LE GÉNÉRAL BALTHAZAR SCHAUENBURG AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Analyse. — Il envoie le l'apport de l'attaque tentée sans succès le ao août par le chef de brigade La Goublaye '*' pour reprendre le Ketterich '''.
(Orijj. , Arch. de la guerre, armée do la Moselle.)
'■' 11 n'y eut pas de séance au Comité de salul public ce jour-là. (Cf. Aulard, VI, /17.)
('' François- Louis de la Goublavc, né à Lamhallo (Colcs-du-Nord) le 17 octobre 1753, sous-lieutenant dans Royal-Vaisseaux le 10 juillet 1771, lieutenant en second le 38 avril 1778, capitaine de remplacement le 17 septembre 1786, capitaine en second le 3 septembre 1787, lieutenantcolonel au 1" drajjons le i3 septembre 1793, colonel du /i' réjjiment de cavalerie le U novembre 179a, retiré le 21 pluviôse an II {9 lévrier 179'!).
'■'' Cf. aux Arch. de la guerre le rapport de ce chef de brigade, en date du ao août 1793 et A. Chuquet, Wissemhourg , p. 100. Le Ketterich, près de Pirmasens, avait été pris par le duc de Brunswick le 17 août sur la brigade Reubell, <pii perdit tous ses équipages et un canon et rentra à
Bitche dans le plus grand désordre. Le général en chef Schauenburg ordonna alors au général Pully de reprendre celte position. Le 20 août le chef de brigade La Goublaye surprit les Prussiens qui, au nombre de quatre-vingts , gardaient le Ketterich et les en chassa ; mais le duc de Brunswick fit de nouveau attaquer le village, el La Goublaye, ayant vu démonter deux de ses ])ièces et craignant d'être cerné, dut à son tour battre en retraite devant des forces supérieures et abandonner deux canons aux hussards ennemis lancés à sa poursuite.
— Le ai août, le général Balthazar Schauenburg fit une proclamation p<jur engager les habitants compris dans l'arrondissement de son armée à se lever en masse l)our renverser rcnnemi. (Impr. en français et en allemand, Arch. de la guerre, armée de la Moselle.)
entendu du Comité et fournir des renseignements curieux sur l'année de la Vendée. (Analyse, td., Corr. gén.) — 3° Le général O'Moran''' écrit d'Amiens pour i-éclanier contre son airestation et se justifier pai' l'exposé de ses sei-vices et de sa conduite : trQuelques heures avant mon arrestation, dit-il, j'ai remis au citoyen Carnot, représentant du peuple, l'état de situation des troupes composant ma division. Je lui ai comnuniiqué en même temps un avis qui m'annonçait {jue l'ennemi était renforcé de 6,000 hommes à Ypres et autant à Poperinghe. Je lui ai exposé qu'il était indispensable de faire parvenii' à Cassel 6,000 hommes, vu que le camp n'était composé que de a,5oo, et qu'avec si peu de monde il n'était possible d'en détacher (]u'un ti'ès faible secours pour l'enfoi'cer le point qui pourrait être attaqué.» (Impr. , Arch. de la guerre, ai-mée du Nord.)
STBASBOL'RG, l8 AOLT 1^()3*-'.
LE oinéRkh ALEXA>DRE BEAl'HARNAIS AU COMITE CE SALUT PUBLIC.
Strasbourg, le 18 août 1793, l'an 1 de la République française.
Je vous préviens , citoyens rejtrésenlants , que je suis tombé malade k Strasbourg, où je in'étais rendu avec un de vos collègues pour me concerter avec le reste de la députation et les corps administratifs sur les besoins de l'armée et l'ap-
exempt dans les gardes du corps de ce dernier le 10 avril 1737, volontaire au régiment de Navarre en 17G1, sous-lieulenanl au régiment de la Vieille-Marine le 5 juin 176.3, élève du rorps de l'élal-major (jénéral de l'armée en 1768, rang de capitaine le 17 juin 1770, passé à la légion royale le 5 mai 1773, capitaine en second au régiment Mesire de camp général-dragons le iG juillet 1776, capitaine au ■ "chasseurs à cheval le la mai 1779, cÂpilaine commandant le 7 seplendire 1780, chevalier de Saint-Louis le ly aoùl 1781. major du 3' chasseurs à cheval le lâ avril 178/1 , lieutenant-colonel au y' chasseurs le 1" mai 1788, colonel le 35 juillet 1791, maréchal de camp le 6 décembre 179a, général de division le G mai 1793, démissionnaire le 3o juillet 1793, cesse ses fonctions le 1" septembre suivant, remis en activité le 6 (hemiidor an ni (ai juillet 1795), employé à l'armée des Côtes de
l'Océan en ventôse an i» (février 1796). réformé le 1 3 vendémiaire an ïi ( 4 octobre 1797), remis en activité le 36 frimaire an VIII (17 décembre 1799) et pourvu du connnandement de la i3* division militaire, puis de la 1 V (Caen) en 1800, retraité le to prairial an xi (3o mai j8o'3), baron de l'Euipire le 3 5 mars 1810, conlirmé dans ce titre le a5 janvier i8i5, mort à \imes(Gard) le 1*' décembre 1837. Il avait l'ail, sous l'ancien régime, les campagnes d'Allemagne de 17G1 e( 1769 el de Corsi' de 17G8 el 1769. Il signait La Uarotliète et La Barotière. La première forme est celle de l'acte de baptême.
