‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 233 sur 388 · ARTILLERIE · texte numérisé non relu

ARTILLERIE

Pièces de 8 2

Pièces de /i 16

Nombre des pièces 18

Je vous envoie, mon génf'ral, l'état des troupes qui ont marché hier h l'expédition de Furiies. Le plus grand nombre se sont bien conduits au feu, mais les excès auxquels ils [se] sont livrés on tout genre, ce qui nous a empêché de marcher sur Nieuport et Ostende, m'ont désespéré. J'en suis malade, j'ai la fièvre et, suivant toute ajiparence, je serai forcé de quitter mon poste pour aller à Dunkerque ou ailleurs pour songer à rétablir ma santé '''.

Je suis avec resjiect.

Le général de brigade ,

RiCIIARDOT.

(Orig. , Arch. nat., AF ii 55, i85, n° lai.)

1/16. BEBGUES, 3l MAI IYQS.

CAnNOT KT DUQUESNOY À LA CONVENTION NATIONALE.

Berd'ues, le 3i mai 1798, l'an 11 de la République.

LES ItEPsésEXIAMS DV PEUPLE, EM'OïÉS PRES L'ARUÈe DV NORD, À LA COWESTIOfl NATIONALE.

Citoyens nos collègues,

Nous nous hâtons de vous annoncer que la ville de Furncs vient d'être enlevée de vive force aux ennemis par les troupes qui composent

<'' On lit en tèlc de la nmiii de Ricliardol : ttl<"ail dans la nuit du 3o au 3i mai.n

[3i MM 179.1] MISSION DANS LES DEPARTEMENTS DU NOItD. 295

la première division de l'armée du Nord. Deux colonnes, l'une d'environ a,5oo hommes, partie de Cassel et commandée par le général Stcltcnhoffen, l'autre d'environ i,5oo hommes, parlant du camp de Gliyvelde sous Dunkerque et commandée par le général Rlchardot, se sont rendues aujourd'hui 3 1 mai, conformément aux ordres du général de division O'Moran, à 6 heures du matin, devant la ville de Furnes, défendue par environ 1,300 hommes d'infanterie, 60 dragons et ho husssards. Cette ville était fortement retranchée et ses avenues étaient dilïiciles, parce que le pays est très coupé, que les ennemis avaient rompu tous les ponts et emhusqué partout des tirailleurs; le feu a duré environ deux heures et demie, avec une extrême vivacité. Les ennemis ont enfin cédé à la bravoure française. Ils se sont retirés précipitamment et ont écha])|)é, à la faveur du canal de Nieuport qui les couvrait. Nous avons fait neuf prisonniers et pris onze chevaux et les magasins. Dix de nos soldats ont été blessés, mais presque tous assez légèrement pour revenir au combat, après s'être fait panser. Les représentants du peuple étaient partis de Bergues avec la colonne qui venait de Cassel, et ils ont eu le bonheur de participer à cette honorable journée.

Nos troupes, quoique harassées, voulaient marcher à l'instant sur Nieuport, et les généraux, cédant à leur ardeur, avaient déjà conduit l'année à plus d'une lieue en avant de Furnes; mais ils ont bientôt observé que beaucoup de soldats tombaient de lassitude, qu'ils ne pouvaient plus conserver leurs rangs et que les munitions étaient épuisées; en conséquence, ils sont rentrés à Furnes, où ils ont laissé une forte garnison, et le reste est revenu au camp de Ghyvelde.

Nous ne vous dissimulons pas qu'il y a eu quelque pillage. Nous avons fait restituer tout ce que nous avons pu d'effets volés et punir les plus coupables'".

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