EMMEBY, MAIRE DE DUNKERQUE, AU GENERAL PASCAL-KERENVEVER
La lettre qui vous a été adressée cette nuit est une invitation à rendre la «lie pour lui éviter les horreurs de la guerre , dès que les Anglais se présenteront.
''' L'ciierjjiquo réponse du jjénéial Pascal-Keronvpyor lui valut, non soulcnieiit les félicitations dos romiiiissaires et de la Convention, mais encore celles du dcpartcraent du Fiiiisière, son pays d'origine. (Cf. lettre des administrateurs du conseil général de ce département au général Pascal, en date de Quimper, 3 mai 1798, aux archives de la guerre, armée du Nord.) — Le district de Bergues transmit au conseil général du Nord la sonnnalioii et la réponse. On lit à ce sujet dans le Bullelin dv rniiseil
général du Nord, séance du 96 avril 1793 ( Arcli. nat. , F '' ni 7 ) : (rL'adniiuistration a écrit au Comité de salut public pour lui faire ])art de cette dépêche ; elle a engagé le district à soutenir les efforts et le courage de la ville de Dunkerque. On ne peut douter qu'à l'exemple de Lille elle ne mérite bien de la patrie. L'administration se dispose à la seconder de tout son pouvoir; elle a recommandé à cet ell'et au district d'avoir soin de lui faire part do tous les événements. 1
[■2h AVRIL 1793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. ih'ô
La copie de cette lettre en anglais est adressée ouverte h trois pai-ticuliers anglais de celte ville, pour la communiquer aux habitants; elles sont en mes mains. Je prendrai les ordres de la municipalité que j'assemble dans inie heure.
Cette lettre nous a été portée par un pêcheur dunkerquois, qu'une caiclie anglaise a pris le 93, qu'on envoie en parlementaire pour s'assurer d'une réponse. Un cutter sera au large ce matin pour la recevoir et a gardé le fils du maître pêcheur en otage '''.
Votre réponse, je ia connais déjà : ce sera celle d'im général répubhcain qui a son honneur et celui de cette ville à garder comme à déléndre.
Au rapport du maître pêcheur qui est ici , des forces sont arrivées à Ostende et il a vu débarquer 700 hommes. On lui a insinué qu'il y avait ou qu'il y aurait bientôt 7,000 hommes. Sept frégates sont dans le port, leur artillerie borde les remparts. Votre adjoint Guitton '■' vous remettra la présente avec la traduction de celle que vous avez reçue.
Je crois que dans tout ceci il y a beaucoup de jactance de la part de nos ennemis; le moment cependant paraît prochain de se mettre en mesure. Je compte sur vous, général, et ne doutez pas de mon empressement à vous seconder'''.
Le maire de Dunicerque , Emmery.
(Impr. , Arcb. de la guerre, armée du Nord, à la date du 96 avril I7g3.)
"' Le p^chpur Charles Koyscr, commandant du navire le» Trou /rires (qiie l'oiric ior anglais nomme le» Troi» »œiir»), se présenta, le a 4 avril 1793, vers minuit, devant les olTiciers municipaux et notables de Dunkerque, qui étaient en permanence à la maison commune. Il leur raconta qu'il avait été pris par un cutter anglais le 99 à g heures du matin et conduit à Ostende; que le 9 6 au matin le commandant anglais l'avait fait venir et l'avait autorisé à retourner à Dunkerque, à condition de laisser son fils en otage et de se charger de remettre quatre lettres, destinées, l'une au général commandant Dunkerque, et les trois autres aux citoyens Buliliers, Rrown et Charweck, anglais. Il donna ensuite des renseignements sur les forces anglaises à Ostende. (Cf. proccs-verhal de la municipalité de Dunkerque, publié par MM. Ter-
quem et Jules Finot dans La defeiue nationale dan» le i\ord, II, /i3.)
(SI Pierre-Georges-JIarie Guitton, né à Dunkerque le 97 mars 1769, fils d'un directeur des postes, chasseur dans la garde nationale de Dunkerque le 19 juillet 1789 , capitaine en décembre suivant , cavalier dans la compagnie de cavalerie en août 1791, sous-licutenanl au 1 0' de cavalerie le i" décembre 1799, adjoint aux adjudants généraux le .5 janvier 1798, adjudant général envoyé à Cassel le 97 juin 1793, aide de camp des généraux Ernouf et Charbonié, commissaire des guerres le 8 prairial an u (97 mai 179'! )• " savait le flamand et le hollandais. (Cf. Arch. nat. , AF n 347.)
(^' Le 95 avril la municipalité de Dunkerque expulsa de la ville tous les Anglais qui y élîiient domiciliés. (Cf. arrêté pulilié par MM. Terquem et Jules Finot, iWem, II, 44.)
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aS avril 1798.]
DOUAI, 2 II AVRIL i']()^- CARNOT ET DCQUESNOY ASSISTENT AUX FUNe'rAILLES