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suppression des octrois, dont ])arlie était destinée aux besoins de nos pauvres. Notre commune a dû faire des avances considéral)les; elle ne les a laites que par des emprunts. Ces avances, portant 907,000 francs, sont approuvées par des arrêtés du district et du département , qui en sollicitent comme nous le remboursement h valoir et retirer sur la vente prochaine des i)iens de notre hôpital. Le ministre de l'intérieur en a reconnu la justice, mais a dit ne pas être autoris(! à prendre celte somme de 907,000 francs sur les fonds destinés au secours des hôpitaux, de sorte quajirès avoir puisé dans toutes les caisses pour aider à ces avances, nous touchons au moment de manquer à nos engagements et h n'avoir aucunes ressources pour secourir 9,000 j)auvres, tant enfants malades qu'infirmes. Ajoutez à cela , citoyens représentants , que le général nous recommande d'approvisionner notre ville pour trois mois et que notre situation exige et exigera plus que jamais des dépenses extraordinaires auxquels nos revenus presque nuls ne peuvent subvenir.
Nous réclamons donc de la justice de la Convention : 1° que les avances des 907,000 francs faites par notre commune pour l'hôpital lui soient remboursées par la Nation, à charge d'en tenir compte sur le produit de la vente prochaine des biens de son hô[)ital: 9° qu'il nous soit accordé, en raison de notre position et des circonstances actuelles, une somme de 3oo,ooo francs pour subvenir aux approvisionnements de la place et aux dépenses extraordinaires que sa défense et les mesures de sûreté à prendre pourront exiger, de l'eTuploi de lacpielle somme nous rendrons compte au ministre de l'intérieur'''.
Ces demandes doivent èti-e accueillies; l'une est l'avance d'une somme due à la commune et pour laquelle elle indique des sûretés a la nation; l'autre est un secours indispensable dans les circonstances et (jui tient h la défense d'une ville importante et jilacée à l'extrême frontière de la République. Il est impossible de croire que les représentants balancent un instant de déférer à des réclamations aussi fondées.
Emmery, maire, Am. Mokel, Dlbier, L. de Baecqle '"', Mazuel, J.-B. Le Roy, Bremaert, Jacaiîd, Lefebvre, Peychiers.
En marge on lit cette annotation autographe de Garnot :
La municipalité de Dunkcrque est dans la plus extrême pénurie: il
'" Le Comité de salut puUic répondil en ces termes à la municipalité de Dunkcrque (Orig. , Arch. mun. de Dunkcrque, A 33, pièce n° â) :
wPoris, le a'i mai 1798, Tac 11 de la Rcpubli<iue.
«Les ri^résentants du peuple membrfs du Comité de salut public mur maire et officiers municipaux de Dunkerque.
tt Citoyens, trNous avons reçu votre lettre du 5 de
ce mois relative à l'avance que vous de-
mandez d'une somme de 3oo,ooo livres.
Cette demande de fonds étant du ressort du comité des fuiances, nous la lui avons renvoyée.
ffLe» membres du Comité de salut public, chargés de la correspondance,
nCAlUBON FILS AI>É, BnÉARD, R. LiNDET.n
(*' Louis-Marie De Baecque, né à Dunkcrque le 5 mars 17Ô0, négociant, député du Nord au Conseil des Cinq-Cents le 2 3 germinal an v (19 avril 1797).
serait important dans ces circonstances critiques d'attacher cette ville à la France par des bienfaits. La demande ci-jointe est d'ailleurs de toute justice.
i" mai 1793, l'an n de la République.