AU NOM DE LA REPUBLIQUE, UNE ET INDIVISIBLE
Lus représentants envoyés près l'armée du Nord, vu l'attestation du citoyen Ronde! , chirurgien aide-major, constatant que le citoyen Farriau, mis en état d'arrestation, est atteint d'infirmités graves, arrêtons que ledit citoyen Farriau est autorisé à se retirer provisoirement chez lui sous la garde d'un citoyen, qui répondra de sa personne et qui sera entretenu à ses frais, jusqu'à ce que ledit citoyen Farriau ait produit un certificat au comité de surveillance, visé par la Société populaire. Les officiers municipaux de Réunion-sur-Oise sont chargés de l'exécution du présent arrêté.
Fait et arrêté à Réunion-sur-Oise, le 1 1 octobre 1793, l'an n de la République.
Cahnot, Dlquesnoy.
(Copie avec les sigiiuluies de la iiiaiii do Duquesiioy, Ai'cU. uat. , KV ii a33.)
[i 1 ocT. 1 7()>i
RÉUNION-SDR-OISE (gI'ISe), tl OCTOBRE i793. ARRÊTÉ DE DUQUESSOY.
Nous, représenUint du peuple près i";ii'iu(!e du Non] , considéraut (pie les ordi-es |)rëcipilés donnés par nous au chef de brigade du génie Carnot, de venir sur-Iechanip de Saint-Omer à Guise'"', l'a obligé de s'y rendi-e en poste, lorsqu'il eût pu , sans cette cireonslance , rejoindre l'armée avec ses chevaux , qu'il a été obligé de l'aire suivre h petites journées, arrêtons que ces frais de poste, montant à la somme de cent soixante et quinze livres , lui seront remboursés , en forme d'indemnité, sur les fonds extraoïdinaires de la guerre.
A l'ié'.inion-sur-Oise, le ii octobre i7<)3, l'an ii de la République française une et indivisible.
DlQtESNOV.
(Copie aut. de ( iiriiDl-Feiilint, Arcb. mil., AF u 333.)
RÉUNION-SUR-OISE (gIISe), Il OCTOBRE 1798. LE GÉNÉRAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Au ((uartier général à Réuniou-surOisc, In 1 1 octobre, l'an 11 de la Rcpubli(iur\
1« CITOÏBN JOVKDÀN au MI.MSTFE DE LA GDERRB.
D'après la su8|)cnsion des généraux Béru et Beaurgard '*', je fais remplacer le
"' Ce dorunicut contredit le passage suivant des Mémoircn $iiy Carnot (^iwuv. éd., I, 60g) : «il (l>arnot) partit dans la nuil , après avoir envoyé un courrier à Péronne, où résidait son frère Feulint, prévoyant qu'il aurait liesoin de lui pour quelque poste de dévouement. n On le voit, Carnot-Feulint résidait alors à Saint-Omer, d'où il vint rejoindre en (xisle son frère à (îuise, et non pas à Pérou ne.
'' Le général Victor lîcaurgard , su.spendu de ses fonctions, écrivit la lettre suivante à Bouchottc (Orig. aut., Arcli. adm. de la guerre, dossier Beaurgard) :
«L^aon , le 1 5 octobre .
l'ao II de la République une et indivisible.
itLe citoyen Victnr Bettiirj;nril au citoyen minittre de la gueiTe.
» Citoyen ministre,
ftJ'ai reçu votre lettre qui m'annonce que le Conseil exécutif provisoire me suspend de mes fonctions de gi-néral de brigade ; je m'y suis conformé sur-le-rhamp , avec la douleur de voir mes camarades voler au combat, verser leur sang pour noire mère patrie! et moi rester dans l'inaction. . . Pour un républicain, cette situa-
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CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ii oct. 1798.
premier par ie général de division Souham , commandant à Dunkerque '">, et le second par le général de brigade Lemaire. C'est le meilleur choix que j'ai pu faire
tlon est affreuse. . . et surtout dans io moment où la République a plus que jamais besoin de ses défenseurs.
