TABLEAU
DES PRIX DE LA FABRICATION DES PlÈCKS SEPAREES DE FOSILS, À PARIS,
lixés provisoirement jusqu'au 3o du deuxièuie mois de la seconde année
de la Répul)liquc française une cl indivisible.
On fournit les lames seulement aux ranonniers.
' Force....
j \ Forage . . .
§ l Emoula(;e.
o J Culasse. .
Mémoire o o
\ Garuilure a
Les ouvriers se fournissant de tout.
Emboiichoirs
Capuciiieit.
de forge, i ' 4
de Unie, o i8
de forge, o U
de lime, o
Ballanls ] dn sous-gardes)
Grenadièresj de forge.
de milieu j de lime.
Sous-garde, I mo<|f'le ' répulilicain
Détentes
et pièces de détentes
de forge, de lime.
de forge, de lime.
de forge, de lime.
0 li
Plaques do couche
Plaque
de forge, o 1 5 ) de lime, o lo j de forge, a 6 ou porte-vis j de lime, i 6 Trois ressorts de capucine flnis. o i a Deux vis de platine, une culasM. o la
Deux vis de plaque o 8
\ Deux vis de sous-garde o G
Les ouvriers se fournissent tout.
Corps de platine i' o"
Cliicn complet, i o
/ ^c I Batterie o i6
forge. I Noij o 5) 3' i6"\
Bride ...'.... o 6
(lacliello 0 3
Les huit vis. . . o 8 Grand ressort, i o Ressort de batterie o 1 5
de forge
et lime, f Ressort de gâchette 0
' Limage et ajustage de la platine, ij o
Baguettes.
Les cavrier» se fonrnisscnt tout, de forge 1 ' 1 8"
Baion nette.
de lime o la
Les ouvriers se fournis.senl lotil.
I Forge 3' 10'
1 Lime 1 o |
(Emouiflge , polissage . . o t a { Forage o a
On fournit loiit à l'ouvrier, excopté les outils.
I Trempe de platine. ... o' lo'l
AJ">l»K" ) Monter le fusil q o 0 15
et montage, i ^ 1 j
[ Ajuster la baïonnette. . 0 5)
Tiroliourro o 1 a
La livre de fonte pour les bassinets et guidons ,
pour façon 1 o
RtXAPITULATION.
Canons 10' ij"
Pièces de garniture y 16
Platine» 1 ', ig
Baguettes a 10
Baïonneltes 6 4
Ajustage et montage g i5
Tircbourre o ta
IHPniULBIC «ATIOSALE.
Perfectionnement des travaux.
Pour établir la grande fabrication de fusils qui a été décrétée le 9 3 août, on ne pouvait compter que sur un petit nombre d'ouvriers venant des manufactures et exercés au genre de travail qui leur est propre; la grande ressource était dans les ouvriers de tout genre que renferme la ville de Paris , ouvriers dont le zèle inspire la plus grande confiance, et qui, étant ce que la République renferme de plus habile, exécuteront d'abord bien et avec lenteur, et bientôt exécuteront avec rapidité et mieux qu'on ne fait ordinairement dans des établissements écartés et privés de toute émulation. Cependant, pour ne rien donner au hasard, et pour assurer à la République les ressources sur lesquelles elle doit compter, le Comité de salut public a voulu que, d'abord, dans toutes les parties de la fabrication, l'on ne s'écartât pas des procédés usités dans les manufactures; mais aussi il a pris des mesures pour profiter dans la suite des lumières des artistes, échauffer leur génie et favoriser tout ce qui pourrait perfectionner les armes et accélérer la main-d'œuvre.
Dans chacun des ateliers , indépendamment de régisseurs comptables . il y a un directeur des travaux choisi par les ouvriers, revêtu de leur confiance, et dont la fonction principale sera de surveiller la qualité des matières employées et les procédés de la fabrication. Ces directeurs des travaux sont subordonnés à un artiste distingué, membre de l'administration centrale, et qui doit établir entre eux la correspondance nécessaire à l'uniformité du travail et à la communication des procédés.
Dès qu'un procédé nouveau sera proposé, si l'administration centrale, après l'avoir fait examiner par les directeurs des travaux, juge que son introduction puisse être avantageuse, elle en fera faire l'essai dans un des ateliers, et lorsque, par l'expérience, elle sera assurée du succès , elle en ordonnera l'emploi dans tous les ateliers et en chargera les directeurs des travaux.
Déjà plusieurs artistes recommandables ont présenté des machines nouvelles pour forger les canons, pour les forer, pour les blanchir; ces machines doivent dispenser les ouvriers de l'attention nécessaire dans les procédés en usage et suppléer à l'adresse, qui ne s'acquiert
qu'avec le temps et par l'habitude. Le ministre de la guerre a été chargé d'en faire faire l'essai et, si elles réussissent, comme il y a lieu de l'espérer, la fabrication en sera plus parfaite et plus rapide.
CHAPITHE II.
DES ADHIMSTRATIONS.
