‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 71 sur 500 · A UNE DAME · texte numérisé non relu

A UNE DAME

ierjuillet i63o.

Madame,

La grâce de Notre- Seigneur soit avec vous pour jamais !

Depuis hier que je vous fis réponse à votre dernière, il m’est ressouvenu que je ne vous ai point répondu à l’avis que vous me faites l’honneur de me demander, si vous devez recevoir au nombre des sœurs de la Charité et à la place de feu Madame Brunei, une sienne parente. Or, je vous dirai, Madame, que la défunte l’ayant nommée et présentée avant mourir, et elle ayant les qualités requises à faire ce bon œuvre, que je pense que vous ferez bien de la recevoir, voire même quand la défunte ne l’aurait pas nommée. Mais je pense bien qu’il est expédient que vous avertissiez les sœurs qu’elles se ressouviennent de nommer quelqu’une en leur place quand il plaira à Dieu de vouloir disposer d’elles, pource que c’est l’unique moyen de perpétuer cette sainte confrérie. Je vous supplie, Madame, d’y tenir la main et de leur bien inculquer cela et de saluer ces bonnes sœurs de la Charité et votre procureur de ma part et d’assurer Monsieur votre mari que je suis et serai toute ma vie à lui et à vous, en l’amour de Notre-Seigneur, Madame, votre très humble serviteur.

Vincent Depaul.

Lettre 52. — Reg. i, f° 8 v°. Le copiste note que l’original était en entier de l’écriture de saint Vincent.

[Vers i63o2.]

Déchargez votre esprit de tout ce qui vous fait peine , Dieu en aura soin. Vous ne sauriez vous empresser en cela sans contrister (pour ainsi dire) le cœur de Dieu, parce qu’il voit que vous ne l’honorez pas assez par la sainte confiance. Fiez-vous à lui, je vous en supplie, et vous aurez l’accomplissement de ce que votre cœur désire 3. Je vous le dis derechef, rejetez toutes ces pensées de défiance que vous permettez quelquefois à votre esprit. Et pourquoi votre âme ne serait-elle pas pleine de confiance, puisqu’elle est la chère hile de Notre-Seigneur par sa miséricorde ?

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