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A MONSIEUR DE SAINT MARTIN

Monsieur,

je vous envoie, par l’occasion de Monsieur Touschard, qui se rend à Dax, le petit tableau que j’ai commandé à Monsieur Brentel faire à votre intention h Le présent est de peu de conséquence ; mais j’ai espérance que le

Lettre 233. — Archives de la Mission, copie prise sur l’original, qui était en entier de la main du saint.

i. Voici la description que nous en fait Firmin-Joussemet, qui l’a eu sous les yeux ( Lettre de saint Vincent de Paul sur sa captivité à Tunis dans la Revue des provinces de l'Ouest , septembre 1856, p. 230 et suiv.) : « Cette peinture très finement touchée a été exécutée sur parchemin par un artiste nommé François Brentel. Elle représente la fuite en Egypte. La Vierge, assise à l’ombre de grands arbres, allaite l’enfant Jésus, tandis que saint Joseph les contemple. Plus loin l’âne cherche sa nourriture. Dans le fond du paysage est une ville décorée de beaux édifices et bâtie au milieu d’un site sévère. Deux anges en prière, portés sur des nuages, occupent le haut de la composition. Autour règne une bordure noire et or, et au bas se trouve une bande pourpre, sur laquelle on lit en caractères romains : Aimez Dieu et votre prochain , légende qui résume la doctrine du donateur. Au dessous est la signature de l’artiste et la date 1636. L’ensemble a o m. 14 de haut sur o m. 10 de large. Ce petit tableau, d’une conservation parfaite, se recommande surtout par l’extrême finesse de la touche. Il semble être la copie d’une œuvre d’un artiste de l’école des Carrache. » Arthur Loth l’a reproduit

tiendrez de quelque prix, venant d’une personne qui est de si longtemps le tant obligé de votre maison. Le voyant devant vos yeux, n’oublierez en vos prières le plus humble de vos serviteurs.

Vincent Depaul.

De Paris,, ce 16 août 1636.

Mademoiselle,

[Août 1636 L]

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai appris votre indisposition à mon retour. Cela m’a contristé. Je prie Notre-Seigneur qu’il vous redonne une parfaite santé, dont j’étais tout réjoui la dernière fois que je vous vis. Enfin vous êtes hile de la Croix. Oh ! quel bonheur ! Dites-moi, je vous prie, si cette petite rechute vous a un peu troublée.

Il n’y a point d’apparence de vous laisser toujours dans ces alarmes. Il vaut mieux vous retirer 2. Cela n’empêchera pas, si les choses s’adoucissent, que vous ne retourniez là où vous êtes, jouir de ce bon air. Je ne crains pas l’armée espagnole, mais quelque rencontre semblable

dans son bel ouvrage Saint Vincent de Paul et sa mission sociale, Paris, 1880, in-8, p. 74. Celui que Firxnin-Joussemet appelle François Brentel n’est autre vraisemblablement que le Strasbourgeois Frédéric Brentel, mort à Augsbourg en 1651, artiste de grand talent, au dessin correct, au coloris brillant et agréable, auteur de divers tableaux d’histoire, de portraits, de plusieurs gravures et des miniatures d’un manuscrit intitulé : Officium B. Mariae Virginis, in-8, 1647. (Bibl. Nat. f. 1. 10.567-10.568.) (Cf. Schreiber, Das Münster zu Strassburg, Carlsruhe, 1828.)

Lettre 234. — Manuscrit Saint-Paul, p. 77.

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