PARIS, 3i AOÛT lygS
LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU REPRÉSENTANT LEGOT ''', MEMBRE DU COMITÉ DE LA GUERRE.
Analyse. — II serait diflicile de ne pas se rendre à la proposition qu'il a faite d'employer l'obus et la bombe à ricochet contre la cavalerie ennemie, r L'usage en a paru des plus utiles. Nous vous prévenons que déjà l'on travaille avec activité à la confection de cette espèce d'arme ''^'. »
(Minute, Arch. nat., AF il a38.)
LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCIIOTTE
Analyse. — Envoi d'une copie de la lettre des représentants à l'armée du Nord , relative au commissaire ordonnateur Petitjean '*'.
(Minute, Arch. nat., AF ii a38.)
"> Alexandre Legot, né à Falaise (Calvados) le 9 1 oclolire 1747, lioinnie de loi, député du Calvados à la (ionvenlioii et au Conseil des Cinq -Cents, exclu après le 1 8 brumaire , avoué près le tribunal de rassation, mort en 181 3.
W La lettre de Legot au Comité est datée de Paris, 18 août 1798. Il y expose les terribles cITets de l'obus, dont les ennemis ont fait contre nous, dans celle guerre, un usage si efficace. irEh bien! dit -il, nous n'avons pas daigné les imiter. Est-ce par une criminelle insouciance? Est-ce par trahison? Ces deux motifs pourraient s'être réunis aux mille et un moyens qu'on emploie joumellonieiil pour étouffer notre liliertc naissante. Si cependant une des parties lielligéranles avait besoin de faire usage de cette invcnlion , ce serait certainement nous, puisque le motif de la supériorité actuelle de nos ennemis vient de leur innombrable cavalerie, et que l'obus
est l'arme la plus meurtrière qu'on puisse employer contre une Iroupe à cheval. Ce n'est pas le tout : personne n'ignore que la bomlie à ricochet met en déroute la cavalerie la plus ferme et la mieux disciplinée, et nous avons négligé d'en faire usage. ..» (Orig., Arch. nat., AF 11 a38.) — En marge du résumé de cette lettre, Carnot a écrit : » Répondre qu'on travaille avec activité à la confection des armes proposée.»
'■■''' Carnot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, VI, ai5.) On trouve un arrêté écrit par lui pour mettre 60,000 livres à la disposition de la ville d'Aire, menacée par l'ennemi. — Carnot rédige aussi le décret de la Convention du 1" septembre enjoignant aux représentants du peuple près les armées de nonuner des commissaires pour remplir les fonctions des administrations des villes investies par l'ennemi. (Orig. aut., Arch. nat., C 368.)
'■•' Collombcl et Le Tourneur avaient
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i"8ept. 1793.]
21. PARIS, l"' SEPTEMBRE 1798 '^'. LE COMITJÉ DE SALUT PUBLIC À PHILIPPEAUX '"'.
Citoyen collègue,
Le Comité n'a pas été peu surpris du ton d'aigreur et de reproche avec lequel vous lui manifestez vos soupçons , vos craintes et vos vœux '^'. Si tel était le caractère de nos communications réciproques, bientôt le concours de nos efforts ne présenterait qu'une lutte fâcheuse qui substituerait les résultats de la mésintelligence à ceux d'une heureuse et nécessaire harmonie.
Le Comité n'a rien changé aux plans proposés le q3 '*'. Il pense que l'armée de Mayence doit être aux ordres du général Canclaux '^',
écrit d'Arras, lo a5 auût 1798, au Comité pour l'avertir qu'ils avaient maintenu dans ses fonctions le commissaire-ordonnateur Petitjean, destitué par ie ministre de la guerre. En marge se trouve cette annotation autographe de Carnot : <tk communiquer au ministre de ia guerre. Répondre que le ministre a nommé Pintlion, commissaire ordonnateur, pour remplacer Petitjean. I) Une lettre conforme fut envoyée aux représentants ie i" septembre. (Arch. nat. , AF II 938.)
