‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 188 sur 388 · L. CaRNOT, Dt'QCESNOï · texte numérisé non relu

L. CaRNOT, Dt'QCESNOï

(Orig. sut. de Carnot, Arcb. nal. , AF ii 55, i85, n° i.)

119. DINKERQUE, la MAI ijf)^- CARNOT ET DUQliESNOY AU COMITÉ DE SALIT PUBLIC.

Dunkerque, le ts mai 1793, l'an 11 de la République.

LES HEPRBSEXTANTS DE LA .ViT/OiV,

DÉPUTÉS DE LA COSrBXTiOlt SATIOXALt AUX ARMEES DU ItORO ,

AUX REPBÉSEXTAXTS DE LA XATIOX COMPOSAXT LE COMITÉ DE SALIT PIBLIC.

Citoyens nos collègues,

Nous ne pouvons vous dissimuler (jue les dénonciations contre le général Pascal se multiplient; nous ne pouvons vous dissimuler que, malgré les soins et la vigilance qu'il s'iifTorce de montrer, il ne peut parvenir à se concilier la confiance de la majeure partie des citoyens. Nous craignons de faire une injustice en le suspendant de ses fonctions et nous voyons le danger de le laisser ici; nous pensons que le trait de civisme et de fermeté auquel a donné lieu la sommation faite à la ville de Dunkerque par le commodore Cléments, pourrait lui attirer ailleurs qu'ici la confiance nécessaire à un commandant, pour opérer avec succès. Nous avons cru devoir vous envoyer deux des principales

232 COUHESPONDANCE GENEIIALE DE CARiNOT. [la mai 1793.]

dénonciiilions qui nous ont été faites contre lui'". Dans le cas où vous jugeriez à propos fie le ciianger, nous avons ici le général Ricliardot, qui est très aimé et qui paraît réunir toutes les qualités désirables; nous vous prions donc de le lui substituer.

Nous ne cesserons donc, citoyens, de vous demander des culottes tant que nous n'en aurons point. 11 y a des bataillons presque entiers (jui n'en ont point dans toute la force du terme, pas même des lambeaux, et qui ne peuvent faire aucun service. Envoyez-nous donc quelques effets des plus nécessaires et faites une loi pour ordonner que tout effet délivré à un soldat soit estampillé et que, pour en obtenir un

>" Les dénonciations «nvoyccs par Dn- «inesiioy poilèrenl leur fruil. Le ministre de la ([ucrre manda le général Pascul-Kerenveyer à Paris par la lettre suivante adressée, le 30 mai 1 798, au général Lainareho (Minute aut. de Boucliotlo, Arcli. de la guerre, armée du Nord et des Ardennes) :

n Vous voudrez bi mi , général , au reçu de la présente, envoyer l'ordre et par un courrier spécial au général Kerenveyor, à Diniker([u ■, de se rendre à Paris pour rendre compte de sa conduite au Comité de salut publi; et au Conseil exécutif provisoire. Le général liicliardot sera celui qui le remplacera; je vous prie de le lui faire savoir sans délai. Je dois vous observer que vous avez le droit do suspendre les olllriers qui, comme Cliampmorin, ne remplissent pas leur devoir. Si vous 1^ suspendez, envoyezle rendre compte de sa conduite au (Conseil exécutif. 1

Le 2(5 mai le général Lamarcbe transmit cet ordre au général Pascal - Kerenveycr (Orig., Arcli. de la guerre, ut siiprà), qui partit le lendemain en laissant le commandement de Dunkerque au colonel La Rocbe. .Avant de partir, Pascal-Kerenveyer écrivit la lettre suivante au général O'Moran (Orig. aut., Arch. nal., AF ii 55, n" aCo) :

tOunkprqiio , ie 37 mai 1793.

tt Général,

trj'ai reçu ce matin ordre du générai en clief des armées du Nord et des Ardennes, le citoyen Lamarcbe, de me rendre sur-lechamp à Paris pour y rendre compte de

ma conduite au Comité de salut public et au Conseil exécutif provisoire. Aussitôt j'ai remis au colonel Li Rocbe le commandement de ma petite armée par un acte ([ui lui enjoint de vous présenter la patente pour que vous la conlirmiez ou infirmiez. Je suis fiicbc, très aimable générai, que votre aiiscnce me prive de l'honneur de prendre congé de vous. Je pars aujourd'hui pour l'aris, j'espère que vous voudrez bien rendre justice à ma manière de servir et m'adresser à Paris, grand hôtel de Marseille, rue des Vieux- Augustins , chez Valentin où je descendrai en y arrivant. Je laisse ce billet sur votre bureau.

