‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 422 sur 500 · Antoine-François de Joyeuse, comte de Grandpré · texte numérisé non relu

Antoine-François de Joyeuse, comte de Grandpré

les faire loger, j’espère qu’elle donnera ordre aussi pour leur entretien, ou bien Son Eminence. Je vous supplie cependant de leur fournir ce qu’il leur faudra pour leur nourriture.

Je suis en peine de votre indisposition et de celle de Messieurs Codoing, Durot et Buissot ; et, au cas que M. Codoing ait la fièvre quarte, comme il m’a mandé qu’il s’en doutait, il faudra aviser au moyen de le faire venir ici par charrette jusques à Tours et de là par le coche, si ses accès ne sont pas si forts.

Au nom de Dieu, Monsieur, faites votre possible et n’épargnez rien pour votre santé. Je prie Dieu et le fais prier qu’il la vous rende parfaite.

Je vous enverrai dans dix ou quinze jours deux ou trois de la compagnie, et peut-être que M. Boudet se rendra de Bordeaux à Richelieu. Il est un peu indisposé à Bordeaux, où M. de Sergis l’a laissé pour le faire traiter, étant pressé de partir pour Toulouse. S’il va à Richelieu, je vous le recommande. Si M. l’abbé Olier dit vrai, c’est un saint que le bon M. Boudet. Il a été en Bretagne avec lui, où il a reconnu sa vertu, et m’en écrit en des termes bien exprimant l’opinion qu’il en a. Il n'y a que moi qui suis un misérable pécheur, qui ne fais que du mal sur la terre et qui dois souhaiter qu’il plaise à Dieu de m’en retirer bientôt, comme je l’espère de sa bonté, et qu’il me fera miséricorde.

Je minutais mon voyage pour vous aller voir quand Monseigneur l’archevêque m’a donné un mandement de visiter une maison religieuse de cette ville, qui m’occupera assez longtemps 3. Je l’avais fait prier de m’en dispenser, et il l’avait fait en effet ; mais, en partant pour Anjou, il m’a mandé qu’il était contraint de se rétracter

3. Le voyage fut remis. Saint Vincent était de retour de Richelieu avant la mi-décembre.

de la dispense qu’il lui avait plu me donner, pour des raisons particulières et d’importance qu’il me dirait au retour. Or bien, je suis enfant d’obéissance. Il me semble que, s’il me recommandait de m’en aller aux extrémités de son diocèse et d’y demeurer toute ma vie, que je le ferais comme si Notre-Seigneur me le commandait et que cette solitude ou l’emploi qu’il m’y donnerait serait un paradis anticipé, puisque je serais dans l’accomplissement du bon plaisir de Dieu.

Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

Vincent Depaul.

De Saint-Lazare, ce ier octobre 1638.

Suscrifttion : A Monsieur Monsieur Lambert, supérieur des prêtres de la Mission, à Richelieu.

Mademoiselle,

[2 octobre 1638 L]

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je ne vous écris point de ma main, parce que j’ai été saigné ce matin pour une petite incommodité, qui m’empêche d’aller voir ma bonne Madame de Liancourt, et pense que vous n’êtes pas en l’état de porter la fatigue que vous auriez à l’entour d’elle, et qu’elle en aurait de la peine.

Il n’y a point de danger de permettre à notre sœur Louise d’aller voir le bon, Monsieur de Bezay * 1 2 *, ni que

Lettre 353. — Dossier de la Mission, original ou copie du xvn6 siècle.

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