DOLAi, Il AvniL fygS. — caukot et lesage-senallt
AUX ADMINISTRATEURS DU DEPARTEME.VT DU PAS-DE-CALAIS
Douai, à avril 179^, l'an u de la République.
Citoyens administrateurs.
Nous avons reçu votre adresse énerjjique et nous nous félicitons de trouver en vous des coopérateurs si dignes de la cause que nous défendons. Vous pouvez faire passer ici les détachements de volontaires qui vous arrivent, car notre garnison est faible.
Quant au a 8° régiment de cavalerie que vous dites n'être ni armé ni monti'', il ne pourrait nous être utile et consommerait inutilement les subsistances. Ainsi nous pensons avec vous qu'il serait à propos de les envoyer dans l'intérieur.
Nous avons vu des citoyens de Bétiume qui nous ont rendu un compte infiniment avantageux du commandant temporaire de Béthune. Nous vous engageons, avant de prononcer sur son sort, de vous assurer bien précisément si c'est par incivisme ou par pure considération qu'il a racheté une lettre avec des armoiries'".
Ij"» commissaires de In Convention nationale, L. Carnot, Lesage-Senault.
(Arch. dép. du Pas-de-Calais, I., reg. de corr. du département, pièce n° 8681.)
''' Les administrateurs du district do Snint-Omcr, i avril 1793.
Sainl-Oiner avaient écrit à ce sujet, le l'an .. de la Rép„bli.,uc.
5 avril 1793, la lettre suivante am admi- ^Citoyens administrateurs,
nistraleurs du département du Pas-de-Calais (iN'ous vous envoyons la lettre du com-
(Arcli. dép. du Pas-de-Cnlais, L, re(j. de mandant temporaire de Bétiiune, qui a eu
corr. du dép.nrletneul , pi^re n° 8667 ) : l'insolente audace de la rarlieler avec les
COllRliSPONDANŒ GÉNÉRALE DE CARNOT. [5 avril 1793.J
37. DOUAI, 5 AVniL 1793. — CAnNOT ET LESAGE-SENAULT À LA CONVENTION.
A Dotai le 5 avril i7()3, l'an 11 de la Hépul)li(|iie.
Citoyens,
Votre décret du 2 de ce mois, relatif à la trahison de Dumouriez, vient d'arriver au conseil génëial du département du Nord''', et surle-champ nous l'avons fait proclamer dans la ville et à la télé de la force armée : nous allons lui donner la plus grande puhlicité possible. La proclamation que nous avions faite était rédigée dans le même esprit, et nous espérons que cette loi achèvera de fixer entièrement l'opinion, que Dumouriez s'efforce d'égarer par ses émissaires secrets.
signes honteux de la royauté et l'emlilème du plus vil esclavage. Cet insensé voudraitil ranimer les cendres du dernier des tyrans? Mes revers lui arracheraient-ils le masque? Nous vous dénonçons cette infraction à la loi, cette violation de tous les principes, ^aguè^e le président d'une section de Paris fut mis en état d'arrestation pour avoir donné un drapeau parsemé de fleurs de lys. Jugez ce que vous devez faire à l'égard de celui qui aime les armes . . . sur un cachet.
vLes adminislraleurs
composant le directoire
du district de Saint-Onier,
trD'IoLD, HocinBT, Rose.»
'" Le conseil général du département du Nord avait, le f> avril 1793, rendu un arrêté portant que la cocarde nationale serait le seul signe de ralliement. Voici le texte de ce curieux document (Placard impr. , Arch. de la guerre, armée du Nord et des Ardennes) :
(rDe la part du déparlement du Nord.
irCe quatre avril mil sept cent quatrevingt-treize, l'an deuxième de la Répulilique française.
ff La cocarde nationale devant être le seul signe de ralliement des bons citoyens, défenses sont faites à tous habitants d'en porter aucune autre de telle espèce qui puisse être, el notannnent des chapeaux
relevés d'un seul coté et garnis en taffetas noir, dits chapeaux à la Dumouriez, et ce sous la peine de mort prononcée par la loi du dix-neuf mars mil sept cent quatrevingt-treize contre ceux (|ui portent des signes contre-révolutionnaires.
trCertilié conforme, signé Dupuicii, président, el Lagarde, secrétaire général.
