‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 227 sur 388 · LE COMITÉ DE SALUT PVBLIC · texte numérisé non relu

LE COMITÉ DE SALUT PVBLIC

En arrivant ici, chers collègues, j'apprends qu'on a aperçu aujourd'hui de la tour de Dunkerque a 5 vaisseaux faisant voile vers Ostende.

Vous savez ([uc nos g(5n('raux, trompés par leurs espions, nous avaient fait renoncer à une expédition que nous projetions depuis très longtemps et qui probahlement aurait eu un plein succès.

Je vous ai prévenu des difficultés qu'(''prouve à Saint-Omer la levée du contingent; vous avez écrit à ce sujet à la municipalité de cette ville une lettre qui n'a pas produit l'elfet que vous aviez droit de vous en promettre. Aujourd'hui le rapport m'en a été fait et j'ai pris le parti de re([uérir l'arrestation de deux des principaux agitateurs, d'autant plus dangereux qu'ils savent flatter leurs concitoyens et que l'un d'eux surtout (Vallé) ne manipie point de talents î''.

Le ministre de l'intérieur mérite de votre part la plus verte des semonces à ce sujet '-'. Consulté par les jeunes gens de Saint-Omer, qui lui ont dit qu'ils avaient déjà fourni 1,900 hommes, il est parti de là pour écrire aux administrateurs du département une lettre qui a bouleversé toutes les têtes. Les jeunes gens ont fait publier et afficher cette lettre avec une profusion et une parade des plus indécentes, et cependant, lorsqu'il a été question de vérifier le fait qui lui sert de base, il s'est trouvé qu'au lieu de 1,900 hommes qu'ils disaient avoir fournis, il n'y en a pas 4 00. Il en résulte que presque tout le district de Saint- Omer, s'autorisant de cette pitoyable lettre, ne veut point fournir de contingent. Je vous envoie le procès-verbal des réquisitions que j'ai cru devoir faire à cette occasion aux administrateurs du district de Saint- Omer.

Je vous rappelle, chers collègues, que les fournitures d'habillement, de vin, de viandes salées, de légumes secs et de tout ce qui vient du

'" Carnot autorisa, le 3 juin suivani , <^' Le ministre de l'intérieur était alors

la mise en liberté des ciloyens Vallé cl Dominique- Josepb Garât. Cf. la lettre que

Toulolle, doni les administrateurs du l'as- le Comité de salut public lui adressa à ce

de-Calais ccrtiliaient le patriotisme. sujet, page aai.

a8 siAi 1793.]

pouvoir exécutif, sont de la plus mauvaise qualité. Je vous assure que, pour la promptitude, l'économie et la bonté des fournitures de toutes espèces, il n'y a que les corps administratifs sur lesquels on puisse compter. Les subsistances et fourrages affluent, depuis que les fournisseurs du Conseil exécutif ne s'en mêlent plus*^'.

(Orig. aut. , Arch. iiat. , AFn 147, n° nli.)

IMl. BERGUES, 28 MAI 1798. CARNOT À JEAN-FRANÇOIS DELACROIX '"■''.

Bergucs, la 28 mai 179'i, l'an 11 de la République-.

Je reçois à l'instant, cher collègue, la lettre que vous m'avez écrite le 2 3 de ce mois sur le reproche qui vous a été fait d'avoir ménagé l'infâme Dumouriez '^'.

J'ignore ce que vous auriez pu faire avant notre réunion à Lille; tout ce que je puis assurer, c'est qu'à Lille vous nous proposâtes des mesures qui, je vous l'avoue, me parurent, ainsi qu'à la majorité de nos collègues, plus vigoureuses que prudentes. Je suis parfaitement convaincu que, si nous eussions suivi vos conseils, nous eussions tous éprouvé le sort de ceux qui ont été accompagnés par Beurnonville, mais je vous dois la justice de dire que vous n'avez cessé de nous confirmer dans l'opinion, où nous étions généralement, que Dumouriez était un traître et qu'il fallait tâcher de s'assurer de sa personne. Au surplus, les arrêtés que nous avons pris en commun ont été imprimés dans les journaux et doivent vous servir de justification '*'.

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