A LA MÈRE DE LA TRINITÉ
Ma très chère Mère,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Voici Monsieur du Coudray, l’un de nos missionnaires, qui s’en va vous trouver, avec le projet du contrat de la fondation de Monseigneur de Troyes h Monsieur le commandeur * 1 2 a trouvé à propos d’en user de la sorte. C’est
Lettre 292. — L. a. — Original à la Visitation de Troyes.
1. René de Breslay, évêque de Troyes, avait tenté dès 1621, avec le concours d’Adrien Bourdoise et sur les instances de la Mère de la Trinité, de fonder une maison de missions dans sa ville épiscopale. En 1637, le prélat et la prieure du Carmel se sentirent pressés intérieurement de reprendre le projet abandonné. Ils en parlèrent à M. de Sillery, titulaire de la commanderie de Troyes, et il fut décidé qu’on demanderait des missionnaires à saint Vincent. L’accord fut conclu le 3 octobre 1637 au parloir du Carmel, où se trouvaient réunis l’évêque de Troyes, saint Vincent et la Mère de la Trinité. Le nouvel établissement devait s’ouvrir le 17 février 1638 au plus tard et recevoir dès le début un personnel de six prêtres et de deux frères, le nombre des prêtres pouvant être de quatre jusqu’en 1641, s’il y avait impossibilité d’en procurer davantage. Les missionnaires avaient à évangéliser les localités du diocèse où l’évêque de Troyes jugerait ben de les envoyer et, de cinq en cinq ans, les terres de la commanderie. Le prélat leur assurait une rente annuelle de 2.000 livres et le commandeur la moitié de cette somme. Ce contrat demandait à être complété. M. de Sillery donna aux prêtres de la Mission le 19 janvier plusieurs fonds et propriétés, dont il se réserva l’usufruit , il promit de plus de leur \erser tous les ans cent livres tournois. Mgr de Breslay remplit ses engagements, le 12 mars, en faisant don à la Mission d’une maison de douze cents livres de revenu, sise à Paris, grande rue du faubourg Saint-Michel, et d’une somme de six cents livres, dont il ne versa d’abord que la rente. Il était stipulé dans ce nouveau traité que les missionnaires prépareraient les ordinands aux ordres pendant dix jours et recevraient chez eux les curés pour les exercices spirituels, un à un et en dehors du temps consacré aux ordinands. A la date où fut écrite la lettre ci-dessus, le contrat du 12 mars n’était encore qu’à l’état de projet ; c’est celui que saint Vincent a ici en vue. (Arch. Nat. MM 534 ; A. Prévost, Saint Vincent de Paul et ses œuvres dans le diocèse de Troyes , Troyes, 1896, in-12.)