«Les ennemis de la cliose publique n'ont point uian(|iié do me trouver des torts: vrais ou faux, il m'en fallait; j'étais pour eux un boiniiie dangereux et trop clairvoyant et avec qui mon républicanisme sévère ne pouvait s'accorder. C'est un crime à leurs yeux que d'être sans-culotte et de déjouer leur trame aristocratique; donc il fallait s'en défaire à quelque prix que ce soit et ils ont réussi.
(tPout arriver à ce but, ils ne pouvaient crier à la trahison, mes principes sont trop connus. Us ne pouvaient attaquer mes dispositions militaires , puisqu'elles avaient été approuvées par fous les généraux et les représentants du peuple. Ils ne pouvaient attaquer ma bravoure , j'étais tous les jours à la tète de mes patrouilles. Il fallait donc rapporter des faits qui, pris dans un sens contraire, aient ])U induire en erreur et le Comité de salut public et ie Conseil exécutif.
«La voix publique m'a appris que les motifs de ma suspension étaient d'avoir fait tirer le canon le jour que j'ai été parrain d'un enfant sans-culotte.
«Le fait est que je reçus une lettre de Dunkerque qui m'apprit la victoire que nous venions de remporter sur les Anglais ; j'en donnai à l'Instant lecture à la société répulilicai^ie, qui fit illuminer et moi tirer cinq coups de canon.
«Autre fait, que deux obusiers, une pièce de canon , que l'ennemi nous a pris , en était la seconde cause. Daignez, citoyen ministre, mander à la société ])opulaire de la Réunion-sur-Oise, qui est le coupable; je l'ai dénoncé moi-même le coupable, et ie comité de surveillance a demandé provisoirement sa suspension.
«Eb bien, je vais vous dire, citoyen ministre, ce qui m'a suggéré des ennemis : c'est d'avoir empêché les Autrichiens d'entrer dans les villes de ci-devant Guise et de
Vcrvins, appartenant autrefois au monstre de Condé et où il est encore désiré par la plupart de ses habitants; d'avoir fait mettre en état d'arrestation trente ci -devant et personnes suspectes; d'avoir fait changer le nom de <!uise et substituer celui de Réunion-sur-Oise; d'avoir rétabli la société j)opulaire querarislooratie dominante avait dissoute. Tous ces faits sont de grands crimes, au moins aux yeux des ennemis de la Révolution , mais c'est un devoir aux yeux d'un vrai sans-culotte, et je dispute ce titre au premier de Paris. Daignez, citoyen ministre, prendre des informations sur mon compte , et vous y verrez la \ érilé des faits que j'avance.
«On m'a cependant suspendu, sans m'entendre, et l'on me ])rive de verser mon sang pour ma patrie, en purgeant la terre de la liberté de la horde de brigands qui la souille.
«Vous m'offrez, citoyen ministre, de mettre sous les yeux de la (convention le mémoire de mes services. Quoique j'en aie assez pour obtenir une jiension aux termes de la loi, je n'en veux point; je suis sans fortune, mais je sais travailler et ne suis point républicain par intérêt. Si le hasard avait voulu que j'eusse été estropié, alors j'aurais eu recours aux bienfaits de ma patrie; mais, malgré deux coups de sabre et deux coups de feu, je suis libre; puisque je puis travailler, je ne veux [)oinl employer les fonds de la République que je ne sois hors d'état de pourvoir à ma subsistance.
« Je me retire à Soissons pour me conformer aux dispositions de la loi. Si la vérité est reconnue et que la Répul)lique ait besoin de mon bras, là je recevrai vos ordres et quitterai mon travail pour offrir à ma patrie le reste de sang qui coule dans mes veines.
rrLe républicain,
«V. Reaurgard.»
(') Le même jour, 1 1 octobre , Jourdan écrivit à Souham ( Arch. de la guerre, reg
eu ce moment. Je fais remplacer Souham à Duukerque par le général Vandamine , qui est celui qui peut rendre les meilleurs services dans ce pays.
