‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 377 sur 388 · CASSEL, 6 AOÛT 1793. ARRÊTÉ DE LE BAS ET DE DUQUESNOV · texte numérisé non relu

CASSEL, 6 AOÛT 1793. ARRÊTÉ DE LE BAS ET DE DUQUESNOV

Cassel , lo 6 août 1793, i'an 11 de la République, une et indivisible. LES nePRKSElVTAKTS DU PEUPLE EXVOÏËS PBÈS L'AItMEE DV XORD.

D'après les bons témoignages qui nous ont été donnés du civisme et des talents militaires du citoyen Jacques Fromentin, premier chef du 1" bataillon de l'Orne, nous lui avons conféré le commandement provisoire des cantonnements sous Bergues.

Le Bas , Doquesnoy.

(Orig., Arch. nat., AFiiaSS, n" 169.)

CASSEL, 1 1 AOÔT I 793.

LE RAS ET DIQUESNOY AU COMITÉ DE SALDT PtIRLIC.

Cassel, Il août 1793, l'an 11 de la I\épiihlique.

LES BEPRSSEXTAUTS DU PEUPLE ENVOTÉS PRÈS DE L'ARMEE DU JVORB AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.

Nous avons mandé, citoyens nos collègues, par notre lettre du 6 de ce mois, l'arrestation par nous ordonnée des généraux O'Moran et Richardol. Nous vous avons aussi mandé que les sceUés avaient été apposés sur leurs papiers. Dans quelques jours nous vous en adresserons l'inventaire sommaire , et vous nous indi- ([iierez ce que nous devrons faire de ces papiers. L'inventaire de ceux du général O'Moran doit être fini aujourd'hui. En jetant un coup d'oeil sur ceux qui ont été inventoriés hier nous nous sommes convaincus que le général O'Moran, qui, d'accord avec le général Richardol, avait constamment refusé de faire l'expédition de Furnes sous le prétexte que l'ennemi était en force, avait cependant reçu des avis contraires doni il n'avait donné aucune connaissance aux représentants du peuple, et que lorsqu'il s'était enfin vu forcé à faire cette expédition, il avait agi de manière à la rendre infructueuse; et lorsqu'il louait en public les efforts des représentants du peuple dans cette journée pour s'opposer à des excès déplorables, il rejetait tous ces excès sur ces mêmes représentants dans une lettre au général (Justine, seul capable, disait-il, de rétabhr la discipline et de ramener l'ordre. Nos collègues Billaud-Varenne et Niou , avec lesquels nous nous sommes concertés à Duiikerque, recevront de nous tous les renseignements que nous pourrons leur fournir afin de faciliter l'interrogatoire qu'ils se proposent de faire subir aux généraux O'Moran et Richardol.

Une nouvelle manœuvre vient d'être employée pour égarer et désorganiser l'armée. Un arrêté des représentants du peuple Carnot et Duquesnoy avait défendu tout aulre recrutement que celui des contingents. Malgré cet arrêté les malveillants, s'appuyant surtout sur une permission donnée par notre collègue Carnot à deux soldats d'infanterie pour entrer dans le 5* régiment de chasseurs à cheval, II. ag

It'oO CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i i 401)11793.]

avaient lellement monté les esprits que la presque totalité du ai' régiment voulait s'incorporer dans la cavalerie, et si cette volonté avait pu s'exécuter, nous n'aurions eu bienlôl plus d'année. Nous avons, de concert avec le chef de brigade Ferrand ■'', commandant provisoire du camp sous Casse), empc^ché l'effet de cette coupable manœuvre. Nous ne devons pas vous dissimuler que le chef du 5' régiment de chasseurs à cheval'*', défenseur olficieux du général La Nouë'^', son oncle, et qui