«Le jfénéral de brigade,

ttPASCAL-KERESVEÏEB.î!

Le Comité de salut public examina l'affaire et transmit, le 5 juin 1798, au Comité de sûreté générale les pièces relatives au général. «Nous vous prions de vous assurer si vous n'avez aucune plainte contre lui dans vos cartons, car nous n'apercevons pas dans les deux dénonciations qui nous sont envoyées rien qui nécessite son déplacement.» ( Lettre signée par (iambon, Arch. nat. , AF 11 aSa, n° 967.) Le même jour le Comité de sûreté générale déclara qu'il n'avait aucune dénonciation contre le gé' nérai Pascal et chargea Ingrand d'aller conférer avec le Comité de salut public sur les mesures à prendre (Orig., Arch. nat., AF II 989, n" 968.) En conséquence, ic général Pas-ai-Kerenveyer vint reprendre son poste à Dunkerque.

[i2 MAI 1798.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 233

aiilre, il soit obligé de représenter les restes du premier avec sa marque, et que, dans le cas oîi il ne le ferait pas, il serait mis en prison jusqu'à ce que la retenue de son prêt forme une somme suffisante pour payer l'effet perdu ou dilapidé, le tout sous la responsabilité des chefs. Le dénuement de nos troupes est d'autant plus fâcheux qu'il tombe précisément sur les soldats qui ont fait campagne, tandis que les nouvelles recrues sont brillantes; c'est une sorte d'injustice qui est faite pour inspirer tout le dégoût possible.

Une négligence du ministre de ia guerre est sur le point d'occasionner dans toutes nos troupes le plus terriljle désordre. La loi du a /i février met à hi même solde toute l'infanterie française, mais un décret du 1 G mars subordonne l'exécution de cette loi à une instruction qu'elle charge le ministre de la guerre de faire rédiger sur le règlement des masses avant le i5 avril. Or ce règlement n'est point fait encore, et les réclamations des troupes de ligne sont d'autant plus pressantes et inquiétantes que quelques régiments ont obtenu et que les autres ont été refusés. Il faut des règles uniformes ou la division se met bien vile dans l'armée. Nous vous prions donc, chers collègues, de faire rédiger sans délai par le pouvoir exécutif ce règlement sur les masses, si longtemps attendu et qui est l'affaire d'un moment.

Nous vous envovons un mémoire de la 3 A' division de la gendarmerie nationale qui mérite votre attention.

Nous avons prononcé la destitution d'un nommé Morlagne, marchand d'argent, devenu officier au 8' bataillon des fédérés, et qui soulevait les volontaires en leur persuadant de refuser les assignats'".

Ddquesnoy.

P. S. Mon collègue n'a pu signer cette lettre; il est à faire passer la revue dans les cantonnements sous Dunkeripie'-'.

(Orig. aut. , Arcb. nat., A F il aSs, n° nGC.)

'" Cf. ic telle de cel arrilé à la dalc du «Nous avons reçu, citoyens colloijues,

I 1 mai 1793, p. a3i. votre lettre du la mai datée de Dunkerqiie

"' On lit en tète de celle lettre : wReçu et, sur vos observations, nous allons prêle 1/1 mai. Heg. n° h-jh.n — Le Comité senler à la Convention nationale un projet de salut public répondit , le i A mai à Camol de décret pour an éler les dilapidations que et à Duquesnoy (Minute, Arch. nat., AF les soldats font dans leur liabilicmenl. Nous

II 289) : écrivons au ministre de la guerre el nous le

234 COHRESPONDAJNCE GÉNÉRALE DE CAUNOT. [iSMuiygS.l

Page 1