L’assemblée des mardis
3. Antoine Godeau, né à Dreux le 24 septembre 1605, fut un des familiers de l’hôtel de Rambouillet, où on l’avait surnommé le Nain de Julie. Ses vers y étaient goûtés. Ils lui valurent la faveur de ïbichelieu et une place à l’Académie française. Il fut sacré évêque de Grasse le 24 décembre 1636. Une attaque d’apoplexie l’emporta le 17 avril 1672. Il a beaucoup écrit en vers et en prose sur l’histoire, l’Ecriture Sainte, la discipline et divers sujets de piété. Ses œuvres poétiques forment trois volumes in-12. (Cf. G. Doublet, Godeau , évêque de Grasse et de V ence, 1605-1672, Paris, 1911, in-8.)
4. François Fouquet était fils de François Fouquet, comte de Vaux, et de la pieuse Marie de Maupeou, qui fut, parmi les dames de la Charité, une des plus admirables par son zèle et son dévouement à saint Vincent. Nicolas Fouquet, surintendant des finances, et Louis Fouquet, évêque d’Agde, étaient ses frères. Sa sœur Louise- Agnès prit l’habit religieux au premier monastère de la Visitation. François Fouquet, nommé à l’évêché de Bayonne en 1636, ne fut sacré que le 15 mars 1639. Il fut transféré à l’évêché d’Agde en 1643, nommé coadjuteur de Narbonne le 18 décembre 1656 et archevêque de ce diocèse en 1659. Relégué à Alençon en 1661, il mourut dans son exil le 19 octobre 1673. Il appela les prêtres de la Mission à Agde et à Narbonne et établit les Filles de la Charité dans cette dernière ville. Prélat très zélé, trop zélé peut-être, il avait peine
M. Pavillon pour Alet* * * * 5, et M. Barreau vient d’être nommé par le roi pour coadjuteur de Sarlat, sans le consentement de l’évêque 6.
Dieu a disposé du bon M. Semusse 7 . Il a vécu en saint et est mort de même. Et moi je suis, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.
Vincent Depaul.
De Paris; ce 8 janvier 1637.
à comprendre la lenteur de saint Vincent, dont, plus que personne, il admirait la vertu. La mort de ce grand serviteur de Dieu lui fut très sensible. Dès qu’il en reçut la nouvelle, il écrivit aux prêtres de
Saint-Lazare : « Quelque préparé que je pusse être à la mort de
M. Vincent, vu le grand âge où il était, je vous assure que je n’ai point appris la nouvelle de son décès sans surprise et sans être touché d’une vive douleur, selon l’homme, de voir l’Eglise privée d’un très digne sujet, la congrégation de son très cher père et moi d’un ami très charitable, à qui j’ai de si étroites obligations. Je ne pense pas que de tous ceux que sa charité lui a fait embrasser comme ses en¬
fants il y en ait aucun à qui il ait témoigné plus de tendresse et donné plus de marques d’amitié qu’à moi. »
5. Pavillon fut atterré par la nouvelle de sa nomination. La tristesse le rendit malade. Brûlé par les ardeurs de la fièvre, il dépérissait à vue d’œil. L’idée lui vint d’aller se jeter aux pieds de Richelieu ; ses meilleurs amis l’en détournèrent. Il s’isola, ne voulant plus voir personne, pas même saint Vincent. Le bon saint finit toutefois par lui arracher son consentement. Il alla jusqu’à lui dire « qu’il s’élèverait contre lui au jour du jugement dernier avec les âmes du diocèse d’Alet destinées à mourir à Dieu », s’il les abandonnait par son refus. Pavillon fit sa retraite préparatoire à Saint-Lazare sous la direction de saint Vincent. « Je fus étonné, raconte un de ses amis, de voir entrer un matin dans sa chambre M. Vincent avec plusieurs prêtres de la Mission, qui se mirent à genoux en cercle. Il adressa la parole à Monsieur Vincent et il fit devant tous ces messieurs une confession des fautes qu’il reconnaissait avoir commises dans la conversation. Il leur demanda pardon du scandale qu’il leur avait donné, en des termes si humbles que j’en fus confus ; à quoi M. Vincent repartit au nom de l’assemblée presque en mêmes termes. » M. Pavillon fut sacré à l’église de Saint-Lazare le 22 août 1639 par l’archevêque de Paris. (Cf. Suite des mémoires -pour servir à la vie de Messire Nicolas Pavillon , évêque d'Alet, 1733 , p. 213 ; E. Dejean, op. cit ., p. 15.)