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Le cardinal de Richelieu

10. Louis de la Valette de Nogaret avait occupé le siège de Toulouse de 1614 à 1627 et reçu le chapeau de cardinal en 1621. Son humeur martiale lui fit accepter le commandement des armées du roi, qu’il conduisit en Allemagne, dans les Pays-Bas et en Italie. Il mourut à Rivoli, près de Turin, le 28 septembre 1639.

11. Cette supplique avait trait à l’organisation de la congrégation de la Mission, dans laquelle le fondateur voulait introduire la pratique des vœux.

le cardinal Antonio 12, ni si la personne que vous savez n’en veut pas faire une vache à lait pour avoir encore de l’argent, ou service qui l’équivale. Plût à Dieu que vous eussiez quelque autre moyen en main pour faire la chose, c’est la pensée de M. de Cordes, pourvu que cela se peut sans rien gâter ! Ceci soit dit à l’oreille de votre cœur et non jamais à aucun autre. Que si vous trouviez du danger au changement des moyens, in nomine Domini , tenez-vous à celui que vous avez. Voyez-vous, Monsieur, nous sommes mortels. Je ne la puis pas faire longue, car j’entrerai au mois d’avril prochain en ma soixantième 13. Ajoutez à cela les accidents qui peuvent arriver. Le médecin vient de sortir d’avec moi, qui me vient de dire

12. Antoine Barberini, neveu du Pape Urbain VIII, n’avait que vingt ans quand il entra au Sacré Collège en 1627. Il fut chargé de plusieurs légations. Louis XIII le nomma protecteur des affaires de France en cour de Rome. Les démarches qu’il fit pour empêcher l’élection d’innocent X n’ayant pas abouti, il vint en France, obtint en 1652 l’évêché de Poitiers et en 1657 l’archevêché de Reims. Il mourut à Nemi, près de Rome, le 3 août 1671.

13. Saint Vincent serait donc né en 1581, cinq ans après la date acceptée par tous ses biographes, et son âge ne serait pas celui qui fut gravé sur son tombeau. Nous 11e chercherons pas à élucider ici le problème historique que ce désaccord soulève ; nous nous contenterons de noter que le saint n’a jamais varié. Si l’on tient compte de ce fait que, dans sa bouche ou sous sa plume, l’année en cours est considérée comme accomplie, ses divers témoignages sur ce point, (on en compte douze) sont tous parfaitement concordants. (Voir les lettres du 25 juillet 1640 à Pierre Escart, du 21 novembre 1642 à Bertrand Codoing, du 17 septembre 164g à Etienne Blatiron, Hu 27 avril 1655 au Pape Alexandre VII, du 15 juillet 1659 au cardinal de Retz, du 24 août 1659 à François Feydin ; la répétition d’oraison du 3 novembre 1656 ; les conférences du 6 janvier et du 13 juin 1657 aux Filles de la Charité.) C’est dans cette conviction qu’il déclarait avoir près de quarante-huit ans, le 17 avril 1628, devant les juges chargés d’informer sur les vertus de saint François de Sales, et près de cinquante-neuf ans, le 31 mars 1639, dans sa déposition écrite concernant Saint-Cyran. Autour de lui, on pensait de même, puisqu’à la fin de 16^9 le Père de Gondi lui attribue soixante-dix-neuf ans (lettre des frères Chandenier à saint Vincent, du 10 septembre 1659) et que son secrétaire le frère Louis Robineau, dans un manuscrit composé après 1660 (Arch. de la Mission, p. 85), l’appelle « un vieillard de près de quatre-vingts ans ».

que voilà M. Dehorgny qui a la fièvre. Pour celle que j’ai à présent, c’est mon ordinaire.

Je suis plus touché que je ne vous puis dire de l’heureux rencontre que vous avez fait de ce bon prêtre siennois. O Monsieur, que je le serais parfaitemeent s’il plaisait à la bonté de Dieu de l’unir à vous en son esprit ! Je le dis positis ponendis ; il me semble que Notre-Seigneur me fait la miséricorde de ne pas convoiter les hommes que lorsque sa providence les attire. Hélas î Monsieur, que nos souhaits sont vains et fautifs 1 Je prie Notre-Seigneur cependant qu’il donne sa bénédiction sur la nouvelle vie que vous allez commencer ensemble dans votre maison et à la mission à laquelle je me persuade que vous êtes maintenant. J’ose me donner la confiance de le saluer très humblement avec tout le respect et la révérence que je lui dois, et me recommander à ses saintes prières. Je salue pareillement cet autre bon prêtre duquel vous me parlez pour faire peut-être le troisième.

Vous m’avez parlé du R. P. Garanita quasi par toutes les lettres et de tout le bien qu'il fait ; mais je ne sais si vous m’avez mandé de quel Ordre il est. Quoi que ce soit, je ne puis que louer Dieu de la grâce qu’il vous fait, comme aussi de celle que vous a faite ce bon prélat qui fait cette académie d’ecclésiastiques. Je prie Notre-Seigneur qu’il verse ses bénédictions sur eux de plus en plus.

Jésus ! Monsieur, que je suis consolé du mémorial que vous avez présenté pour avoir la faculté de travailler, et des indulgences pour la Compagnie ! Je vous prie de me l’envoyer dès que vous l’aurez obtenu. O Monsieur, que je sens tendrement la grâce que vous a faite en cela Monseigneur le cardinal Bagni et que je prie Dieu de bon cœur qu’il le conserve longues années ! Je vous dirai deux choses de lui : l’une, que je n'ai jamais vu une bonté plus rapportante à celle du bienheureux

François de Sales, évêque de Genève, que la sienne ; l’autre, que je garde son portrait fort chèrement ; et n’en ai point d’autre que le sien et celui de notre bienheureux prélat. Je vous supplie, Monsieur, de l’assurer de mon obéissance, d’avoir soin de votre santé et de m’aider par vos prières pour obtenir miséricorde devant sa divine Majesté pour moi et de lui demander la grâce de mieux vivre pour bien mourir, comme a fait Madame la présidente Goussault, qui a fait un divin usage de la maladie qui a précédé sa mort, qui a été longue et douloureuse, et est morte avec joie et jubilation.

Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

De Paris, ce 12 octobre 1639.

Suscription : A Monsieur Marchand, banquier en cour de Rome, pour rendre, s’il lui plaît, à Monsieur Lebreton, prêtre de la Mission, à Rome.

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