'') La pièce est sans date, mais Philippeaux dit, dans son Compte rend», 3' partie, p. 3 1 , qu'elle était du 1 " septembre.
(') Pierre Philippeaux, né à t'errières (Seine-Inférieure) le 9 novembre 175a, avocat, député de ia Sarthe à la Convention, décapité à Paris le 5 avril 179/1.
W La lettre de Philippeaux au Comité, datée de Tours, le 3o août 1798, trois heures de l'après-midi, contenait des plaintes véhémentes sur le changement du plan de campagne du a 3 août, tt Depuis ma dernière missive , écrivait-il , expédiée par le courrier ordinaire, une lettre de Ronsin nous annonce que, cédant aux observations de Bourl)otte, vous avez changé de fond en comble le plan de campagne du a 3. J'ignore si Bourbotte a su descendre jusqu'à protgécr une ligue infâme qui vous
déshonore et perdra la République; mais, en tous cas, votre rétractation, si elle existe, ne peut que vous compromettre essentiellement et vous faire soupçonner même de vouloir favoriser nos ennemis, qui certes, dans cette hypothèse, auraient tout l'avantage. Si c'est un mensonge de Ronsin , il est bien barbare à lui de consterner tous les hommes de bien qui veulent sincèrement sauver leur patrie. Cette nouvelle nous a pétrifiés, comme si on nous eût appris la perte de deux batailles. . . Si elle est réelle , vous pouvez dire adieu à la ci -devant Bretagne. Les patriotes, qui avaient poussé des cris d'allégresse lorsqu'ils voyaient l'année de Mayence descendre vers eux, vont être glacés d'indignation et de désespoir. Les fédéralistes, les fanatiques et les aristocrates vont triompher. Vous pouvez concevoir dans quel abîme vous auriez plongé toutes les contrées occidentales de ia République...» (Cf.
Aulard, VI, 198.)
'*' Cf. Chassin, La Vendée patriote , III,
'') Cette phrase est de la main de Carnot. — Jeau-Baplistc-Camille de Canclaux, né à Paris le a août 1740, fils d'un conseiller au grand Conseil, \olontaire au régiment de Funiel-Cavalerie le 1" juin 1756, cornette le t" février 1707, rang
[i" SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 71
mais il n'a pas dû s'attacher assez à une opinion isolée pour lui sacrifier des opinions contraires qui méritaient aussi de sa part de grandes considérations. Nous avons donc jugé convenable qu'il y eût à Saumur une réunion des représentants du peuple pour concerter et arrêter définitivement les mesures qui doivent enfin rétablir le règne de la lilierté dans cette partie de la République '''.
Vous concevez comme nous, citoyen collègue, que le meilleur plan sera celui qui , formé par l'amour de la liberté , sera exécuté avec un concert plus parfait '-'.
(Minute avec corrections autographes de Carnot, Arch. iiat. . AF u 967. lard, VI, 94.)
Piibl. par Au-
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE Al COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Il a reçu comimniifation de la letlro anonyme arrivcie <lp l'armée (le la Moselle et signalant les vices de la composition des avant-gardes. «U n'est pas étonnant qu'il y ait des recraes dans les corps qui servent aux avant-gardes , puisque l'on en a versé dans tous les corps des armées; mais les chefs doivent les
de capitaine le 3o mai 1760, reformé en avril 1763, aidc-major le 11 avril 1768, major du régiment de Coiiti-Draj;oiis le la décembre 176K, rang de iiiestre de camp le a6 janvier 1778, chevalier de Saint-Louis le 3 mars 1774, brigadier le 1" janvier 178'!, maréchal de camp le 10 mars 1788, lieutenant (jcnéral le 7 septembre 1793, commandant en chef de l'armée des Côtes le 10 avril 1798, suspendu le 10 vendémiaire an u (1" octobre 1798), réintégré, et nommé commandant en chef de l'armée de l'Ouest le 17 vendémiaire an m (H octobre 179/1), cesse ses fonctions le 1 ■! fructidor an m ( 39 août 1795), autorisé à prendre sa retraite le a 4 vendémiaire an iv (16 octobre 179Ô), commandant la iV division militaire le i4 frimaire an tmi (5 dwembre 1799), inspecteur général de cavalerii- le 5 thermidor an u (a4 juillet 1801 ), membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an \ii (it décembre i8o3) et commandant le
a5 prairial (i4 juin i8o4), sénateur le 80 vendémiaire an xiii (aa octobre i8o4), ccmmandant des gardes nationales des départements de la Seine-Inférieure et de la Somme, comte de l'Empire en mars 1808, commissaire extraordinaire dans le département d'Ille-et-Vilaine le a6 décembre 1818, pair de P'rance le A juin i8i4, commandeur de l'ordre de .Saint-Louis le a8 août i8i4, pair de France le a juin 181 5, refuse ce poste, rayé par ordonnance du a 4 juillet 181D, mais reprend son siège le lu août suivant, mort à Paris le 37 décembre 1817.
