‹ CorrespondanceChapitre 55 sur 224 · A MADAME LA COMTESSE FERNANDA RICCINl · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE FERNANDA RICCINl

Juilly, 14 janvier 1831.

Je suis, madame, très-touché de votre souvenir et des nouvelles marques de bonté qui l'accompagnent. Croyez qu'au milieu de cette espèce de chaos d'affaires dans lequel je suis plongé, avec des forces qui succombent à tant de travaux divers, votre pensée m'est souvent présente, et qu'en particulier au commencement de cette année nouvelle, j'ai formé des vœux bien ardents pour vous, madame, et pour toutes les personnes qui vous sont chères. Veuillez offrir l'expression de ces vœux à M. le comte Riccini, à M. le prince de Canosa, et à M. l'abbé Baraldi, à qui je devais écrire directement; mais il excusera un malade, et un malade embarrassé dans une grande multiplicité de devoirs.

Quelque doux qu'il me fût de vous voir, madame, je songe moins que jamais à m'éloigner de la France ; non certes que je m'y promette du repos, mais, au contraire, parce que le prêtre y est appelé à soutenir un grand combat et à remplir une magnifique mission. Il est temps qu'on reconnaisse la

* « ...A l'égard des Associations catholiques, Toulouse, loin d'avoir, comme elle le devrait, donné l'exemple, aura bien de la peine à se traîner derrière ceux qui l'ont suivi. Cette ville a une physionomie particulière. On se mêla fort peu. Chacun vit chez soi. Ensuite on « fait des vœux. » On affirme qu' « on se montrera. i> L'Avenir a ici des partisans et de nombreux adversaires : particulièrement ceux qui lisent la mort de la Religion dans celle du budget ecclésiastique, les prêtres tous les premiers. On a beau souffler, on ne peut ranimer ces ossements... » — M. de Coriolis à Lamennais. Toulouse, 12 décembre 1830.

main de Dieu dans les événements qui changent aujourd'hui la face du monde, et qu'à travers les désordres inévitables aux époques de transition, on pénètre, en quelque sorte, jusqu'au principe longtemps caché de ce mouvement extraordinaire, qui n'est autre chose que la réaction du catholicisme contre la force brute, et une manifeste intervention de la Providence pour sauver le monde en affranchissant l'ÉgUse. Cela deviendra chaque jour plus visible, et les préjugés qui empêchent de le voir sont une des causes qui retardent le plus le triomphe de l'ordre ou du christianisme; mais, je le répète, la lumière se fera, et nous devons attendre avec patience les moments de Dieu.

Recevez de nouveau, madame, l'assurance de mes tendres et respectueux sentiments.

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