‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 354 sur 500 · LOUISE DE MAR1LLAC A SAINT VINCENT · texte numérisé non relu

LOUISE DE MAR1LLAC A SAINT VINCENT

Monsieur ,

[ Février 1638 * 1.]

Ma sœur Turgis est bien en 'peine de ce que le sergent de la compagnie de M . de Castillon lui est venu dire qu'il enverra des soldats loger tant au corps de logis de devant qu en celui où logent les enfants. Ils feront bruit. Si vous trouviez bon qu'y revenant elle fît refus de les loger 3 se faisant fort de Madame la duchesse d' Aiguillon ou de Madame la chancelière , jusques à ce que votre charité en obtienne défense de la reine ; ou, si vous jugiez autre chose mieux, s'il vous plaît lui mander par ce porteur , si ce n'est elle.

Je suis Monsieur ^ votre très humble et très obligée fille et servante.

Ce jeudi.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.

Lettre 300. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. 11 est clair que les lettres 300, 301, 302, 303 et 304 se tiennent. La

lettre 303 montre qu’on était en hiver. D’autre part, le changement

de maison pour les enfants trouvés eut lieu au début de 1638.

[Février 1638 F]

Mademoiselle,

Je viens d’écrire à Madame la chancelière et lui envoie votre lettre et une requête que j’ai dressée, au nom des dames de la Charité de l’Hôtel-Dieu, à Monsieur le chancelier* 1 2, lui représentant qu’elles ont loué une maison pour y loger les Filles de la Charité et les enfants trouvés, que les habitants vous ont envoyé les gendarmes3, qu’ils ne peuvent demeurer en votre maison, où il n’y a point d’homme, sans danger de la pureté des hiles, ni sans scandale ; que, ce considéré, il lui plaise de faire défense aux habitants d’envoyer lesdits soldats chez vous et aux soldats d’y aller, et prie Madame de la présenter à M. le chancelier. Et pource que peut-être la chose ne pourra pas aller si vite que tout se puisse faire aujourd’hui, il sera bon que vous envoyiez quérir M. votre curé et le prier qu’il s’emploie vers les habitants pour donner un autre logis à ces gendarmes, ou vers lesdits gendarmes, à ce qu’ils se logent ailleurs, moyennant demi-écu plus ou moins, pour qu’ils vous donnent deux jours. Je m’en vas cependant chez Madame Goussault, à ce qu’elle envoie M. Grandnom 4 pour hâter la chose.

Monsieur votre fils fait bien. Lui avez-vous envoyé l’acte ? Il m’a dit qu’il appréhende l’excellence du sacerdoce, et cela est bon.

Lettre 301. — L. a. — L’original est exposé dans une des salles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, à Paris, 6, rue de Furstenberg.

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