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à ces pensées et plus encore de le dire. Je vous ai déjà priée d’autres fois de ne plus parler comme cela. Au nom de Dieu, Mademoiselle, corrigez-vous-en et sachez une fois pour toutes que ces pensées aigres sont du malin et que celles de Notre-Seigneur sont douces et suaves, et ressouvenez-vous que les défauts des enfants ne sont pas toujours imputés aux pères, notamment quand ils les ont fait instruire et donné bon exemple, comme vous avez fait, Dieu merci, et que Notre-Seigneur permet par sa Providence admirable que des pères saints et des mères soient déchirés en leurs entrailles. Abraham le fut par Ismaël, Isaac par Esaii, Jacob par la plupart de ses fils, David par Absalon, Salomon par Roboam et le Fils de Dieu par Judas ; et, par la grâce de Dieu, vous n’en êtes pas là ; ains, au contraire, vous avez sujet de louer Dieu de ce que vous a dit M. Holden ; car il vous a dit vrai. M. votre fils vint hier trouver M. de Sergis, se confessa à lui et lui dit qu’absolument il est résolu de servir Dieu en l’état ecclésiastique, et quelques autres circonstances qui m’ont fort consolé ; mais je ne me ressouviens pas à présent quelles elles sont. Remerciez donc Dieu de cela et soyez bien gaie.

Madame Goussault me dit hier comme elle a passé contrat pour la maison 2. Il faudra nous voir pour voir qui vous emmènerez. Je trouve fort à propos que vous différiez cette bonne fille jusques alors. Je ne connais

2. On loua la maison de La Chapelle ; on ne l’acheta pas. Louise de Marillac et ses filles, nous dit Gobillon (of. cit ., p. 74) s’y établirent en mai 1636. C’est peut être à ce changement de demeure que se rattachent les lignes suivantes de ia fondatrice : « Aller au nouveau logement avec le dessein d’honorer la divine Providence qui y conduit, et se mettre dans la disposition d’y faire ce que la même Providence permettra y avoir à faire. Par ce changement de demeure, honorer celui de Jésus et de la sainte Vierge de Bethléem en Egypte, et depuis en autres lieux, ne voulant, non plus qu’eux, avoir de demeures propres en terre. » ( Pensées , p. 41.)

point l’autre de laquelle vous me parlez, qui n’est pas encore chez vous.

Je doute si je pourrai aller dimanche en vos quartiers et si, quand cela serait, je devrais vous parler dans la chapelle, qui est si malsaine. Il faudra tâcher que ce soit chez Madame Goussault, quoique pourtant il semble qu’il est à propos que je vous voie en particulier avant cela.

Or sus, je vous souhaite la paix de Notre-Seigneur et suis v. s.

Il faut différer aussi la proposition de votre maison 3. Ce que vous dites ,de la relouer de gré à gré me revient.

Mademoiselle,

[Entre 1635 et 1638 L]

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je vous ferai faire un mémoire des matières des oraisons, des exercices et de l’emploi de la journée et le vous enverrai.

Il faut faire cesser les paroisses * 1 2 pendant ce rencontre 3, et les reprendre, si cette hile a le temps, après qu’il

3. Probablement la maison qu’allaient quitter les sœurs pour s’établir à La Chapelle.

Lettre 222. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. Cette lettre a été écrite pendant que Jean Pillé dirigeait la maison des Bons- Enfants (1635-1638). Elle semble antérieure d’assez peu de jours à la lettre 223.

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