‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 85 sur 388 · LILLE, 1 3 AVRIL · texte numérisé non relu

LILLE, 1 3 AVRIL

LE C.KNKRAL LA MARLIKRE Al \ COMMISSAIRES.

Ail quartier (jciiéral de Lille, le i3 avril 179.3.11111 11 île la népulilique.

LA «AItLiÈRE, GÈkÉRAL DE DIVISIOK , ALI CITOTgSS COMMISSAIRES DE LA COKrglITWN \AT10KALE.

J'ai passd la nuit h recevoir de mauvaises nouvelles. Une grand-garde de cavalerie s'est iaiss(^ surprendre h Linselics, un bataillon s'est ressenti de cette fârlieuse

'" Réponse du (Comité de saint piililir : nieatiou avec rAnjjlelerre et de ne rien

(ts.3 avril. Le Comité leur a répondu ([u'il laisser eirruler de suspert.Ti (Arrli. nat. ,

élail impossible de rompre toute rommii- A K* 11 1 '11 . )

100 COliaiîlSPONDANCE GÉNÉRALE DE CAHNOT. [i3 avhil 1798.]

aveiiliiit , s'est rcplit' avaut d'élre aUa(|U(' , cl il paraît que les postes de Bousliec([ues, Wervick et Coiiiines se sont replies sur Warnéton et Deulénioiit. J"ai donné ordre sur-le-chanij) (pie l'on résiste à ce dernier poste , que j"ai fait renforcer, et je leur ai donné tous les jnoyeus d'éviter d'élre enveloppés. 11 sendde que j'avais prévu l'intention de l'eiuiemi, qui était d'attaquer tous nos postes sur la Lys, lorsipi'on est venu me ivndi'e conq)le (pi'il s'était emparé de Roubaix et qu'il faisait occuper Tonrcoiiij;' par 7,000 hommes. Si les troupes continuent à ne jioint tenir à leurs postes, il faudra se borner à les raffermir sous le canon des grandes places.

L'ennemi a attaqué hier au soir tous nos postes avancés à la même heure; plusieurs ont résisté et celui de Fiers a ét(' parfaitement défendu, principalement par les dragons du 6' régiment qui ont poussé l'ennemi jusqu'à Hague. Ils ont l'ait trois hussards prussiens du régiment de Goltz ju'isonniers. Le commandant des dragons a eu un doigt cou|)é d'une balle.

Le l'eu a pris celte nuit par accident au superbe bâtiment de l'abbaye de Mar- ([uelte. La troupe a été sous les armes et une partie a été employée à porter des secours qui ont été impuissants, et il paraît <jue l'incendie a fait des progrès si rapides que l'on n'a pu sauver ce bâtiment. La jietite année de la Madeleine a été toute la nuit em[)loyée à poi'ter des secours aux avant-postes et cantonnements menacés. Le reste est sous les armes avant le jour et disposé à recevoir l'ennemi en braves et fidèles défenseurs de la République.

Je suis extrêmement pressé d'avoir un général de brigade iiUeliigent et aelif. Je vous demande, citoyens commissaires, de me donner provisoirement le colonel Desbrunières''', dont les talents, l'intelligence et la conduite, (pii ne paraît point équivoque pour les principes , me seront très utiles.

J'ai disposé un service secret et le général Dampierre m'a donné un pouvoir pour recevoir les fonds nécessaires pour cette partie essentielle; je vous demande, citoyens commissaires, qu'il me soit remis un fonds de 6.000 livres, pour disposer avec autant d'économie que d'utilité.

La Marli^rk.

(Copie, Arrh, di' la ffiiorrc, nrmcc du Nord et des Ardenniîs.)

5'2. I.ILLK. l3 AVIilI, 1793.

ARRiîTÉ DE CARNOT KT DE SES COLLÈGUES.

Nous, représentants de la Nation, députés par la Convention nationale aux armées du Nord et. des Ardennes. sur la demande qui nous a

Cl Cliarlos-Hcni'i Le Bœuf de la Noiip 1778, capitaine en second le 3i juillet

de Sainl-Marlin Desliniiiières, né à la 1783, chevalier dç Saint-Louis le 37 mai

rhaise-le-Viooinle (Vendée) le «7 juillet '7'^7- niajor au /19' réj;inienl d'infanterie

17A9, sous-lieHten,int an régiment d'An- le ao avril 1788, colonel du 1 a' régiment

vcrgne le 18 mai 1767, lienlenant le d'infanterie le aS mars 179a, démission-

2 mars 1778, lieutenant en 1" le ■>..•> mai uaire en 179'5.

