‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 95 sur 191 · LE CHEF DE BRIGADE DUFRESSE '", COMMANDANT DE LA VILLE · texte numérisé non relu

LE CHEF DE BRIGADE DUFRESSE '", COMMANDANT DE LA VILLE

AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Analyse. — Compte rendu d'une expédition qu'il a faite du côté de Messines et de Neuve-Église, pai' ordre des re])résentanls Isoré et Châles, et au cours de

(') Simon-Camille Dufresse, né à ta Rochelle (Charente-Inférieure) le a mars 1763, fils d'un négociant, juré au tribunal du 1 7 août 1799, capitaine au a° bataillon des fédérés nationaux le 16 septembre 179a, blessé de deux coups de sabre à la bataille de N'eerwinden le 18 mars 179.3, adjudant général chef de bataillon le 1 5 mai suivant , commandant temporaire à Lille le 30 juillet 1 798 , adjudant général chef de brigade le 6 septembre 1798, général de brigade provisoire le 1 4 brumaire an n (4 novembre 1798) et confirmé le a a (la novembre), mis eu arrestation le 39 frimaire an 11 (19 décembre 1798), relâché le 28 lloréal an n (13 mai 1794), suspendu et arrêté le 1 9 thermidor an 11 (fi août 1794), traduit devant le tribunal révolutionnaire et acquitté le a germinal an m (aa mars 1796), employé à l'armée des Alpes et d'Italie le a') prairial an m (18 juin 1795), à l'armée de l'intérieur le

8 brumaire an iv (îS octobre 1790) et à l'armée de Rhin-et-Moselle le 16 frimaire an IV (7 décembre 1796), commandant de Piialsbourg le 37 ventôse an iv (17 mars 1796), disponible le a 8 germinal au iv (17 avrd 1796), employé à l'armée des Alpes le 7 messidor au iv (a5 juin 1796), à l'armée d'Italie en pluviôse an v (janvier 1797), et à l'armée de Naples en nivôse an vu (décembre 1798), arrêté et traduit devant un conseil de guerre avec le général Championnet le 16 germinal an vil (5 avril 1799), remis en aciivité et employé à l'armée de l'Ouest le 7 fructidor an VII (a4 août 1799), disponible le 1" ventôse an ix (ao février 1801), envoyé à la 13' division militaire le 8 prairial an IX (38 mai 1801), employé ai»^ camp volant de la Vendée le 3 4 se])tembre i8o5, attaché au 8' corps de l'armée d'Espagne le 9 novembre 1808 et au gouvernement de Valladolid en avril 1809,

[h ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 253

laquelle il a enlevé tous les bestiaux et chevaux qui s'y trouvaient. H fait i'éloge de ses soldais et du chef de brigade Osten '"', dont le civisme ne s'est jamais démenti et qui est le seul entre les chefs des Beiges qui n'ait jamais suivi les étendards des Van der Noot et des Béthune-Gharost. trJ'ai cru assez gai et pas hors de propos de donner à ceux qui sur le terrain ennemi réclamaient le payement de leurs bêles un bon sur Monsieur i'Enqiereur des bestiaux pris dans ses Etats paile service de l'armée de la République française. »

(Orig., Arcb. de la guerre, armée du Nord.)

BOt'R(i-SAI.\T-M\UBICE, 'i OCTOBRE lyyS. LE GKSÉHAL KELLEBMANS AU COMITE DE SALIT PUBLIC.

Du quartier général du Bourg Sainl-Maurice , au pied du petit Saiiil-Beniard , le k octobre , l'an n de la République une et indivisible '''.

LE GÉhÉRÀL IHJAJfSfS DBS ALPES ET D'ITALIE ABX BBPHSSBNTANTS DU PBVPLB COUPOSAXT LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC.

Citoyens représentants.

J'ai promis à la Convention nationale de lui donner de mes nouvelles lorsque j'aurais (pielquo chose d'intéressanl h lui mander. Je crois que l'expulsion entière

rouimandaiil le déparlenient des Deux- .Sèvros le 9 5 juillet 1811, mis à la l<Ue de la H' brigade des gardes nationales le 1" juillet 1813, comniandaiit de Slettin le 9Q juillet 181 a, prisonnier de guerre par suite de la reddition de celte place le 5 di'-condtrc i8i3, rentré de captivité le 1 3 juin 1 8 1 4 , roinmandant le départomcnl des Deux-Sèvres le 3o décctnhrc 181A, mis à la disposition du maréchal Suchet le 9 1 mai 181 5 cl employé dans le Midi, commandant le département de la Loire- Inférieure le 1" septemlirc 181 5, mis en non-activité le a décembre i8i5, retraité le 1" décembre 1 89A , admis dans le cadre de réserve le aa mars i83i, mort à Paris le a; février i833. (Cf. A. Cbuipiel. Va- Unciennei , a 1 3 , et Mémoire» du général Thiébaull. Il, Ito'i.)