(" Cf. t. II, p. S».
*'' Carnot assiste à la séance du Comité de ce jour. (Cf. Aulard, VI, 19.) Il rédige un arrêté allouant 3, 000 livres au citoyen Cayol pour les frais de sa mission. C'est le premier arrêté autographe de Carnot publié par M. Aulard.
pi'ovisioniipmonl dos placos. G'ost If» ffdnépnl liiinflrpiiionl "' qui (•oniiuaiifle jirovisoireniont l'armée à ma |)laco. Il devient pins important que jamais, citoyens repivsentants, on que vous confirmiez cette mesure ou que vous fassiez un autre choix, mais enfin que j'aie un successeur nommé par la Convention, car, ainsi que je l'ai déjà écrit si souvent , il m'est inq)ossil)le de continuer à conniiander l'armée'*'. Déjà la division du Haut-Khin s'est désorganisée par la méfiance dont on a entouré les chefs qui étaient de la classe des ci-devant; j'ai <lû prévenir la (iésorijanisalioii de l'armée active en sollicitant Tuoi-niême iium exclusion '"'.
L'état des choses sur les frontières du Ras-Rhin et de la Moselle mérite toute votre attention. Les troupes de Ketterich et d'Ehellhronn, qui font partie de l'armée de la Moselle, ont été repoussées pai- les Prussiens jusqu'à Ritche '*'; ils se trouvent maîtres du revers des Vosges dans cette partie et menacent de prendre l'Alsace à revei's. Je m'empresserai, citoyens représentants, de vous transmettre
''' Alexandre de Bcauliarnais avait ce-
'') Cliarles-Hyacintlie Le Clerc (te Laii- (li-emonl, né à Kéiieslranjfc (Meuiilie) le 21 août 1789, lils d'un (apilaJnc, dragiin au rcgimenl do Srhon])erj; le 18 avril 1759, rornelle le a3 ai)ûl 1700, blessé au roinhat de Bidingeu et l'ail prisonnier le a mars 1761, iiculenani en second le .3 oc- Iflhre 1 7G 1 , lleuloiianl en premier le 1" déremlire 17(13, cajiitaine le 5 mai 1779, commandant le dépôt dos rcf rues le 1 7 juin 1776, capilaine rommaiidanl le 5 avril 1780, chevalier de Sainl-Louis le 16 janvier 1 785, rliof d'escadron le 1" mai 1788, lieutonant-colonel le 3 3 novembre 1791, colonel le la juillet 179a, maréchal de camp à l'année do la Moselle le 5 oclobre 179a, (jéuéral de division à l'armée du lihin le i.5 mai 1793, cominandanl on chef par intérim do l'arinéo du Rhin le 18 août 1798, confirmé provisoiroiiient par les représcnlanls le a3 du même mois, suspendu le ag septembre 1798, arrèlé le 4 octobre et enfermé à l'Abbaye le 18, rais en liberté le 99 août 179^1 (Arch. nal., AF 11 807), relevé de sa suspension et autorisé à prendre sa retraite le 18 octobre 1794, insportour {[éiioral dos troupes à cheval et des remontes dans la 17' division militaire (Paris) le ai mai 1795, commandant dos départemenls du Nord et du Pas-de-Calais le 5 juin 1796, destitué le 1 /> décembre suivant , retraité le 37 juin 1796, mort à Nancy le a6 septendire 1818. (Cl. A. (ihuquol , WÙMmhourg , p. 11^1.)