été faite par le général La Marlière da citoyen Macdonald '", actuellement colonel du 9° régiment d'infanterie, pour adjudant général de son armée, et d'après le compte avantageux qu'il nous a rendu des services et des talents dudit citoyei), qui s'est porté le premier à un acte de vrai civisme, après la trahison de Dumouriez, en arrêtant luimême son complice Devaux ''^', nous autorisons le général La Marlière à |)rendre pour adjudant général le citoyen Macdonald; le chargeons

'"' C'est le l'ulur maréchal, Jacqiies- Kliciiiie-Josepli-Alcxaiidre MacdoHakI, né à Sedan (Ardennes) le 17 iiovcnibrc 1765 (lieu, dale et prénoms vérilics sur l'acte de baptême). Entré an service dans le réj^iment de Dillon le i-! juillet 1786, souslieutenant le 1" septembre 17H7, lieutenant le 10 octobre 1791, capitaine le 19 août 1799, aide de camp de Dumouriez le ■!9 du même mois, lieutenant-colonel au 9'i* d'inlaulerie le i-i nov'end)re '79^, il était colonel du a° d'infanterie depuis le 1" niai-s 1793. Les représentants Gasparin ol Lesage-Scnault lui écrivirent, le 1 4 avril , la lettre suivante (Orijr. aut. de (iasparin, Arcli. de la (;uerre, armc-e du Nord et des Ardi'unes) :

«Lille, le i'^ avril 179.1, l'an 11 (le la ilëpiiblique française.

irLe» Rein-éteiilanI» de ta Nation députée de In Coiireiilirm natiuiiale, au ciloye:t Macdonald, iidjudanl /(énéral.

(t\oiis avons Lier, en consc<(uence de notre conversation du malin, fait un arrêté rpii vous nonnne adjudant |;éin'>ral. \ous en avons fait ri'X|(édition tout de suite au (lonseil exécutif, afin (|ue votre brevet vous arrive incessannnent, aiiLsi (pie celui du colonel lîournel, (|ui vous remplace.

itLc (jénéral La Marlière prétend (|ue vous êtes trop modeste et désire fort vous avoir pour adjudant diius son ariin'e. Il vous remetlra notre arrêté moliv('' à votre availlajje et (|ui vous servira de lilre de civisme comme de talent militaire d'api-cs b' rapport du (j<.néi'al.

''res|>ère (|iie vous nous saurez jjré de

n'avoir pas perdu un monicnt pour l'evéculion des mesures convenues.

iT Gasparin, LESACE-SENAtt.T.i

Le 10 avril 1798, Macdonald écrivit du quartier général du faubourg de la Madeleine, à Lille, au citoyen Félix, adjoint du ministre de la guerre pour la G' divisi n, la lettre suivante (Orig. , Arcli. adm. de la guerre, dossier Macdonald) :

tr J'ignore, mon cher Félix, les raisons cpii engagent les commissaires de la (Convention nationale ù me faire adjudant général et donner le a* régiment à lîournet. Celui-ci se plaint qu'on lui fait un passedroit. Je ne (piilt.'cai cependant pas le rég'imeiit à moins de passer dans un autre ; mais pour être adjudant général, je refuse net. Ils n'ont rien à me reprocber; ils ont pris des informations sur nii ronduilc qu'ils ont trouvée ronforme. Avant que le traître se déinasi|uitl , j'avais énoncé mon opinion sur la singnli('re démarcbe que l'on nous avait fait faire d'ijrrbies à Lille. J'ai arrêté moi-inême le complice Devaux, (pioi(pie mon ami. (C'est moi (|ui ai formé el orgaiiisi' le cam|> de la Madeleine. Hii voilà trop long. \ oiis verrez la conduite (pie j'ai tenue; tout est à l'impres-ion.?)

Dans ses Soiiveiiin , Macdonald raconte en effet qu'il refusa le grade d'adjudant général el oi)tiiil de rester à la li'le de son régiment, mais il ne donne aui une date précise et ne souille pas mot de l'arreslalion de son ami de Vaux. (Cf. So:iVi-iiii:i du mniéchal Miicdunald , publies par Camille lîoussi't, p. •!() et ■.!7.)

' l'bilippe de Vaux, né à liruxelles en

102 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CAR.NOT. [i3 aviui. 1793.]

de le faire remplacer, sur-le-champ, dans son emploi de colonel dans ie 9° régiment, par le citoyen Bournet'", lieutenant-colonel dudit régiment, nommé provisoirement adjudant général par le général Dampierre, et de faire de suite exécuter les remplacements de ce corps, conformément aux lois militaires'-'.

Lille, le i3 avril 1793, l'an u de la République française.

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