''• Pierre -Jacques Osten, né à Menin (Belgique) le 4 avril 1759, sous-liculcnant au 1" régiment des chasseurs de

Nanmr le ai novembre 1789, capitaine le 1" avril 1790, lieutenant -colonel des chasseurs belges au service de France le 3 août 1799, chef du 1" bataillon des chasseurs de Gand le 95 octobre 1793, colonel connnandant en chef les troupes de Flandre le 1" janvier 1793, général de brigade provisoire à l'armée du Nord le t() octobre 1793, confirmé le 17 novembre 1793, employé dans les troupes slationnécs en Hollande le aS octobre 1 797 et en Balavie le 1 '1 octobre 1801, commandant provisoire à Flessingue le 30 novembre i8o6, blessé dans l'Ile de Williemsbourg le 37 février i8i4, mort de sa blessure à Hamiionrg en mars i8ii.

'■'• Dans la séance de la (,'onvenlion nationale du 10 octobre 1793, on donna communication d'une lettre écrite par Kellermaiiii le même jour au' président de l'Assemblée, mais dans des termes plus concis. {Moniteur, XVIll, 93.)

254 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [4 oct. 1798.]

des Piéinontais du département du Mont-Blanc est une nouvelle qui méritera de fixer un moment son attention et la vôtre. Ci-joint je vous envoie la relation des éve'neiiients et attaques qui ont amené cet avantage '"'.

Citoyens représentants , on m'a soupçonné , on m'a accusé , on a versé sur moi le poison de la calonmie : il a fait effet. La Convention a lancé contre moi un décret de destitution , mais ce n'est encore que par les papiers publics que j^en ai été instruit; il ne m'a pas été notifié onTiciellement. On me trouve donc coupable. Eb bien ! le Mont-Blanc est reconquis , Lyon a perdu l'espoir d'être secouru par Turin; la frontière de la Républicjue, dont la défense m'est confiée, est entière de Nice à Genève. Voilà la réponse que je fais à mes accusateurs'*'. Je vous avoue

") A cette lettre est joint un document de sept pages signé par Kcllerniann ot par le représentant Dumaz et intitulé : «Rapport des opérations militaires dans le département du Mont-Blanc, depuis le 17 septembre jusqu'au 3 oitobre, l'an n de la République une et indivisible.» On trouve aussi aux arcbives de la guerre (armée des Alpes), à la date du 10 octobre 1798, un mémoire signé de Kellermann et intitulé : «Précis raisonné de la campagne de 1798 sur la frontière des Alpes, par le général Kellermann. 7)

(') Le 7 octobre, les représentants l)ubois-Crancé et Gauthier écrivirent la lettre suivante à Kollcrniann (Orig. , dans ina collection révolutionnaire) :

(tAu quartier géntîral de la Pape, le 7 octobre 1793, fan 11 de la lUpubliiiue.

uLr» représentant» du peuple, envoyés près l'armée des Alpes, au général Kellermann.

tt Général ,

«Vous avez bien répondu à vos détracteurs, et nous l'attendions de vous. Les l'iénionlais ont fait une assez triste campagne pour ne pas en essayer une troisième. Les Espagnols aussi repassent les monts; il ne nous restera bientôt plus sur les bras que les Autrichiens, et cela ne sera pas long , car toute la République est sous les armes.

B Général , vous avez mal compris ce que l'on vous disait en parlant de Marat et de Chaber, et nous aussi ne faisons nulle acception des persomies, mais en matière

politique ce sont les personnes qui sont les choses. Souvent la pièce ne vaut que par les acteurs, ou plutôt par l'esprit qui les dirige, et sans doute l'individu qui aurait dit : JTairne la Révolution, mais j'abhorre Marat et j'estime Maury, aurait menti à sa propre conscience. Ceci s'applique à tous les personnages avec lesquels on roule dans le cercle d'une révolution. Nous citons Marat et Maury connue pièces de charge; mais, en principe, tous les imUvidus en France suivent l'un ou l'autre système , et ceux qui corrompent l'esprit public en parlant sans cesse des exagérations prétendues des patriotes sont de perfides hypocrites.