Les ouvriers ne peuvent être occupés , soit dans leurs propres ateliers, soit dans ceux de la Répubiifjue, que de leurs travaux particuliers; il faut que l'on ait soin pour eux de la préparation, du choix et du rassemblement des matières premières; il faut que les matières leur soient distribuées, que leur travail soit reçu, que leurs salaires leur soient payés, que les procédés nouveaux leur soient transmis; il faut enfin qu'il s'établisse une juste proportion dans les travaux, et qu'on puisse rendre de l'activité aux parties de la fabrication qui, pour quelque cause que ce soit, éprouveraient des ralentissements, et par conséquent retarderaient la confection des armes. Tout cela doit être le but de l'administration, et parce que tous ces objets sont extrêmement variés et distincts, le Comité de salut public a pensé qu'il devait y avoir trois administrations ; une centrale, chargée, des objets généraux; une seconde, chargiîc de ce qui est relatif à la fabrication des canons; une troisième, de ce qui regarde celle des autres pièces du fusil.
Enfin, outre ces trois administrations, chacun des magasins a un chef responsable.
Administration centrale.
L'administration centrale est chargée des approvisionnements de tous les genres : elle s'occupe de la préparation, du choix et du rasseml)lement des matières; elle passe des marchés avec tous les fournisseurs et elle en presse l'exécution ; elle reçoit les soumissions de tous ceux qui veulent entreprendre ou des pièces séparées, ou des fusils complets; c'est à elle que s'adressent tous les ouvriers qui demandent du travail; elle surveille les procédt'-s de la fabrication et elle s'occupe de leur perfectionnement.
Elle entretient la correspondance avec le Comité de salut public, avec le ministre de la guerre, mais pour éviter les abus, ce n'est point
elle qui fait la recette des matières ni celle des ouvrages; elle ne paie rien , elle n'a point de caisse.
Pour remplir toutes ces vues, le ministre de la guerre l'a composée de huit républicains zélés, dont les uns sont très exercés dans la comptabilité des matières et finances, les autres ont la connaissance de la nature et du prix des matières, d'autres enfin sont au fait de tous les détails de la fabrication.
Cette administration a déjà passé un grand nombre de marchés, tant pour acquisition de matières que pour distribution de travail.
Administration des canons.
Le canon est la partie la plus importante de l'arme; une administration particulière est chargée de tout ce qui regarde la fabrication.
Elle reçoit les lames à leur arrivée des forges, et elle les distribue ensuite aux canonniers.
Elle reçoit les canons forgés et les distribue ensuite aux foreurs cl aux émouleurs.
Elle reçoit les canons forés et blanchis.
Elle fait la recette des culasses.
Elle distribue les canons et les culasses aux équipeurs.
Elle reçoit les canons équipés et en fait faire l'épreuve.
Elle reçoit les baïonnettes.
Elle distribue les canons éprouvés et les baïonnettes aux ajusteurs monteurs, et elle fait la recette des fusils montés.
Elle paye les matières et les ouvrages dont elle fait la recette.
Elle est composée de cinq citoyens au fait de la comptabilité et des détails de la construction.
Adminislratton des platines et des pièces de garniture.
La fabrication de toutes les autres parties du fusil est conduite par une administration particulière.
Elle reçoit les pièces séparées des platines, au sortir de la forge.
Elle les distribue toutes assorties aux platineurs, et en reçoit les |)latines montées.
Elle reçoit les différentes pièces de garnitures toutes blanchies.
Elle reçoit les baguettes.
Elle reçoit les bois de fusils bruts.
Elle distribue tous ces objets assortis aux équipeurs-monteurs.
Enfin elle paye aussi toutes les matières et tous les ouvrages dont elle fait recette.
Elle est composée, comme la précédente, de cinq membres pris parmi les citoyens exercés dans la comptabilité et parmi ceux qui connaissaient la fabrication.
Administration des mafrasins.
Chacun des magasins de fer, d'outils et de charbon est administré par un garde-magasin responsable et par un nombre de subordonnés sullisant pour opérer les receltes et les délivrances, pour mettre de l'ordre dans la distribution des matières et dans la comptabilité.
L'alHuence tant des fers neufs que de ceux qui proviennent de la démolition des grilles inutiles est si grande, que le local qui avait été désigné pour ces objets ne peut plus suffire
Le Comité de salut public vient de destiner la ci-devant église des Jacobins-Saint-Dominique pour le magasin des fers neufs; ils y seront à couvert et en sùreti;. Les différentes chapelles présentent les compartiments tout faits pour classer les fers suivant leur nature et leurs échantillons. Quant aux vieux fers, qui par leurs formes ne sont pas susceptibles du même arrangement, ils resteront dans ie jardin de la maison Maupeou; là on séparera le fer aigre de celui qui, par sa nature, peut servir à la fabrication des armes, et on le vendra pour les besoins du commerce et j)our les objets auxquels il est propre.
Telle est l'org.inisation de la fabrication extraordinaire des fusils à Paris. L'expérience v apportera vraisemblablement quelques changements; le génie des artistes de Paris introduira, dans les procédés de la fabrication, des perfectionnements dont on rendra compte successivement, et tous les mois il sera publié et affiché un état des approvisionnements en tous genres, et de la quantité d'objets qui se fabriqueront alors parjour, etdu total des objets qui, jusqu'alors, auront été fabriqués.
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MAUBEKCE, 90 BRUMAIRE AN II (lO NOVEMBRE 179.3). MÉMOIRE DU CAPITAINE CORDELLIER AU COMITE UE SALUT PUBLIC,