''' Cf. A.Chuquel, Hmeiiibourg,^. 1 1 1.
pendant lait des prolossions do loi nettement ré))ul)licaiiies, témoin la déclaration suivante dont je possède l'original et qui , quoique dépourvue de date, a dû être écrite en juin 1798 :
irZélé partisan do la République, constamment attaché à la cause du peuple, je n'ai jamais cessé do défondro ses droits dans les sociétés populaires où des milliers de mes concitoyens attesteront (pi'avor courage j'ai attaqué le trône, les prêtres, les nobles, les Feuillants, les modérés et enfui tout ce qui mettait obstacle à la révolution la plus coni|>lèle ou pouvait seulement faire transiger sur lo boidiour public. Tel je serai toiijoui's, citoyens administrateurs. Soldat de ma patrie, je comhatlral pour elle jusqu'à la mort, et «piand la philosophie vous commande de ne plus voir dans les hommes que leurs vertus ou leurs vices pei-sonnels, accordez votre confiance à celui qui vous la domando pour récompense de son dévouement, à celui dont le dernier soupir sera pour le bonheur de l'humanité, la liberté des peuples et la gloire du nom français.
a Li' général Cfimmandant en chpf l'armée du Hliiii ,
- Alexandre lÎEUiiAnxAis.i
'" Lo 17 août 1798. (Cf. sur cos revers do l'armée du Rhin A. (îbuquot, Wi»«cin- >">">t' 99-)
[i8AofTi793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 2;i
les nouvelles que je recevrai du général Lan<lremont et les mesures ([u'ij aura prises pour arrêter les progrès des ennemis.
Agréez, je vous prie, eiloyens représenlanls, l'hommage de mon respect et de mon attachement fraternel ''*.
Alexandre Beauharnais.
(Orig., Arch. de la guerre, armée du Rliin.)
''^ Le 18 août 1793 Alexandre Beauharnais écrivit dans le même sens au ministre de la guerre el à la (Convention naliouale, cl demanda la confirmation de la noniinalion du jjénéral Landrcmonl au commandement di- l'arniée du Rhin. En marge de la lettre à la Convention, Bouchot te a mis cette note : irLa dénu'ssiou est acceptée; il est remplacé par Gilol, si la Convention l'agrée.» (Orig., Arch. de la guerre, armée du Rhin.) — Alexandre Beauharnais avait d'ailleurs olFert deux fois sa démission aux représentants du peuple par ses lettres des 3 et i3 août. On lisait dans cette dernière : irJe vous ai ceril, citoyens représentants, une autre lettre par laquelle je vous conjurais de nommer un autre officier au couimandemeiil de l'armée du Rhin ; mais celle lettre ne vous sera sans doute pas parvenue, car je n'ai vu aucune feuille puhlique qui en fit mention. Le temps n"a point rliangc' ma ri'solulion; elle est inéhranlable. J'ai le malheur de faire partie d'une classe ci-devant privilégiée, el, quand l'opinion publique a élevé sur toute la caste une méfiance légitimée par un si grand nombre de ceux qui en faisaient partie, je dois provoquer moi-même l'ostracisme et vous solliciter de me permettre de prendn- ranj' comme simple soldat parmi les braves républicains de celle armée. Je suis si résolu dans ce parti que je ne cesserai de vous adresser journellement messolliritalluns . . . Faites donc droit à nia demande, je vous en conjure , et comptez que rien ne iiourra alfalblir ma détermination de .servir la Republique par mon sang, par mes écrits el par mon atlacbemenlà la Constitution.?) (Cf. Mimiteur, Wll, iao.) — Le 93 août les représenlanls Milhaud el Ruamps
acceptèrent en ces termes la démis.sion de Beauharnais (copie certifiée conforme par Borie , Arch. de la guerre , armée du Rhin ) :
(tAu nom du salut du peuple, »Les représenlanls du ijeuple pn'-s l'armée du Rhin, considérant que le général en chef de l'armée Beauharnais réitère à cha(|ue iastani l'olfre de sa démission de vive voix et par écrit ;
K Considérant que, d'apnV ses aveux multipliés, il n'a ni la force ni l'énergie morale nécessaire à un général en chef d'une armée républicaine;
(tConsidérant que son étal de faiblesse el de langueur, qui l'a éloigné de l'armée pendant trois jours de combat, ne peut que jeter la méfiance et le dé<-ouragement dans l'état-major et dans l'armée,
«•Arrêtent (pie sa démissicm est enfin accepta et qu'il sera leini de s'éloigner dans l'espace de six heures à vingt lieues des frontières, dans un séjour dont il nous donnera connaissance, ainsi qu'à la Convention nationale;
fArrôlenl en outre tpie le général Lindremonl renqilira jirovisoin'nient les fonctions de général en chef de l'armée du Rhin et que le présent arrêté sera envoyé par un courriiT extraordinaire au (Comité de salut public i>t au ministre de le guerre. "Fait à Wissend«)urg le a 3 août 1793, l'an II de la République une et indivisible el l'an 1 de la Consliluliou populaire.
