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Commune de l’arrondissement de Brioude (Haute-Loire

et soupirs que je 'pense , Messieurs , qu'il -faudrait y avoir été pour le croire. Dieu soit béni de tout !

Presque la même chose arriva à la procession des petits enfants et à leur communion , qui se fit dans toute la révérence imaginable , là où la foule était si grande , de même que le reste des fêtes , qu’il fallait toujours faire courir du vin dedans V église pour les affaiblies , dont une entre autres a été plus de trois semaines malade.

Le peuple , au commencement , venait selon que nous le devions souhaiter , savoir autant que nous le pouvions confesser ; mais cela , Messieurs, avec tels mouvements de grâce que de tous côtés il était aisé de savoir où les prêtres confessaient , les pénitents , par leurs soupirs et leurs sanglots, se faisant entendre de toutes parts. J é sus-Christ soit loué de tout !

Mais, sur la fin, le peuple nous pressait si vivement, et la foule était si grande quil nous fallait être parfois ( savoir toutes les fêtes ) douze ou treize prêtres pour subvenir à V ardeur de ce zèle. On les voyait , depuis la pointe du jour au milieu de la chaleur, qui était extraordinaire , jusqu1 à la dernière prédication, sans boire ni manger.

Parfois, en faveur des étrangers , il fallait faire deux heures et plus de catéchisme , d'où ils sortaient aussi affamés qu'en y entrant. Cela nous laissait tout confus. Il nous fallait le faire de la chaire, n'y ayant point de place dans l'église, les environs du cimetière étant tout emplis , les portes bouchées et les fenêtres toutes chargées de peuple. Ce même se voyait au sermon du matin et à celui du soir, qu'on nomme le grand catéchisme. Et après quoi je ne puis rien dire sinon : Benedictus Deus ! Benedictus Deus ! lequel si libéralement se communique à ses créatures , mais surtout à ses pauvres. Car, Messieurs, nous avons remarqué que c'est là où il réside, et demande le secours des créatures pour achever ce que lui seul n'a pas accoutumé de faire, savoir l'instruction et la conversion totale de ses peuples.

Messieurs , ne refusez pas ce secours à Jésus. La gloire est trop grande de travailler sous lui, de contribuer au salut de ses âmes et à la glâire qu'il en doit retirer toute une éternité. Vous avez heureusement commencé et vos premiers exemples m'ont chassé de Paris. Continuez en ces divins emplois, étant vrai que dessus la terre il n'y a rien de semblable .

Paris, Paris, tu arrêtes du monde qui convertirait plusieurs mondes ! Hélas ! combien de bonnes œuvres sans fruit . de fausses conversions et de saints discours perdus , faute de dispositions que Dieu épanche ailleurs ! Ici un mot est une prédication^ et rien ne nous paraît inutile. Ici Von n'a point égorgé les prophètes ; je veux dire que leur prédication n'a

foint été méfrisée comme dedans ces villes ; et four cela , Messieurs , tous ces fauvres avec fort feu d'instruction se voient remflis de bénédictions et de grâces de Dieu. C'est ce que je fuis souhaiter , fuisque , dans son amour , je suis Messieurs, votre très humble , très obéissant et obligé confrère.

Olier.

A Vieille-Brioude 2, ce jour saint ] eanz 1636.

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Béni soit Dieu de tout ce que vous me dites de Madame Turgis 2. Je la pourrai aller entendre de confession samedi l’après-dînée, Dieu aidant. Vous lui baillerez les méditations de la naissance et de la vie de Notre-Seigneur entre ci et là, s’il vous plaît ; et puis il faudra continuer la passion et quelques-unes des apparitions, et ne faut pas oublier de lui bailler [les] 3 saintes béatitudes à deux ou trois fois. Que si vous ne pouvez lui bailler toutes celles-là, vous lui baillerez celles qui se pourront [pour] 4 le temps qu’elle doit demeurer dans sa retraite.

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