‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 100 sur 191 · CARNOT ET DUQUKSNOY AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

CARNOT ET DUQUKSNOY AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Péronnc, le 7 octobre 1793, l'an it de la Répulilique iine cl indivisible.

Citoyens collègues.

Nous nous trouvons réunis en ce moment à Péronne avec le général Jourdan et la plus grande partie de l'armée, qui fde vers Avesnes par Guise. Nous espérons vous donner dans peu de bonnes nouvelles. Les troupes sont dans les meilleures dispositions. Faites hâter l'envoi de souliers et d'habits qu'a promis le ministre de la guerre. Qu'il fasse aussi passer dans les garnisons de cette frontière les fusils de rempart, qui se trouvent disponibles à Paris, et que le ministre envoie un agent à Lille , pour presser le raccommodage de ceux qui s'y trouvent. Les chevaux d'artillerie, qui nous ont été envoyés de Sedan, n'ont point de colliers; toujours quelque chose qui manque : tantôt les chevaux, tantôt les harnais, tantôt les vivres et tantôt les fourrages. Notre

"' Le même jour Laroche informait les généraux que les représcnlanis du peuple venaient de le nommer (jénéral de brigade el que le général en chef Muller lui avait confié les fonctions de chef de l'étal-major. (Arch. de la guerre, armée des Pyrénées occidentales. )

''' (.'arnol avait quitté Paris le 6 octobre 1793 dans la nuit, sans prendre le

temps de dire adieu à sa famille (cf. AfA moire» »ur Carnot, nouv. édit., I, liog). Il arriva à Péronne et y trouva le conventionnel Du(iuesnoy, son ex-compagnon de mission, qu'il s'adjoignit, et le général Jourdan, qui lui devait son commandement. Celte lettre du 7 octobre est la première que Carnol el Duquesnoy écrivirent au Comité de salut public.

262 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [7 oct. 1793.]

coliègue Laurent court pour les subsistances, et rend les plus grands services en cette partie '".

Les représentants du peuple près Farmée du Nord, Carnot, DuQUESNOr.

(Minute »ut de Carnot, Arch. de ia guerre, armée du Nord.)

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTK AU COMITi DE SALUT PUBLIC.

Analyse gnoh.

\] annonce qu'il a envoyé à la Convention six drapeaux espa- ( Analyse, Arcli. de la guenn, corr. générale.)

SARREBRÛCK, 7 OCTOBRE 1793.

LE céNÉRAL DE LAUNAY AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

f Analyse. — Il rend compte des ordres donnés pour l'airestalion du général Balthazar Schauenburg, de l'impossibilité où il se trouve, lui, de Launay, de commander l'armée de la Moselle, et des diverses dispositions prises pour couvrir les déparlements du Rhin et de la Meurthe et renforcer ses communications avec Bouquenom '■'K

(Analyse, Arch. de la guerre, corr. générale , feuille d'extraits classée au 13 octobre 1798.)

f Le conventiennel Laurent (du Bas- Rhin) avait été adjoint aux représentants près l'armée du Nord le i.5 septembre 1793. (Cf. Aulard, VI, igo.) Il se trouvait alors à Péronne et s'occupait surtout de la question des subsistances. Sa correspondance avec le Comité de salut public se trouve dans le tome VII du recueil de M. Aulard.

'*' Le même jour le jjénéral de Launay écrivait au ministre de la guerre (orig. , Arch. de la guerre, armée de la Moselle) : «J'ai l'honneur de vous prévenir que je

viens de faire mettre à exécution l'ordre que vous m'avez envoyé pour l'arrestation de Schauenburg. En conséquence j'ai remis au citoyen Maupoins, capitaine de gendarmerie, l'arrêté du Comité de salut public, ensemble votre ordre d'arrestation. Je l'ai fait partir sur-le-champ pour Toul, où Schauenburg a dû se retirer. Je lui ai recommandé la plus grande discrétion , mais je ne répondrais pas que Schauenburg s'y fût retiré, surtout s'il a eu vent de sa prochaine arrestation ou s'il s'est senti la conscience chargée.

[7 ocT. 1793.] CORRESPONDANCEIMILITAIRE DU COMITÉ.

BLOTZHEIM, 7 OCTOBRE 1793.

LE GÉNÉRAL PICHEGRU AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE

Au quartier général de Blotzheim , le 7 octobre 1793 , l'an 11 de la République française.

PICnSGHV , GÉSBRAL DE DlVlSlOU , COMMÂtlDiNT CELLE DV HAVT-BHIS , AD CITOYEfl BOVCHOTTE , MINISTHE DB LA GCBIIRB.

Citoyen minisire.

Mon attachement à la chose publique et mes principes républicains ne me permettent pas d'accepter le commandement en chef de l'armée du Rhin , dont vous m'annoncez , par votre lettre du h courant , que le Conseil exécutif vient de m'investir. Ce commandement a été remis , par les représentants du peuple , entre les mains du citoyen Carlenc '"', général de division , qui connaît l'esprit de cette armée et en suit depuis lonj^emps les opérations et les mouvements. Je le crois infiniment plus apte que moi à la dirifjer, et je risquerais de compromettre le salut public en me chargeant d'un commandement aussi important , pour lequel je ne dois pas vous dissimuler que je n'ai ni les talents ni l'expérience nécessaires '*'. Veuillez donc , je vous prie , citoyen ministre , engager le Conseil exécutif à fixer son choix sur un autre ou à confuTner la nomination faite par les représentants, et agréer les sentiments de ma reconnaissance pour ce nouveau témoignage de confiance, qui ajouterait, s'il était possible, au vif désir que j'éprouve de concourir de tous mes moyens au triomphe de la liberté et au salut de la République.

PiCHEGRD.

(Orig., Arcb. de la guerre, armée do Rhin.)

slo. vous ai envoyé, citoyen ministre, un courrier pour vous prier de nommer un autre chef à l'armëe de la Moselle, et j'espère que vous aurez eu égard à mes justes représentations. Je ferai pour mon pays toute espèce de sacrifices, mais ce serait le trahir que de prendre une charge dont on ne serait pas capable de supporter le poids n

Le 1 1 octobre 1 798 le ministre de la guerre transmit au Comité de salut public la lettre du général de Launay. (Orig. , Arch. de la guerre, armée de la Moselle.)

'■' Jean-Pascal-Raymond Carlenc , né à AIbi (Tarn) le 19 septembre 1798, était cbcf d'escadron au 1 1' dragons quand il fut promu successivement par les repré-

sentants i l'armée du Rhin , Ruamps et Borie, général de brigade le 30 septembre 1798, divisionnaire le 1" octobre et commandant en chef provisoire de l'armée du Rhin le a du même mois, en place du général Delmas, enfermé dans Landau. — J'ai donné une courte notice sur Carlenc au tome I", p. 170, note 3. Il faut ajouter qu'il mourut à Saint-Pons (Hérault) le 1" mars 1828. (Cf. aussi la biographie du général Carlenc que j'ai présentée , en avril 1896, au Congrès des sociétés savantes.)

C' Pichegru écrivit , le 11 octobre 1798, à Carlenc pour lui annoncer qu'il avait refusé le commandement de l'armée du Rhin. (Orig., Arch. de la guerre, armée du Rhin.)

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [7 oct. 1798.]

ABREAU, VALLÉE D'ADRE, 7 OCTOBRE 1793.

LE GÉNÉRAL DE BRIGADE LASSALLe"', COMMANDANT DANS LES VALLÉES

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