O Jac(|ucs Forrand , no à Orinoy (Haute- Saône) le i3 novembre 17A6, soldat dans Royal-Infanleiie le 1 3 janvier 1760, caporal h 4 février 1766, sergent le 16 septembre ) 767, fourrier le 3o novembre 1773, sergent-major dans Bric-lnfanleric le 6 juin 1776, adjudant le 1" novembre 178/1, porte-drapeau le 10 mars 1788, sous-lieulenant au ai' d'infanterie le 1" avi-il 1 791, clievalior de Saint-Louis le 10 avril 1791, lieutenant le iSseptembro 1791, capitaine le 1" avril 179a, elief de bataillon le 17 mars 1798, général de brigade le 6 août 1 793 par les représentants du peuple, fonfirmé le 3o août, général de division le 8 septembre suivant, commandant en cbcf l'armée des Ardennes le 9 2 septembre 1798, envoyé à l'armée du Nord le 8 brumaire an 11 ( a 9 octobre 1798), commandant de Besançon en 1790, destitué le 19 janvier 179C et emprisonne, réintégré dans son grade par Carnot et nommé commandant d'une légion des vétérans de la Franche-Comté, maire d'Amancc, élu député de la Haute -Saône au Conseil des (iinq-Cents le a 3 germinal an v (13 avril 1797), exclu au 18 fructidor, mort à Amance (Haute-Saône) le 3o novembre 180/1. Il fit les campagnes de 1781 à 1783 sur les côtes de Bretagne et do 1 799 à 1 79.') aux armées des Ardennes, de Sambre-ol- Meuse et des Alpes. — (Cf. pour la carrière de Ferrand jusqu'en 1 793 les Archives administratives do la Guerre et pour le reste le Uiclionnaire de» Parlementaires.)

'■^) Le iioutenant-coloncl la Noue. (Cf lettre du général Bicliardot, du 28 juillet 1793, p. /|90.)

'■') René-Josepb, chevalier de la .\ouë, né au château de Narelles, par La Roche- Clermaull (Indre-et-Loire) le 7 septembre 1781 (et non en Bretagne vers 17/1(1,

comme le disent les biographes), lieutenant en second au régiment de la Couronne le 12 mai 17/1 4, lieutenant au corps des grenadiers de France le 1" août 17/19, lieutenant aide-major le 1" mars 1767, rang de capitaine le 1 9 avril 1 7.57, pourvu d'une compagnie le 3 septembre 1769, chevalier de Saint-Louis le 27 avril 17C1, colonel du régiment provincial de Soissons le 4 août 1771, colonel en second du régiment royal Comtois le 8 avril 177C, brigadier d'infanterie le 5 décembre 1781, inestre de camp du régiment provincial d'artillerie de Metz le 28 mars 1788 cl du régiment des grenadiers royaux de Normandie le 1" janvier 1784, maréchal de camp le 9 mars 1788, lieutenant général le G février 1 799 , employé à l'armée du Nord le 1 5 du même mois, décrété d'accusation le 4 octobre 1792, incarcéré à la prison de Douai le lendemain, acquitté par le tribunal criminel du département du Nord le 1 5 novembre 1792 , commandant les troupes stationnées à Liège le 99 novembre 1792, commandant la gauche de l'armée des Ardennes le 19 janvier 1798, employé au siège de Maestricht le 29 février 1798, mandé à la barre de la Convention le i3 mars 1798, renvoyé devant le tribunal révolutionnaire par décret du 19 avril 1798, écroué à la Conciergerie le 91 suivant (Cf. Chronique de Paris, n° 11 4, 94 avril 1798, p. 3), interrogé le i"mai 1798, acquitté le 10 du même mois (Cf. Arch. nat. , W271, 26), incarcéré de nouveau à la maison de santé de Picpus, mis on Uherlé le 99 avril 179'', autorise à prendre sa retraite le a 5 novembre 1794, retraité le 5 avril 1795, mort à Paris le 17 novembre i8ao. (Les biographes le l'ont périr sur l'échafaud le 1 5 avril 1 798.) — Le général la Noue a fait les campa-

[il AOÛT 1793.] MISSION DANS LES DEPARTEMENTS DU NORD. /lal

avait fait publier dans lo camj) (jiic les soldats d'infanterie pouvaient entrer dans son régiment, nous n inspiré de graves soupçons'''.

Nous aussi , de concert avec le chef de brigade Ferrand , qui nous paraît dan.s les meilleures intentions el doué de connaissances militaires , avons pris quelques mesures pour empêcher que le 10 août ne soit une journée funeste à la Répubhque, h cause du défaut de surveillance que poiuraient produire des réjouissances inconsidérées, dont l'ennemi ne manquerait pas de tirer avantage.

Salut et fraternité.

Le Ras, Dcquesnov.

(Ori;j. aul. de Le Bas, Arch. do la guerre, armée du Nord et des Ardennes.)

2/l2. PARIS, 11 (?) AOÛT 1793. CARNOT AH MINISTRE DE LA GUERRE.

Analyse. — Carnot, représentant du peuple, garantit le civisme de StetlenholTcn, général de brigade, el demande qu'il soit renvoyé à son poste à l'armée du Nord '^*.

( Aroh. de la guerre, reg. de porr. de Bonchotte, A i5, p. .'18, à la dale du i3 août 1798.)

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