A PIERRE DU GHESNE
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je reçus hier au soir votre dernière, par laquelle vous me dites l’état de la maladie du bon Monsieur Dufestel et ce que le médecin lui a ordonné. Je vous remercie très humblement du soin que vous avez de m’en donner avis si promptement et si exactement, et de toutes les assistances que vous lui rendez, et prie Notre-Seigneur qu’il soit votre récompense et la guérison parfaite de notre malade, la maladie duquel j’espère qu’elle ne sera pas dangereuse ; mais je vous supplie, Monsieur, comme toujours, de ne lui rien épargiaer. Cette sorte de maladie n’a pas tant besoin de remèdes que de patience et de douceur et de suavité d’esprit. J’espère que Notre-Seigneur lui fera part de toutes ces vertus et qu’il en fera un fort bon usage. Que si le médecin estime qu’il lui fallût faire quelques remèdes qui eussent besoin de sa présence plus fréquente qu’il ne lui peut rendre à Sancey, pourriezvous point lui avoir une chambre au faux bourg ? Et cela étant, y serait-il mieux assisté ? La sorte de sa maladie me semble n’être point de cette nature. Toutefois vous verrez et en conférerez avec ledit sieur médecin avec qui ledit sieur Dufestel le juge expédient. Enfin, Monsieur, je vous prie de faire pour lui tout ce que vous voudriez faire pour Notre-Seigneur ; car, en effet, la bonté et la charité que vous avez en son endroit, c’est à Notre-Seigneur même que vous le faites et ensemble à toute notre petite compagnie et à moi particulièrement, qui souffre en lui ce que Notre-Seigneur sait. Je l’embrasse en esprit
Lettre 367.
Recueil du procès de béatification.
avec toute l’affection qui m’est possible et salue très humblement le bon Monsieur Savary et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
Vincent Depaul.
De Paris, ce 28 janvier 1639 1.
Suscriptzon : A Monsieur Monsieur du Chesne, prêtre de la Mission, à Sancey.