Toutes mes troupes sont réunies ; j'ai ordonné un mouvement ce malin '"'. L'avanlgaixle, commandée par le général Fromentin , se porte à Avesnes. Il lui est ordoné de s'emparer des bois qui sont en avant de cette place, que l'on nomme haies d'Avesnes ; il s'y retranchera fortement et n'évacuera les postes de la forêt de Nouvion (pie lorsqu'ils seront relevés par la division du général Duquesnoy. Je vous ferai part , jour pai- joiu-, de la situation de l'armée.
Je mettrai en usage, suivant les circonstances, les moyens que vous m'indiquez pour frapper, étonner nos ennemis et les mettre en déroute. Soyez persuadé que je n'eu négligerai aucun. Si nous avons le bonheur, comme je l'espère, de passer surlenr territoire ,je ferai rim[)ossible pour détruire toutes leurs ressources. Comme mon projet d'attaque dépend beaucoup de la situation (pie pren(h'a l'ennemi , d'après les différents mouvements cpte je fais aujourd'hui et que je forai demain , je ne puis vous en donner aujourd'hui le détail. Ou m'a amené aujourd'hui un homme tpii doit se jeter dans Maubeuge et avertir le généi^al du secoui-s qui lui airive. Je désij'e bien qu'il puisse réussir '**.
JODRDAN.
( Orig. , Arcii. de la guerre , armée du Nord.)
de corr. de Jourdaii, p. 38) : "Vous devez être mamtenaut assuré , mon cher Soubain , que l'eiincmi ne |)eiise pas vous alta<|uer dans votre rainp. J'en suis aussi persuadé que voire zèle el votre désir de les bien frotter, s'ils s'y présentaient; mais romme j'aurais peur qu'ils vous y laissassent trop longtemps tranquille et qu'ils ne fournissent pas à votre valeur et talents l'occasion de s'exercer, je vous envoie ci-joint un ordre pour prendre le commandement de la division de Lille. Vous remettrez au général Béni la lettre que je vous envoie ci-jolnle. Ne perdez pas un seul instant |)our vous y rendre. Vous remettrez le commandement de Dunkcrque et du camp retranché au général Vandamme.» — Le |4 octobre, Souham annonça son arrivée au camp de la Madeleine, tout en déclarant qu'il aurait élé aussi utile à Dunkerque qu'au camp, et il demanda le général Hoche pour le seconder. irMa confiance en ses lumières et en sa capacité , disait-il , vous répond de la sûreté et du salut de ce poste. •> (Copie, Arch. de la guerre, armée du Nord.)
'') Ou trouve dans le regislre du général Jourdan (Arch. de la guerre, ta/44 , p. 34 et 35) les ordres suivants donnés par lui le 10 octobre 1798 : 1° Ordre au général Fromentin de partir le lendemain matin 1 1 avec sa tUvision |)our se rendre à Avesnes et s'emparer des haies d'Avesnes, où il se retranchera très fortement. — a° Ordre au général Duquesnoy de partir le 1 1 avec sa division pour se rendre à Etrœungt, entre la Capelle et Avesnes, pour y camper dans la position du général Fromentin et faire relever toutes les troupes de ce dernier qui occupent la forêt de Nouvion. — 3° Ordre au général commandant à Avesnes de recevoir les huit mille hommes du général Fromentin.
<•' Le i3 octobre Bouchotte répondit en ces termes à Jourdan (minute, Arch. de la guerre, armée du Nord) :
«Le 9t du i" mois lygS.
(t Le minittre <U la guerre au géttéral en chef Jourdaji.
itJe refois votre lettre du jo, ([ui m'an- »9-
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [n oct. 1798.]
PARIS, 11 OCTOBRE lygS.
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOCCIIOTTE AU COMITÉ DE SALUT PUiaiC.
Analyse. — Deux lettres : 1° Il fait passer copie des ordres expédiés par lui pour la destiUUion du général Kellermann*''. (Analyse, Arch. de la g^uerre, corr. gén.) — 9° 11 envoie copie d'une lettre rrdu citoyen Cravey, commandant temporaire de la Teste-de-Ruch, qui m'annonce avoir congédié la garde bordelaise qui faisait le service de la place et de la batterie de la Roquette et avait le projet de s'emparer de ce poste pour les Muscadins <*'. » (Orig. , Arch. de la guerre, corr. gén.)