wJ.-B. MiLHAlD, RuAIPS.
ffj'étais à llaguenau jiour requérir le district de faire sonner le tocsin, au moment où l'arrêté a ét(- pris. Je l'approuve el j'aurais été de l'avis de l'arrestation.
ffBomB.n
24 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [19 août 1798.]
LE GÉNÉRAL CHARLES HESSE '" AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Analyse. — Il fleitiantle à entretenir le Comité tant sur Orléans''' que snr la guerre île la Vendée.
(Analyse, Arch. de la guerre, reg. du Comité de salut public, C.)
LE MINISTRE DE LA GtJERRE BOUCHOTTE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Paris, 19 août 1793, l'an 11 de la Républi((ue une et indivisible.
LE MINISTRE DE LA GUERRE ÀV.Ï REPRÉsEMANTS DV PEVPLB MEMBRES DV COMITE DE SALUT PUBLIC.
J'ai reçu, citoyens représentants, avec votre lettre du 17, co|)ie de celle du général Falck '^', qui prend le litre de général en chef de l'année du Haut-Rhin et qui se plaint que je n'ai pas pourvu aux besoins de son année.
La division que comiriande cet ofllcier général faisant ])artie de l'armée du Rhin aux ordres du général Reauharnais , c'est à ce dernier qu'il devait s'adresser pour ses besoins. H n'a pas dû prendre le titre de commandant en chef de l'armée du Haut-Rhin , puisqu'il n'est pas en clief et qu'il n'y a pas d'armée du Haut-Rliin '*'.
Je vous prie de eroii'e que les demandes en tout genre qui me sont faites sont examinées autant que les besoins l'exigent et que les circonstances le permettent, enfin que les bureaux y mettent la plus grande exactitude. S'il se trouvait encore parmi les individus qui sont employés quelques hommes qui ne fussent pas atta-
'') Charles-Coiistanliii de Rolheubourg, réformé par l'organisation du a 5 prairial,
prince de Hesss-Rliinfels , né à Rothen- an m (i. 3 juin 1796), déporté à l'île d'Olé-
lioiirg le 1 0 janvier 1 7.59 , caj)ilaiiie com- ron le 3 janvier 1 80 1 , après le toniplol de
mandant au régiment Royal-Allemand le la niaclilne infernale, expulsé de France
a8 avril 1768, capitaine titulaire le 5 mai en i8o3, mort à Francfort le 19 mai i8ai. 177a, rang de mestre de camp le 19 oc- W II avait été chargé, le 16 mai 1798,
lohre 1773, lieutenant-colonel le 18 avril d'organiser à Orléans les troupes tirées des
1776, mestre de camp le 8 avril 1779, armées du Nord et des Ardennes pour les
commandant du régiment Esterliazy le envoyer au secours des départements de
36 février 1788, brigadier le 1" janvier l'Ouest. 178'!, chevalier de Saint-Louis le 9 no- ''' Cf. t. I,p. 76.
vembre 1785, maréchal di; camp le 9 mars '*' Le ao août 1798 Rouchotte écrivit
1788, lientonanl général le aa mai 179a, à Alexandre Beauharnais de pourvoir aux
commandant d'Orléans le ao judicl 1798, besoins de la division du général Kaick.
suspendu le 19 novembre 1 798 , réintégré (Minute, Arcli. de la guerre, armée du
le aa nivôse an m (11 janvier 1795), Rhin.)
[ig AOÛT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 25
chës à la cause de la Révolution, je me bâterais de les éliminer dès qu'on me les aurait fait connaître. Ma surveillance à cet égard est très sévère.
Le MraiSTRE de la Guerre.
(Minute, Arcb. de la guerre, .armée du Rhin.
PARIS, 19 AOÛT 1 'y()3.
LE MINISTRE DE LA GUERRE BODCHOTTE AU COMITÉ DR SALCT PUBLIC
Analyse. — Prière de renvoyer au général Houcliard ''' les plans et mémoires qui ont été saisis sur l'adjudant général Gay-Vemon et transportés à Paris '''.
(Orig., Arcb. de la guerre, armée du Nord.)