‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 362 sur 500 · A ANTOINE LUCAS · texte numérisé non relu

A ANTOINE LUCAS

Monsieur,

De Paris, ce 21 février 1638.

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je vous fais ces lignes avec un peu de hâte, qui sont pour vous prier d’avoir soin de votre santé et de celle de M. Caignet* 1 et de vous reposer après ce grand travail, avant que de recommencer la mission. Et, quand vous le serez, vous pourrez commencer à travailler dans les villages qui dépendent du diocèse de Troyes et de Montmirail.

je vous £ls écrire dimanche passé par M. Soufliers et

Lettre 307. — L. a. — Dossier de Turin, original.

1. Le confesseur de Madame Goussault portait ce nom ; c’est de lui peut-être qu’il est ici question.

vous priais alors de la même chose et de nous renvoyer M. du Chesne et qu’en sa place je vous enverrais M. Cal- Ion ; mais, quelque petite incommodité qu’il a ne lui permettant cette petite satisfaction à présent, il s’en retourne à Aumale, où il pourra faire quelque chose à l’entour 2.

J’ai été chez M. votre frère au pont Saint-Michel 3 pour le prier d’envoyer celui qui demeure chez M. Belin à la mission. Mais il me dit que celui-ci n’était pas en ville, qu’il était encore à Milly 4 et qu’au retour il l’enverrait à Rueil. Je n’ai pas su qu’il l’ait fait, ni qu’il soit revenu.

Je vous envoie une lettre des Cévennes. La compagnie se porte assez bien, Dieu merci.

La mission de Saint-Germain s’en va achevée avec bénédiction, quoiqu’au commencement l’on ait eu sujet d’exercer la sainte vertu de patience. Il en est peu de la maison du roi qui n’ait fait son devoir avec le peuple et avec une dévotion digne d’édification. La fermeté contre les gorges découvertes a donné lieu à cet exercice de patience. Le roi dit à M. Pavillon qu’il était fort satisfait de tous les exercices de la mission, que c’est ainsi qu’il fallait travailler et qu’il rendrait ce témoignage partout. J’avais grande difficulté d’envoyer en ce lieu-là, tandis que la cour y était ; mais, Sa Majesté m’ayant fait l’honneur de me mander qu’il le désirait ainsi, il fallut passer par dessus nos difficultés. Celles qui en ont eu le plus au commencement sont maintenant si ferventes qu’elles se sont mises de la Charité, servant les pauvres en leur jour, et ont fait la

2. Bien que membre de la congrégation de la Mission, Louis Callon habitait Aumale, son pays d’origine.

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