'') La réunion des représentants et des généraux eut lieu à Saumur le a septembre 1798. (Cf Savary, Guerres det Vendéen* et det Chouan», H, 90, Aulard, VI, a6a, et Chassin, Im Vetulée patriote, III, a3.)
") ('i(. dans Aulard, VI , :îfi3 , la réponse de Philippcaux en date de Saunmr, le 3 septembre 1798.
72 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i" sept. 1798.]
faire exercer et instruire, et ne les jamais placer dans des postes importants. Je vais recommander la plus grande attention et la plus grande surveillance. J'en avais ddjà écrit rirculairement, il y a un mois, aux généraux des armées.»
(Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.)
1" SEPTEMBRE l"]^^- LE GÉNÉRAL HOUCIIARD AU MINISTRE DE LA (iUERRE BOLCIIOTTE.
LB GHXERAL EU CHEF AU CITOYEU MINISTRE DE LA GVEJtRB
je vous rends compte, citoyen ministre, des événements arrivés depuis ma dernière dépêche: les ennemis, bien décidément, ont divisé leurs forces on deux grands corps d'armée , dont l'un agit sur la Flandre maritime et l'autre sur les places du Hainaut.
Le rapj)ort ci-joint du général Ihler vous fera voir qu'il a été forcé d'évacuer la forêt de Mormal et d;; se retirer par Avesnes sur Maubeuge, comme je lui avais donné l'ordre de le faire , au cas qu'il fût foi-cé de faire sa retraite. En effectuant cette reli'aite , il a jeté dans Landrecies la garnison nécessaire à sa défense. Le conunandant de cette place ne m'avait l'endu aucun compte des objets qui peuvent lui manquer; je n'ai pu donc les lui faire fournir; la poudre y est en petite quantité, mais vous savez que cette espèce de munition manque totalement dans cette partie de la frontière.
Les ennemis ont aussi fait des attaques multipliées du côté de Lille; plusieurs actions ont eu lieu dans cette piu'tie , où les troupes de la République ont toujours eu l'avantage sur celles des tyrans. Le dernier combat , dont vous verrez le détail dans le l'apport du général Jourdan que je vous envoie, aurait été une des actions les plus brillantes , si nos trouj)es , au sein de la victoire , avaient resté fermes et disciplinées. Ce fatal exemple d'une terreur ])anique qui s'empara des esprits au milieu des succès est la cause de presque toutes les défaites que nous éprouvons. Condiien il est douloureux de voir passeï- dans les mains des ennemis notre superbe artillerie que celle prise sur eux no peut pas remplacer, à cause de la différence des calibres des boulets 1 11 faut que nous la reconquérions; et j'espère que les troupes (jui l'ont abandonnée répareront ce malheur. Je vais faire fder du côté de Lille une autre division, afin que si décidément Dunkerque est menacé, comme cela est |)i'obablo , nous ayons une armée caj)able non seulement de résister, mais de battre les ennemis. Nous étions extrêmement faibles dans celte partie de la Flandre maritime : depuis BaiUeul jusqu'à Dunkerque, la masse totale ne va pas, y compris les garnisons, à plus de 17,000 hommes, et vous savez ((ue Dunkerque ne peut être considéré que conune un camp reli-anché à la défense duquel il faut beaucoup de troupes.
