A MONSIEUR DE GOMET
Monsieur,
Je vous ai écrit deux fois par T ordinaire d’Espagne, qui passe à Paris et à Bayonne, et adressé mes lettres chez Monsieur de la Lande 1 pour les faire tenir à Monsieur le procureur du roi, que je me ressouviens être parents, et ne savoir eut altarï vovere vota mea pour
40. Les trois premières lettres de saint Vincent sont signées Depaul, les suivantes Vincent Défaut , ou, par abréviation, V. D ., parfois V. D . P. Jamais sous la plume du saint on ne trouve de Paul en deux mots, bien que ses contemporains eux-mêmes aient ainsi séparé les deux syllabes de son nom. Dans les registres paroissiaux de son village natal et des lieux environnants et au bas des actes notariés de la famille, nous trouvons l’une et l’autre orthographes. Au reste, la question est sans importance. La particule 11’est regardée, et avec raison, par aucun généalogiste comme un signe de noblesse. Il suffit de parcourir les plus anciens registres de catholicité de Pouy pour s’en convaincre ; presque tous les paysans ont un de devant leur nom. La raison en est dans ce fait que, au moins dans cette partie des Landes, beaucoup de noms de personnes étaient à l’origine des noms de lieux. Nous trouvons à Pouy deux endroits qui s’appelaient anciennement et s’appellent encore aujourd’hui Paul : une maison sise dans le quartier de Buglose, et un ruisseau qui traverse presque à mi-chemin la route reliant Buglose au Berceau. Il est assez probable que les parents éloignés du saint avaient habité ou cette maison ou les bords de ce ruisseau. Us étaient de Paul ; le nom leur est resté.
Lettre 2- — ■ L. a. Dossier de la Mission, original. Nous avons déjà raconté l’histoire de l’original de cette lettre en parlant de l’original de la lettre 1.
1. Très probablement Bertrand de Lalande, conseiller du roi et lieutenant général du présidial de Dax, qui, par son mariage avec Jeanne de Parage, dame d’Escanebaque, est devenu la tige des de Lalande, seigneurs d’Escanebaque à Sabres (Landes).
avoir de vos nouvelles, quand Dieu, qui, etiamsi différât, non aufert tamen spei effectus , m’a fait rencontrer ce vénérable Père religieux sur son embarquement, par le moyen duquel j’espère jouir du bien duquel la perfidie de ceux à qui l’on fie les lettres m’avait privé.
Ce bien n’est autre chose, Monsieur, qu’une assurance nouvelle de votre bon portement et de celui de toute votre famille, que je prie le Seigneur féliciter du comble de ses grâces. Je vous rendais grâces par mes précédentes du soin paternel qu’il vous plaît avoir de moi et de mes affaires, et priais mon Dieu, comme je fais encore et ferai toute ma vie, me vouloir faire la grâce de me donner le moyen de m’en revancher par mon service, que vous vous êtes hypothéqué au prix de tout le bien qu’un père peut faire à son fils propre.
Je suis extrêmement marri que je ne vous puisse écrire que 2 trop sommairement l’état de mes affaires pour le hâté départ des mariniers peu courtois avec lesquels ce vénérable Père s’en vai, non à Dax, à ce qu’il m’a dit, mais bien en Béarn, où il m’a dit que le Révérend Père Antoine Pontanus, qui a toujours été de mes bons amis, prêche, auquel, comme à celui duquel j’espère un bon office, j’adresse mes lettres, le prie vous vouloir faire ‘ tenir la présente, et de me renvoyer, s’il a commodité, comme ce Père m’a dit qu’il aurait, la réponse que j’espère qu’il vous plaira me faire.
Mon état est donc tel, en un mot, que je suis en cette ville de Rome, où je continue mes études, entretenu par Monseigneur le vice-légat qui était d’Avignon 3, qui me fait l’honneur de m’aimer et de désirer mon avan-