’archevêque 2, conformément à la pra-

environs du 21 décembre, jour anniversaire de la mort de M. Le Gras. Ce qui précède semble indiquer que la compagnie des Filles de la Charité n’était pas encore fondée.

2. Localité située dans l’Aisne, près d’Origny-Sainte-Benoîte.

3. Sainte Benoîte, vierge et martyre, est honorée par l’Eglise le 8 octobre, jour anniversaire de sa mort. Ses biographes rapportent qu’elle était fille d’un sénateur romain et qu’elle vint s’établir avec douze compagnes à Origny-sur-Oise, aujourd’hui Origny-Sainte- Benoîte, près de Saint-Quentin, sur une colline, hors du bourg et du côté de la rivière. Elle sortait tous les jours de sa cellule pour exhorter familièrement les habitants du lieu et des environs. Les conversions qu’elle opérait attirèrent sur elle la colère des persécuteurs, qui lui firent couper la tête le 8 octobre de l’an 362. Louise de Marillac imitait sainte Benoîte par ses emplois et, comme elle, habitait sans doute en un endroit éloigné du bourg. Ce qui est dit ici de sainte Benoîte ne donnerait-il pas à supposer que Louise se trouvait alors à Origny-Sainte-Benoîte ?

Lettre 127. — Abelly, o'p. cil., t. II, chap. 11, sect. 11, début, p. 215.

1. Abelly dit que cette lettre a été écrite « environ deux ans après » l’ordonnance épiscopale relative aux ordinands, qui est du 21 février

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