O On lit en tète ces mots autographes de Bouehotte : «Secrétariat. Faites à l'instant une copie pour le Comité de salut public, n
[i" SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 73
La prochaine arrivée des troupes de la Moselle m'a facilité dans l'envoi des troupes nécessaires pour la défense de la Flandre maritime. J'y ai donc envoyé trois divisions : une, commandée par le général Honianet '", occupe le camp de Mons-en-Pévèle et assure la communication de Douai à Lille ; la seconde , commandée par le général Jourdan , se porte sur tous les ])oints menacés pour y combattre l'ennemi. Je ne puis que me louer de la conduite brave et intelligente de ces deux généraux; la troisième va être connnandée par le général Landrin; elle se portera entre Dunkerque et Cassel. Dans cet état de choses il me reste peu de monde au camp de Biache, et il est instant que les troupes de la Moselle viennent me recompose!- une armée avec lacpielle j'espère marcher à la victoire. Je pense que 10,000 honimes d'infanterie et 9,000 hommes de cavalerie venant de la Moselle doivent rester entre l'bilippe\ille et Maubeuge pour agir conjointement avec les deux divisions du camp retranché de Maubeuge; les autres i4,ooo hommes d'infanterie et 4, 000 de cavalerie me joindront au camp de Biache, pour former le corps d'armée ([ue je commanderai particulièrement'''. Les trou|)es qui sont dans la Flandre maritime formeront une niasse qui agira de ce côté. Telles sont les dispositions que j'entrevois , citoyen ministi'e , et dont je vous prie de faire part de suite au Comité de salut public, n'ayant pas le temps de lui envoyer une dépêche particulière: j'y joins les deux rajtports du général Ihler et du général Jourdan. Je n'ai encore reçu aucuns détails particuliers sur les différentes actions.
Le général en chef de l'année du Nord et des Ardennes ,
HoL'CniRD.
P.-S. Il est pressant, citoyen minisli-e, que vous me fassiez passer avec la plus grande diligence vingt pièces de canon de bataille avec tous leure accessoires.
(Orig., Areh. de la guerre, armée du Nord.)
"' Joseph Roinanet, chpvalior du Cailiaud, né à Limoges (Haute -Vienne) le 4 défeinhre I7'i8, soldat au régiment de Périgord-Infajiterie le i" mai 176^, souslieutciiaiit le 18 août 176G, lieulenant le 17 août 1770, lieulenant de la rompagnie colonelle le 17 juillet 1776 , capitaine en second au réjjinient de la Marche le 3 & juin 1 780 , chevalier de Sainl-Louis le 5 octobre 1788, capilaine-CDUunandanl le -i '3 juin 1789, lieulenant colonel du 4.5' régiment d'infanterie le 9 juin 1 79 •), colonel provisoire le 7 avril 1793, général de brigade à l'amiée du Nord le i5 mai 1798, suspendu le 1 5 septembre 1 798 , réintégré et
employé à l'armée de l'intérieur le 1 3 juin
1795, autorisé à prendre sa retraite le 19 oclohre 179». pensionné le 3i mars
1796, membre de la Légion d'honneur le 4 février 1810 et oflicier le 1 a octol)re i8i4, mort à Paris le 1 1 décembre 1839. Le général Romane! avait fait sou» l'ancien régime les campagnes de la Martinique de 1769 à 1773, des côtes de Normandie en 1779, et de Relle-Isie en 1781 et 1782.
'" Houcbard, on le voit, comptait sur un renfort de trente mille hommes tirés de l'armée de la Moselle, mais on ne lui en envoya que vingt-deux mille (cf. p. 60).
74 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. fi" sept. i7Ç)3.]
PARIS, l" SEPTEMBRE 1798.
L'EX-GÉNÉRAL STERGEL ''' AU COMITE DE SALUT PURLIC
Des prisons de i'Abbaye, à Paris, ce 1" septembre 1798, l'an 11 de la République française.
