‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 178 sur 388 · UUNKERQUE, 9 MAI IJ^'i · texte numérisé non relu

UUNKERQUE, 9 MAI IJ^'i

CARKOT ET DCQDESNOY AU COMITÉ DE SALL'T PI/BLIC.

Dunkorque, le 9 mai 1793, l'an 11 de la République.

LES nEPHESEXTAfiTS DE LÀ flATlOX , DÉPUTÉS DE Là COyVEffTIOX NÀTIOXALE AVI ÀRMÉES DV KOIID ET DES ÀRDEM/ES.

Citoyens nos collègues.

Nous vous avons fait part des difficultés qu'éprouvait le recrutement dans la ville de Saint-Omer. 11 paraît que les réclamants se sont adressés au ministre de l'intérieur, qui leur a donné un avis favorable, ainsi qu'à ceux de la ville d'Aire. Quoique ces avis ne soient pas des décisions, ils en produisent l'effet, parce qu'ils servent d'autorisation pour se refuser à l'exécution de la loi et des arrêtés, soit des corps administratifs, soit des représentants du peuple. Leur mollesse affaiblit l'énergie dont on a besoin dans ce moment et rappelle chaque individu au calcul de ses droits, dans un moment où il faudrait que chacun pût les oublier pour ne penser qu'au salut de la chose publique. C'est donner un exemple [)ernicieux pour les autres communes qui se croient également fondées à réclamer, et le désordre peut s'ensuivre. Nous vous prions, citoyens collègues, de preadre ces remarques en considération''*.

'■' Le Comité de salut pulilic répondit la lettre suivante aux commissaires (Minute sans date, Arcli. nat. , AF ii 238, n° 79) :

itNous faisons part, citoyens collègues, au ministre de l'inléiieur des plaintes que vous nous adressez sur les réponses qu'il a faites aux réclamations dos villes d'Aire et de Saint-Omer sur le recrutement , et nous t'engageons à n'eu plus faire de send)lal)les sans l'avis du Conseil exécutif et sans le nôtre. Pour seconder vos >ucs, nous faisons imprimer votre instruction pour l'envoyer aux armées avec une circulaire que noas y joignons. Quant à l'explication que Vous nous demandez sur la loi qui accorde des secours aux familles dont les individus périssent dans les comliats au service de la Répuldique, il n'y a pas de doute que

ces familles doivent jouir de l'avantage de la loi. Ainsi vous pouvez écouter favorablement les réclamations qu'on vous fera à ce sujet, n

Ka même temps le Comité écrivait au ministre de l'intérieur Garât la lettre suivante (Minute sans date, Arcli. nat., AF 11 i!38, n" 73) :

rr Nos collègues, représentants du peuple près l'armée du .Nord, se plaignent, citoyen ministre, des obstacles que vo.i réponses aux réclamations des villes d'Aire et de Saint-Omer ont apportés au recrutement, il paiait que ces villes s'en sont autorisées ■pour ne pas exécuter la loi , ni se rendre aux remontrances des corps administratifs ou des représentants du peuple. Vous devez juger de l'effet dangereux que peut pro-

222 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARiNOT. [9 mai 1798.]

Des renseignements, que nous tenons pour sûrs, nous apprennent qu'il n'y a à Ostende que 1,200 hommes, dont 5 00 de cavalerie. Celte garnison est anglaise et tient les habitants dans un état de soumission et de crainte le plus absolu. Les Prussiens commandent également en maîtres à Nieuport et les Hollandais à Furnes, de sorte que les ordres de l'Empereur y sont les moins respectés de tous. On assure au reste qu'il règne beaucoup de mésintelligence entre les troupes de ces diverses nations.

Nous interdisons, avec toute la sévérité possible, la communication de ces troupes avec les nôtres. Nos principes à l'égard de la communication avec les ennemis vous sont assez connus.

Nous sommes de plus en plus convaincus qu'il est urgent d'éloigner les Belges de cette frontière et de les envoyer à l'armée des Alpes ou à celle des Pyrénées. Ces corps renferment une multitude de traîtres et de dilapidateurs.

La légion du Nord, commandée par Westermann, continue à donner des preuves d'incivisme, ce qui ne fait pas l'éloge de ce commandant. Il paraît qu'elle contient beaucoup d'officiers nommés par Dumouriez. Il faudrait presser le ministre de la guerre d'exécuter la loi rendue à cet égard. En attendant, nous avons fait disperser cette légion par petites portions pour rompre ses combinaisons et disperser ses forces, qui sont considérables et qui pourraient être fort dangereuses réunies '''.

La revue extraordinaire est un ouvrage difficile et long. Nous avons fait une instruction pour en faciliter l'exécution, mais il faudrait au moins que les quartiers-maîtres et chefs de corps sussent lire et écrire pour exécuter les lois. Si vous faites des changements au mode d'élec-

duire un pareil exemple, s'il n'était arrêté dans sa source. Nous vous engageons donc à nous communiquer ces réponses , afin que nous puissions, de concert avec vous, réparer le mal qu'elles ont pu occasionner.» '■' Le Comité de salut public s'était, dans sa séance du a mai 1798, occupé de la légion de Westermann. Après avoir écouté un rapport de celui-ci sur le courage et le civisme de sa légion, la discipline qu'il a établie et fait obierver dans ce corps, le Comité avait ordonné trquo le ministre de la

guerre donnera sur-le-champ l'ordre à la légion du Nord de se rendre tout entière à grandes journées dans l'armée de réserve destinée à combattre et dissiper les rebelle» des départements de l'Ouest.» (Cf. Aulard, III, 563.) — Westermann, qui avait été décrété d'accusation dès le 2 avril 1798 comme complice de Dumouriez, se justifia et obtint, le A mai suivant, de la Convention un décret portant qu'il n'y avait pas lieu à inculpation contre lui. (Cf. Moniteur^ XVI, 806.)

tion des officiers, nous vous invitons à faire un article qui exclura des places d'officiers et de sous -officiers à l'avenir toute personne qui ne saura pas lire et écrire et compter. Ce seul article remédierait à presque tous les abus, parce qu'il exige des connaissances qui supposent une certaine éducation.

Dans la loi du h mai , l'article g accorde des secours aux familles dont les individus périront dans les combats, mais il n'y est pas parlé de ceux qui ont péri dans la dernière campagne. Cependant il y aurait beaucoup d'injustice de laisser sans secours les veuves et les enfants de ceux qui y sont morts, et nous pensons que l'article est applicable aux uns comme aux autres. Cependant il faut une explication; nous vous la demandons avec instance, car nous avons déjà reçu des réclamations à ce sujet. Il faut aussi comprendre dans le nombre des tués non seulement ceux qui sont morts sur le champ de bataille, mais aussi ceux qui ont péri dans le cours de la campagne'".

DoQUESNOY, L. CaRNOT.

(Orig. aiil. dft Duquesnoy, Areh. nat. , AF ii a38, n* 74.)

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