‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 62 sur 388 · DOUAI, 3 AVRIL 1793. PROCLAMATION DE CARNOT ET LESAGE-SENACLT · texte numérisé non relu

DOUAI, 3 AVRIL 1793. PROCLAMATION DE CARNOT ET LESAGE-SENACLT

Au nom de la Répuljlique française,

Nous, commissaires de la Convention nationale, déclarons le ci-devant général Dumouriez infâme et traître à la patrie'^', défendons à tous officiers générauv et commandants déplace, à tout ollicier, soldat ou autre agent militaire quelconque, à tous commissaires des guerres, payeurs et pourvoyeurs des troupes, de le reconnaître et de lui obéir; ordonnons à tous les généraux de division de rallier les troupes de la République qui sont à leurs ordres et de se retirer sous le canon des places fortes les plus exposées avec les vivres, l'artillerie, les munitions et bagages de l'armée, et de s'y maintenir jusqu'à la mort contre les forces ennemies et celles que pourrait commander Dumouriez; invitons tous les soldats restés fidèles à la patrie de courir sus et de nous livrer ledit Dumouriez mort ou vif, ainsi que tous ses complices et adhérents connus.

Soldats de la Répid)lique, vengez la nation, vengez votre honneur. Tant que cet homme eut des succès, vous étiez d'excellents soldats; depuis qu'il a essuyé des revers il vous traite de lâches et de brigands

'■' Le même jour ia Convention metlail Dumouriez liors la loi. Il est intéressant de comparer les ternies du décret à ceux dont se servaient au même moment Camot et Lesajje-Senault :

<tLa Convention nationale ordonne que ie Conseil exécutif provisoire nommera sur- Ic-ciiamp un fçénéral pour remplacer Dumouriez; déclare à la nation française que Dumouriez est traître à la patrie, qu'il a juré la perte de la liberté et le rctalilisscment du despotisme; fait défense à tout général, à tout commandant de place, atout soldat de la République, à toutes les autorités constituées en France, de reconnaître Dumouriez pour fjénéral, d'obéir à aucun ordre de lui et à aucune réquisition ; décrète que tout Français qui reconnaîtra Dumouriez comme général sera regardé comme traître à la patrie et puni de mort, et que ses biens seront confisqués au profit de la Républi-

que; décrète que Dumouriez est mis hors de la loi , autorise tout citoyen à courir sus et assure une récompense de 3oo,ooo livres à ceux qui s'en saisiront et l'amèneront à Paris mort ou vif. Les 3oo,ooo livres seront réversibles à leurs héritiers et tenues à la disposition du Conseil exécutif provisoire par la trésorerie nationale. La Convention nationale met sous la sauvegarde et l'Iionneiir de la loyauté des soldats français qui sont dans l'armée qui était commandée par Dumouriez les cinq commissaires et le ministre de la guerre par elle envoyés, que Dumouriez tient en état d'arrestation; ordonne que le présent décret sera envoyé par des courriers extraordinaires dans tous les départements, aux corps administratifs, aux généraux et aux commandant* de place, et qu'il sera de suite proclamé dans les villes et à la tête des corps armés.» (Cf. Moniteur, XVI, 5o.)

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à la face de l'Europe entière. Mais ses victoires ne prouvent que voire courage et ses défaites son ignorance non moins profonde que sa perfidie. Il a semé parmi vous la division, il a vendu à nos ennemis communs votre liberté et celle de son pays, il a volé les trésors qui étaient prodigués par la Convention nationale pour que rien ne vous manquât, et il a eu la scélératesse d'attribuer à vos représentants ses propres infamies. Mé'ritez, citoyens, la reconnaissance de la République en la délivrant du monstre le plus odieux qui ait jamais désob' la lerre. A Douai, le 3 avril 1798, l'an 11 de la République.

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