LE CITOYEN STENGEL , CI-DEVANT CÉxÉltAL DE BUIGADE , ÀV.Y CITOYENS REPRESENTANTS DV PEUPLE COMPOSANT LE COMITE DE SALUT PUBLIC DE LA CONVENTION NATIONALE DE FRANCE.
Citoyens ,
Traduit comme ge'ndrai de brigade au tribunal révolutionnaire pour la retraite d'Aix, à laquelle je n'étais qu'agent en sous-ordres, mon innocence a été reconnue par l'unanimité du juré de ce tribunal, et le peuple présent à ma justification y a applaudi avec un enthousiasme dont je puis tirer une démonstration flatteuse de la pureté de mes principes et de ma conduite '''.
Rendu à la liberté avec une sorte de gloire qui m'a dédommagé des humiliations que je devais à l'erreur et à la calomnie , je reçois peu de jours après une lettre du ministre Bouchotle, qui me suspendait de mes fonctions '''. Cette lettre, qui me plonge dans l'indigence, m'a ravi tous les avantages que j'espérais de trente-trois années de services rendus à la France , et m'éloigne du prix que la nation bien informée m'accordera lorsqu'on lui aura rappelé que c'est moi qui ai eu la plus grande \ydi-t à la journée du ao se|)tenibre, et que, si les ennertis ont été arrêtés l'année passée en Champagne , c'est principalement aux braves troupes que j'ai commandées que le succès en est dû '''; et les représentants du peuple ne voudront pas qu'il soit dit qu'un officier qui a conquis pour la République , l'année passée, la viUe de Mafines ''' avec des effets pour la valeur de i4 millions, est réduit aujourd'hui a l'indigence et, ce qui est pis, qu'il est privé de sa liberté.
Malade et infirme , je traînais ici une existence pénible , espérant cependant que,
<•> Henri-Christian-Michel de Stengel, à la bataille de Mondovi le ai avril 1796,
né à Neusiadt (Palaliuat) le 11 mai 1744, mort ie a8 du même mois. (Cf. Jacques
entré au service de France comme sous- Charavay, Les généraux mortt pour la pa-
lieutenant au régiment d'Alsacc-hifanteric (ne, p. 3a.)
le i3 février 1760, lieutenant le 1" mai M Sleugel avait été arrêté avec le gé- 1 765 , capitaine aux hussards de Cliamho- ncral La Noué à cause de la déroute d'Aixraiil le 11 mai 1769, capitaine comnian- la-Cliapelle; mais tous deux, renvoyés ie dant le 11 mars 1781, chevalier de Saint- la avril 1798 devant le tribunal révolu- Louis le 9 novembre 1785, chef d'escadron tionnaire, avaient été acquittés le a8 mai. le 20 mai 1788, major des hussards de W Le 1" juin 1798. Cliamborant le i.5 juin 1788, lieutenant- '»> Stengel avait en effet pris une part colonel le a.5 juillet 1791, colonel du g" des plus actives à la bataille de Valniy. dragons le i3 avril 1792 ot du i" hus- (Cf. A. Chuquel, Fa/mj, p. 9 1 7, et Etienne sards ie 16 mai suivant, maréchal de camp Charavay, Le général Alexis Le Veneur, à l'armée du Nord le i3 septembre 1793, p. 56.) général de division le 1 3 juin 1 796 , blessé '') Le 1 5 novembre 1 793.
[i"5EPT. 179.3.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 75
lorsque ma santë serait rétablie, le ministre aurait pu recueillir des renseignements sur mon compte dans les régiments qui avaient servi sous mes ordres , et je ne devais pas douter que le témoignage de tant de braves gens le dispose à m'employer; cette idée me faisait redoubler de soins pour recouvrei- ma santé, lorsque le 3i juillet je fus prévenu que je serais arrêté. Je me suis rendu alors au Comité de salut public, et de là à la mairie, sans pouvoir apprendre la raison pourquoi l'orage grondait encore sur ma tête. Dans la nuit de ce même 3i juillet, je fus aiïété dans mon lit à l'hôtel Grange-Batelière, et les scellés mis sur mes papiers; et je fus conduit ici, à l'Abbaye, où je vis couvert par l'assurance que domie la conviction de l'innocence , mais pas moins assiégé par les horreurs et l'inquiétude d'une détention, dont j'ignore les motifs et le terme.
