‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 353 sur 388 · LE GÉNÉRAL RICIIARDOT AU GÉNÉRAL O'MORAN · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL RICIIARDOT AU GÉNÉRAL O'MORAN

Ghyvcidc, le 3o juillet 1793, l'an 11 de la République française.

Mon général.

D'après voire agrément, j'irai m' établir le 1 " du mois à Duukerque où, d'après tout ce que vous me marquez de faire, je n'aurai guère de repos, car certainement on viendra m'pxcdder pour des riens, comme on fait ici sans cesse. Nul officier, nul soldat, nul commandant ne veut remuer une paille sans venir me demander si c'est la loi, et si je l'ai ordonné. J'aurais désire un congé, soit de huit, soit de

de Dunkerque, reg. du Conseil générai, fol. 71): (cLe citoyen maire a rendu compte de ia députation dos citoyens Mazuet et De Baecque vers le citoyen Carnot relalivcment au transport pour Lille d'une partie de grain de l'approvisionnement et à ia suspension des fabriques d'amidon , et que iesdits députés ont rapporté que le citoyen Carnot, après avoir vu l'étal des blés existant en cette ville, avait conseillé de ne

pas s'opposer au départ de ceux demandés pour Lille, attendu qu'il ne se trouvait pas une ville du département qui en avait une aussi grande quantité que Dunkerque; et quant aux fabriques d'amidon qu'il ne consentirait pas à leur suspension, d'autant qu'elles procurent du travail à une quantité considérable d'ouvriers.»

''• Une letlre du citoyen Morel précède cet arrête de Carnol.

[3o jiiL. 1793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 427

quinze jours, pour ne m'occuper que du rélnblissement de ma sanlé ruiiiëe et être dégage de toute espèce de soins.

Je vous envoie une lettre des officiers de i 'avant-garde. Je leur ai fait part que j'allais vous l'envoyer. Leur demande me paraît même juste. Il est d'autant plus instant que vous la leur accordiez que ce bataillon, qui sert bien, est au moment de voir régner la désunion par la jalousie de quelques officiers. II vous serait aisé de leur donner un lieutenant-colonel du 16' régiment; il y en a deux h Dunkerquc, et il n'y a que 60 liommes au dépôt. J'ai écrit au capitaine Micliel, commandant l'avant-garde, et aux officiers de ne porter que l'habit national, lis doivent se trouver honorés de porter cet uniforme ; moi je leur en ai donné l'exemple. Je vous dirai aussi que les commandants de bataillon ne mettent pas du tout d'exactitude h compléter les compagnies de grenadiers en officiers et en grenadiers absents pour diverees raisons, maladies ou autres. On ne le fait pas, quoique je l'aie déjà mis à l'ordre. Ayez la bonté d'en dire un mot dans le vôtre.

Il y a apparence que vous savez que le général Barthel a fait arrêter le lieutenant-colonel Ruffin'''. Je l'ai appris comme nouvelle; personne ne m'en a rendu compte. Je ne puis pas vous donner le moindre rapport sur les cantoiuiemer.ts, puisqu'on ne m'en a fait aucun. Le citoyen Guitton m'a même dit qu'il avait reçu ordre de les adresser à tout autre qu'à moi. Je suis étonné que cela puisse regarder celui d'Hondschoote. Je vous répète que Guitton se perdra à Rexpoède : il y est détesté de tous les environs. Je n'en connais pas la cause, car il me paraît que ce jeune homme fait tout son possible pour remplir ses devoirs.

Si vous le permettez, j'irai occuper un petit trou dans votre logement de Dunkerque, si toutefois cela ne doit pas déranger vos projets. H n'y a ici rien de nouveau; l'ennemi ne se montre qu'en petites découvertes.

Je vous envoie les bulletins; il y a apparence que vous avez reçu l'adresse des représentants du peuple qui a rapport au général Custine. On m'en a envoyé huit; j'en ai envoyé trois à Bergues pour faire afficher. J'ai fait afficher ici les cinq autres. J'ai fait plus, je l'ai mise tout du long à l'ordre.

Je suis avec respect , mon général.

RiCHARDOT.

(Orig.. Arch. nal., AFii55, i8ô, n° 17.)

"' Le lieulenant-colonel Ruffm était accusé d'avoir voulu , le a8 juillet 1798, sur les 3 heures du malin, enlever le drapeau du bataillon et d'avoir malliailc le factionnaire et le caporal qui s'y oj)posaient. Le capitaine Mansuy, de la 3* compagnie du 7' bataillon de la Seine-Inférieure, transmit au général Barlliel la plainte formulée par le caporal. Barlliel envoya le loul au général O'Moran et lit arrêter Rullin (Arch. nat. , AF 11 5.5 , 1 85 , n°' aa à 25. ) O'Moran répondit à Barthel qu'il avait des doutes

sur la véracité de cette singulière plainte. RuITm, sans doute, avait bu et le caporal lui a prèle l'inlenlion de s'emparer du drapeau. Reste le fait d'avoir happé le caporal el le factionnaire. TCela m'étonne d'autant plus de sa part, dit-il, que jusqu'à présent je n'avais reçu que de bons témoignages de sa manière de servir, v Toutefois O'iloran ordonne de faire une prompte enquête.

(Arch. nal., AFu56, reg. du général O'Moran.) Celle-ci fui probablement favorable à Ruihn , qui dc\int plus lard général.

/i28 CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [3i ji il. 1793.]

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