A GUY LASNIER DE VAUX
De Paris^ ce dernier du mois et de Pan 1639.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je ne puis vous remercier assez affectionnément, ni humblement, au gré de Mademoiselle Le Gras et au mien, de la charité la non pareille que vous exercez vers elle et vers ses hiles, je vous en remercie très humblement en la manière que je le puis, Monsieur, et prie Notre-Seigneur, pour l’amour duquel vous faites tout cela, qu’il soit lui-même votre remercîment et votre récompense, et vous offre tout ce que je puis en la terre pour le ciel et toutes les reconnaissances qui me sont possibles devant Dieu et devant le monde.
La voilà donc tombée malade cette bonne demoiselle. In nomine Domini ! Il faut adorer la sagesse de la Providence divine là dedans. Je ne vous la recommande pas, Monsieur ; votre lettre me fait voir combien elle vous tient au cœur, et c’est ce quelle m’écrit aussi. Je voudrais être en lieu pour vous libérer du soin que votre bonté en a et de la peine quelle en prend. Notre-Seigneur veut ajouter le fleuron de ce mérite à la couronne que Notre- Seigneur va vous façonnant.
Je lui écris un mot. je vous supplie, Monsieur, de lui envoyer ma lettre et de me regarder comme une personne que Notre-Seigneur vous a donnée et qui est, en son amour et celui de sa sainte Mère, votre très humble et très obéissant serviteur.
Vincent Depaul.
Lettre 418. — Lettre publiée dans la Revue de V Anjou, 1854, t. I, p. 21 1, sur l’original, qui était alors à l’Hôtel-Dieu d’Angers.