On m'assure , citoyens , que vous seuls pouvez à cet égai'd me tirer d'incertitude. Mon innocence est-elle de nouveau attaquée? Qu'on la juge encore; je suis aussi ceilain de son second tiionq)he , que je le suis de l'intégrité des juges. Mais s'il n'y avait point de ])lainles fondées contre moi, je vous supplie, citoyens, au nom des droits sacrés de l'homme et du citoyen , après que l'on m'a tout ravi , après avoir été proscrit dans mon pays natal et avoir été mis au ban de l'Empire pour me punir de ma ronstiincn à servir dans les armées de la République, faitesmoi rendre du moins le seul bien qui me l'esté : la liberté '"'.
Le citoyen Stexgel, ci-devant général de brigade.
(Orig. au t., coll. de M. Etienne Cliaravay.)
1" SEPTEMBBE 1798.
Y ''-' \\I COMITÉ UE SALUT PUBLIC
Analyse. — Il est surpris de sa suspension et il fait passer copie des témoignages d'estime et d'attachement de ses frères d'armes.
(Analyse, Arcb. de la (;nerre, ng. C du Comité de salut public, p. k63.)
O Stongcl ne fut réiul(''gr('' dans son jjradc de (jénéral de brigade que le 1 " mars
'" Jcan-Baplisle-Louis-Philippe de Félix d'Ollières, coinle dii Miiy, né à Ollii-res (Var) le a.5 décombrc 1731, nevou du tnaréclial du Muy, d'al>ord comte de Saint- Main(',rlicvau-lé([er surnuméraire le 16 décembre 176G, sous-lieutenant au régiment de cavalerie Mestre-de-camp le lO juillet
1769, rang de capitaine le 5 mai 1772, colonel du régiment de .Soissonnais le S9 juin 177"), chevalier de Saint-Louis le 3 avril 178'^ , brigadier le 1" janvier 17X4, Diaréclial de camp le y mars 17S8, commandant en chef en Bretagne le 1 9 février 1791, lieutenant général le G février 1792, suspendu le 19 août 1798, autorisé à prendre sa retraite le 7 pluviôse an ni (2O janvier 179.Ï), réintégré le a.5 ventôse
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a sept. 1798.]
22. PARIS, 9 SEPTEMBRE l'Jij'd '". LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE.
Paris, ie a scplcmbrc 1798, l'an 11 do la République française.
LgS BSPRÉSBSTANTS DU PEUPLE, MEMBRES DU COMITE DE SAUT PVBLIC, AU miXISTIlE DE I.A GUERRE.
Nous VOUS adressons, citoyen ministre, une lettre de la société populaire du département de la Seine-Inférieure. Elle expose que chaque commune de ce département a équipé un cavalier, conformément à la loi, que cette troupe est dans ses foyers et qu'elle serait plus utile à nos armées, à celle du Nord par exemple. Nous vous invitons à vérifier le fait et à le prendre en grande considération '-'.
Les membres du Comité de salut puldic,
L. Carnot, C.-A. Prieur, Thuriot, Prieur, député de la Marne.
(Orig., coll. de M. Etienne Charavay.)
