CARNOT ET LESAGE-SENACLT AU COMITÉ DE DÉFENSE GÉNÉRALE
Arras, le i" avril 1798, l'an 11 de la République.
Citoyens collègues,
Nous vous faisons passer quelques arrêtés qui nous ont paru indispensables dans ce moment de crise pour déjouer les dangereuses manœuvres de l'aristocratie.
Nous sommes péniblement affectés de ce que la Convention ne fixe point le mode de secours à accorder aux femmes et enfants des militaires. Ces secours tant de fois promis sont toujours attendus avec une impatience qui nuit au recrutement déjà si traversé et à la confiance même dont il est si important que la Convention demeure investie. Au nom de la patrie, citoyens, après tant de lois de rigueur, faites-en rendre une de consolation.
Nous vous recommandons en particulier la pauvre femme dont nous joignons ici une lettre et le certificat qui prouve que son mari a été tué à la guerre'". Il en est beaucoup d'autres dans le même cas, mais la misère de celle-ci est si profonde, que nous n'avons pu résister à la prière qu'elle nous a faite d'appuyer |)articulièrement sa demande. Il est didicile d'imaginer combien les gémissements de ces victimes font d'ennemis à la Révolution dans le peuple même pour qui elle est faite.
Les commissaires de la Convention natiotiale aux départements du Nord et Pas-de-Calais.