Barbe Angiboust
5. Marie Joly et Barbe Angiboust étaient chargées, en l’absence de Louise de Marillac, des sœurs employées aux confréries de ces paroisses.
6. Isabelle ou Elisabeth Martin fut parmi les premières Filles de la Charité une des plus accomplies. Sœur servante à l’hôpital d’Angers en 1640, à Richelieu en 1641, à l’hôpital de Nantes en 1646, elle revint à Richelieu en 1648, pour y mourir l’année suivante. Sa santé laissa toujours à désirer.
voir 7 ; mais j’ai su, depuis ce dessus écrit, que l’on s’est mépris ; et l’embarras où je suis ne me permettant pas une si grande tournée, je m’en vas l’envoyer prier de passer par ici en s’en retournant. Madame Mussot m’assura hier qu’elle partira à la fin de cette semaine. M. le prieur parle de s’en aller avec elle et d’être l’un des chapelains de Liancourt avec un autre ecclésiastique 8.
Hier, étant pressé de Madame de Combalet 9 de lui
7. Saint Vincent a interrompu la lettre en cet endroit pour ne la reprendre que le lendemain.
8. Le duc et la duchesse de Liancourt avaient conçu dès 1606 le projet d’appeler des chapelains sur leur terre de Liancourt. Ces chapelains devaient être au nombre de trois, mener la vie commune dans une maison bâtie exprès pour eux près de l’église, et venir en aide aux curés de Liancourt et des paroisses voisines dépendantes de la seigneurie. Le traitement offert était minime ; aussi personne ne se présentait. Quelques prêtres de Provence finirent par accepter. Après deux ans, ils se retirèrent. Adrien Le Bon, dont saint Vincent parle dans sa lettre, ne donna pas suite à son projet. Le duc s’adressa à saint Vincent ainsi qu’à Georges Froger, curé de Saint-Nicolas-du- Chardonnet, et tous deux le renvoyèrent à Adrien Bourdoise. Bourdoise se laissa gagner. Il quitta Paris le ier septembre 1642 et travailla si bien à Liancourt qu’en peu de temps il groupa autour de lui toute une communauté. {Le saint abbé Bourdoise , par Jean Darche, t. II, p. 184.)
g. Marie de Wignerod de Pontcourlay, née en 1604 au château de Glénay, près de Bressuire, de René de Wignerod et de Françoise de Richelieu, sœur aînée du grand cardinal, épousa, toute jeune, dans la chambre d’Anne d’Autriche, le neveu du duc de Luynes, Antoine de Beauvoir de Grimoard du Roure, chevalier, seigneur de Combalet, qu’elle n’avait jamais vu et qu’elle n’aimait pas. Pendant les deux ans que dura cette union, les époux ne vécurent que six mois ensemble. Le marquis de Combalet, retenu hors de son foyer par les nécessités de la guerre, tombait frappé à mort, le 3 septembre 1622, au siège de Montpellier. Veuve à dix-huit ans, la marquise de Combalet quitta la cour et se retira au Carmel de Paris. Elle fut admise au noviciat, après un an de clôture reçut l’habit religieux des mains de M. de Bérulle et prononça les premiers vœux. Richelieu, qui l’aimait beaucoup, mit tout en jeu pour la ramener à la cour. Ce fut à sa sollicitation que le Pape interdit le cloître à la jeune marquise, que Marie de Médicis la choisit, le Ier janvier 1625, pour dame d’atours et que le roi érigea sa terre d’Aiguillon en duché-pairie le Ier janvier
Ce jour-là, le cardinal l’emmena, pour qu’elle y fixât sa résidence, dans un petit hôtel aménagé pour elle, rue de Vaugirard, dans les dépen-
envoyer la fille, et que c’était pour elle, j’en parlai à Marie Denyse, pource qu’elle me semblait plus propre pour cela ; mais elle me fit une réponse digne d’une fille qui a vocation de Dieu à la Charité, qui fut qu’elle avait quitté père et mère pour se donner au service des pauvres pour l’amour de Dieu, et qu’elle me priait de l’excuser si elle ne pouvait changer de dessein pour aller servir cette grande dame. Après cela, je parlai à Barbe la grande 10 sans lui dire pour qui ni pour quoi, et l’envoyai m’attendre auprès de madite dame de Combalet, où je lui dis que cette bonne dame l’emploierait tantôt à son service et tantôt aux pauvres de la paroisse. Elle se
dances du petit Luxembourg, où lui-même avait sa demeure. La duchesse d’Aiguillon fit un noble usage de son immense fortune et de sa grande influence. Elle fréquenta et protégea les gens de lettres et se mit à la tête de toutes les œuvres de charité. Elle établit les prêtres de la Mission à Notre-Dame de La Rose et à Marseille, où elle leur confia la direction d’un hôpital qu’elle avait fait bâtir pour les galériens malades. La maison de Richelieu et celle de Rome vécurent de ses libéralités. C’est elle qui fit donner à la congrégation de la Mission les consulats d’Alger et de Tunis. Elle concourut à la fondation de l’hôpital général et de la société des Missions Etrangères, prit sous sa protection les Filles de la Croix et les Filles de la Providence et fut la grande bienfaitrice du Carmel. Elle fut présidente de la confrérie de la Charité établie à Saint- Sulpice et remplaça Madame de Lamoignon à la tête des dames de l’Hôtel-Dieu. La duchesse d’Aiguillon doit être mise avec Louise de Marillac, Madame de Gondi et Madame Goussault, au premier rang des collaboratrices de saint Vincent. Nul peut-être ne lui donna davantage. Peu de personnes lui furent aussi attachées. Elle veillait sur sa santé avec une sollicitude maternelle. Le carrosse et les chevaux dont le saint se servait dans ses vieux jours venaient de ses écuries. La mort du serviteur de Dieu l’affligea profondément. Elle fit exécuter un reliquaire de vermeil en forme de cœur surmonté d’une flamme pour y enfermer le cœur du saint. La duchesse d’Aiguillon mourut le 17 avril 1675, à l’âge de soixante et onze ans, et fut inhumée avec l’habit de carmélite. MM. Brisacier et Fléchier ont prononcé son oraison funèbre. ( Le duchesse d' Aiguillon, par le comte de Bonneau-Avenant, seconde édition, Paris, 1882, in-12.) Le Long signale dans sa Bibliothèque historique de la France, éd. Fontette, Paris, 1768-1778, 5 vol. in-f°, t. III, n° 30.854, un recueil manuscrit de ses lettres, aujourd’hui perdu.