an m (i5 mars 1796), commandant en chef l'expédition destinée aux Indes occidentales le 33 germinal an m (11 avril 1795), inspecteur général de l'infanterie de l'armée de Sambre-ct-Meusc le 1 3 germinal an IV (a avril 1796), destitué le 5 brumaire an t (a6 octobre 1796), acquitté à Diisseldorf le i3 nivôse au v (9 janvier 1797), réintégré le 7 pluviôse an v(96 janvier 1797), embarqué pour l'Egypte le 3o floréal an vi (19 mai 1798), rentré en France le 1" messidor an viii (30 juin tSoo), commandant la 21° division militaire (Poitiers) le 27 vendémiaire an ix (19 octobre 1800), et la 12' (Nantes) en vendémiaire an xi (septembre 180a), membre de la Légion d'bonneur le 1 9 frimaire an xii (ai décembre i8o3) et commandant le 95 prairial an xii (i4 juin iSo'i), commandant la subdivision de Seine-et-Oise le 2 1 ventôse an xiii ( 1 a mars
i8o5, envoyé à la Grande Armée le aS novembre 1806, gouverneur général de la Silésie le a8 janvier 1807, commandant la 7' division militaire (Grenoble) le 17 novembre 1808, et la 8' (Marseille) le 1 U avril 1809, baron le 3o août 1811, grand-olTicier de la Légion d'honneur le 39 juillet 1 8 1 4 , commandeur de Saint-Louis le 9 3 août 181 4, pair de France le 17 août 181 5, comte et pair héréditaire le 3i avril 181 7, mort à Paris le 3 juin i8ao.
C Carnot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, VI, 935.) On trouve un arrêté écrit par lui pour autoriser la municipalité de Sainl-Omer à délivrer des passeports à la veuve Roper, anglaise.
('' En tète de la lettre on lit cette note autographe du ministre de la guerre Bouchotle : «5* division. Prenez des mesures pour rassembler cette cavalerie et l'envoyer au Nord.»
[q sept. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 77
LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA MARINE
Paris, le a septembre 1798, l'an 11 de la République française.
LES REPRÉSEyTAXTS DU PEUPLE , HEMBUES DU COMITE DE SÀLVT PUBLIC , AV XIXISTRE DE LÀ MARIXE.
Nous VOUS adressons, citoyen ministre, trois lettres de la société populaire de Calais. Elle sollicite l'échange de nos prisonniers , parce que l'Angleterre en arme des vaisseaux, ou demande que nous en usions de même à l'égard de nos ennemis.
Elle expose en outre que les quatre paquebots offerts par les citoyens Félix Mouron frères , pour servir de navires de cartel , pouvaient être armés en corsaires; elle demande qu'on les munisse comme tels, après avoir procédé à l'estimation par expert. Nous vous invitons à prendre ces deux objets en considération.
Les membres du Comité de salut public,
Laz. Carnot, (J.-A. Prieur, Prieur, député de la Marne, Tuuriot.
(Oiig., coll. de M. Elicnnc Charavay.)
2^1. PARIS, 2 SEI>TEMimK i'J'j-i- LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU REPRESENTANT DELBREL.
Paris, le a soptembrc 179-3, l'an 11 de la République fraufaisc.
LKS RBPBÉSEyTAUTS DV PSDPLE MEMBRES DU COMITE DE SALVT PUBLIC AV CITOÏBS DELBREL, BEPRESEXTAflT DU PEUPLE,
Etiroré PRÈS l' armés dv xord.
Il a été suffisamment pourvu, citoyen notre collègue, aux besoins de l'armée du Nord, puisqu'd a été mis pour cet objet 63 millions par mois à la disposition des administrateurs des subsistances militaires.
Vous
dont
OOUBSFOHDifiCE GÉMÉRILE DE CARNOT. [3 »t. 1793.] doBC TOUS adresaor à Tadmiaistration pour ies fonds
La affari im Cmuié JetdmlpmUic, Lu. CiBBOT, C.-A. Pbikjb.
D a, de jÊtSy été anélié <|Boa fefait paaKr dix miilioftt i à rangée da HmI p» roljet a <|Ksii«i(ti.
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[3s«w. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 79
de la patrie. Le Comité est f^nuadé que l'amour de la République dirige toutes vos opérations. Vos iumifares et rqtre cirisne loi garantissent l'utilité, la nécessité des arrêtés qoe vous avez pris ks 19 et 30 aoât dernier^'. SaoTons la patrie et nous aurons bien mérité d'eUe W.
Le$ membrm du ComU et $alui puhUe,
Laz. Cab^ot, C.-A. PnciiB.
(Oi^., ArL iéf. ém %mé, L, fi«w ii*t. — PiéL r» VM. VmtMl et rm«t. II. 3ê.)