A MADAME GOUSSAULT
[i634 ou i 63 5 h]
Madame,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
je pense qu’il est expédient de prier Madame Fortia " de se rendre, à trois heures, à votre assemblée des officières, où je me rendrai pour aviser ce qu’il faudra faire
au monastère de Sainte-Geneviève à Paris. Le succès fut si complet
que le cardinal de La Rochefoucauld, pour étendre la réforme, groupa en une congrégation, sous le nom de Congrégation de France, diverses maisons de chanoines réguliers répandues dans toutes les provinces du royaume, les mit sous la dépendance de l’abbaye de
Sainte-Geneviève et nomma le Père Faure vicaire général du nouvel Institut. Le Père Faure visita les établissements, y imposa des règlements, fonda des séminaires. La Congrégation de France fut canoni¬
quement érigée par Bulle du 3 février 1634. Le 17 octobre, le chapitre général élisait le Père Faure supérieur général pour une durée de trois ans. Il fut réélu en 1637. Les Constitutions ne permettant pas une troisième élection, il céda sa place en 1640 au Père Boulart, mais garda des pouvoirs si étendus que son successeur ne pouvait rien faire que sur son conseil. Le triennat du Père Boulart terminé, le Père Faure fut mis de nouveau à la tête de la Congrégation de France. Il tomba malade dans l’année et mourut le 4 novembre 1644. Ses relations avec saint Vincent furent plutôt froides et réservées. Il a laissé plusieurs ouvrages ascétiques. (Cf. Lallemand et Chartonnet, O'p. cit.)
5. Saint Vincent termine sa lettre par les initiales v. s. V. D., sans s’apercevoir que la formule votre serviteur est répétée.
Lettre 183. — L. a. — Original à Marseille chez les Filles de la Charité de la rue Vincent-Leblanc, 22.
1. La lettre a été écrite du vi\ant de Mademoiselle du Fay (avant 1636) et après l’institution des dames de l’Hôtel-Dieu (1634).
2. Probablement Anne de la Barre, veuve de François de Fortia, conseiller du roi, maître des requêtes ordinaires de l’hôtel.
touchant la difficulté de l’Hôtel-Dieu. Elle a grande connaissance de cette maison-là, a bon esprit et fait le bien qui se peut faire. Vous aurez aussi agréable, Madame, s’il vous plaît, de prier Mademoiselle Poulaillon et Mademoiselle du Fay de s’y rendre et de m’envoyer votre carrosse à la Madeleine environ deux heures et demie.
Je vous souhaite cependant le bonjour et suis, Madame, votre serviteur très humble.
Vincent Depaul.
Ce lundi, à dix heures.
Au bas de la première page : Madame Goussault.
Mademoiselle,
[Après 1631 E]
Voici Mademoiselle Brou* 1 2, trésorière de Saint-Barthélemy 3. Ne pouvant avoir le bien de l’entretenir, pource que je suis pressé, je vous prie de le faire et de la regarder comme une bonne servante de Dieu et digne de quelque bon emploi pour sa gloire.
Lettre 184. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Il n’y avait pas de confrérie de la Charité à Saint-Barthélemy avant cette date. (Cf. Abelly, o-p. cit., t. I, chap. XXin, p. 109.)
2. Mademoiselle Brou était probablement apparentée à Madame de Brou, qui fit partie de l’association des dames de l’Hôtel-Dieu et appela les Filles de la Charité à Bernay, où elle les entretint de ses largesses. Madame de Brou était cousine de M. de Viney.