<tA Douai, de l'imprimerie de F. Descamps, imprimeur du département.»
Le patriotisme des déparlements du Nord el du Pas-de-Calais avait été récompensé par le décret suivant, rendu, le 5 avril 1798, par la Convention :
«La Convention nationale décrète que les déparlements du Nord el du Pas-de- Calais, par le zèle, le courage el l'énergie qu'ils ont déployés depuis le commencement de la guerre, notamment depuis le décret du 1 9 février, approhatif de l'arrêté des commissaires de la Convention dans la Belgique, du 17 de ce mois, et depuis la trahison de l'infâme Dumouriez, ont bien mérité de la patrie.»
Le 6 avril 1798, les volontaires du a* bataillon du Pas-de-Calais écrivirent de Lille à la Convention pour protester en termes indignés contre la trahison de Dumouriez. tr Qu'un nouveau César reparaisse, disaient-ils, el il trouvera autant de Rrutus qu'il existe de volontaires dans le a' ba- Inillon du Pas-de-Calais.» (Orig. , Ardi. nat., C 953, lilih.)
Hier, nous avons fait la visite des fortifications de cette viile, accompagnés des chefs de notre garnison. Nous avons donné tous les ordres nécessaires pour que cette place importante fut mise, à l'instant, à l'abri de toute espèce d'insulte.
Nous avons fait ouvrir et inventorier, en présence des administrateurs et de commissaires de la municipalité, la malle du traître, que nous vous avons dit avoir interceptée. Elle était remplie de papiers très importants; mais les pièces relatives à la trahison n'étaient point dans le nombre de ceux que nous avons examinés; il en est plusieurs autres qui étaient cachetés, sous bande, et que nous avons cru devoir vous cnvover sans les ouvrir : nous allons faire partir cette malle par la voiture publique, à l'adresse du président de la Convention nationale.
Il paraît certain que Dumouriez a conclu une suspension d'armes avec les ennemis; il n'oublie rien pour captiver la confiance de l'armée qui commence à lui échapper, et qui bientôt, nous l'espérons, sera complètement éclairée.
Les corps administratifs nous ont parfailemcnl secondés, en gi'néral, dans ces moments criticjues, et nous ne pouvons nous empêcher de rendre la même justice au général Morelon'".
Les commisxaires de la Convention nationale, L. CAnNOT, Lksage-Senaclt.
(Orig. aut. de Carnot, Arch. de la guerre, armée du Nord el de» Ardennes.)
DOKAI, 5 AVRIL 1798. AnnÈTK DES ADMINlSTnATEURS
DD DÉPARTEMENT DU NORD, APPROIJVÉ PAR CARJiOT ET LESAGE-SEXAULT.
Analyse. — Ils arriHent que le comité do sùrot(5 g'énf'rale formé h Lillft sera dissous, mais que les membres militaires de ce comité continueront à s'assembler sous le nom de conseil de {juerrc '^'.
(Arcii. mun. de Lille, reg. des dclibéralioiis du Conseil gcnéial de la commune, n" 3 , fol. I18 et hg. )
'■' On lit en liic do ceUe lettre: irRen- sentants Carnot et Lcsajjc-Senault, que
voyé au Comilé de salut pulilic le 7 avril l'on nous annonce devoir se rendre inces-
179.3, l'an II de la République. Mellimbt.i saninicnt à Lille, soit par les autres repré-
('' Le 9 avril le Comité de salut public sentants commissaires de la Convention qui
écrivit aux administrateurs pour approuver sont en route pour votre déparlement.»
leur arn'té. La bonne iuleltigence, dit-il, (Arcb. mun. de Lille, re^,. des lettres et
sera bientôt rétablie, trsoit par les repré- arrêtés des représentants, picre n" 8:>.)
70 GORHESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [5 avril 1793.]