«Suivez , général, dans leur carrière tous ceux qui (Usaient, en parlant des patriotes : Je n'aime pus les exagérations , et vous verrez que presque tous ont trahi la République. 11 n'y a point d'exagération dans la sévérité de la \erlu contre le crime, il n'y a point d'exagération dans l'opposition des principes contre les abus. Le vice a l'avantage de pouvoir se déguiser, tandis que la vérité austère reste nue. Voilà la différence , et voilà pour beaucoup d'hommes le motif de leurs erreurs.

«Les conspirateurs de Lyon , réduits aux abois, construisent force redoutes pour occuper le peuple et ne songent qu'à se sauver. Prenez des mesures pour leur couper toute retraite en Suisse. Que ces coquins n'aillent pas encore infecter le Chablais. Nous faisons bien ici tous les préparatifs pour leur couper la retraite , mais il est bon , général , que vous preniez aussi de sages précautions et que vous portiez

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que j'ai été étonné du mot destitution. Je n'avais pas lieu de m'y attendre , et j'espère de votre justice que vous engagerez la Convention h rapporter un décret que, sans doute , elle n'eût pas rendu si elle m'eût bien connu. Je suis prêt à lui rendi-e compte de ma conduite; lorsqu'elle l'aura approfondie et que je serai justifié, je vous prierai de me faire obtenir une honorable retraite. Au reste, quel que soit le traitement que je dois éprouver, je m'y soumets avec fermeté. C'est le propre d'une âme républicaine de recevoir les faveurs et les disgrâces de la fortune avec la même égalité d'âme. Je vous prie de me mander le plus tôt possible ce qui est décidé à mon égard et de me foire savoir si je dois voler au secours de l'armée d'Italie ou remettre mon commandement entre les mains d'un successeur '''.

Keli.erhi>n.

P. S. Le général Mercy d'Argenteau , (jui conmiandait les Piémontais , a été tué d'un éclat d'obus à ia canonnade de ce matin. C'est le rapport d'un déserteur qui aiTive à l'instant ''^

Krllbrmann.

(Orig., Arch. de la gaerre, armée des Alpes.)

des forces importantes vers Carouge, ce qui remplira deux objets à la fois jusqu'après la réduction de Lyon. Vous aveï quatre mille hommes des réquisitions de l'Isère, qu'il convient de mettre en garnison dans le Mont-Blanc pour s'y former et garder celle frontière. Envoyez-nous en échange des bataillons vieux, parce que la Convention est décidée et m'a déjà écrit pour porter sur Toulon le plus de forces possibles. Vous savez que nous n'avons ici que douze bataillons et dix -huit cents hommes de Valenciennes; tout cela se réduit de sept à huit mille hommes; il en faudra laisser au moins quatre mille à Lyon. Vous voyez que notre puissante armée , tant promise et tant vantée dans le Midi , ne sera ((u'une poignée. D'ailleurs nos hommes de réquisition s'ennuient; ils vont tous décamper. Ainsi, dans tous les cas, [il faut que vous nous dépêchiez devant Lyon six bataillons et des chevaux d'artillerie, tout ce qu'il sera possible, avec des effets de campement.

<t Enfin nous pensons et nous vous prions de concerter cette mesure avec nos collègues, qu'il faut faire filer vers Toulon tout ce que nous avons de vieilles trfjupes et garnir la frontière , que les neiges vont ga-

rantir, de nos nouvelles réquisitions qui es formeront pendant l'hiver, (t Salut et fraternité.

«DliBOIS-CltKCÉ.

rPour adhésion, (ÎACTiiiEa.»

Cette remarquable lettre, à la fois poiiti(fue et militaire, rédigée par Dubois- Crancé, était restée jusqu'ici inédite.

"' Le 6 octobre 179.3, le Comité de salut public écrivit aux représenianls Maignct et Chdtcauneuf-Randon à l'armée des Alpes devant Lyon : ifLa Convention a vu avec le même étonnemeut (|ue vous avez balancé à faire exécuter la destitution de Kellermann , prononcée par un de ses décrets. Qu'importe un succès momentané et tardif sur les Piémontais? L'exemple de Montesquiou doit nous prouver que les succès ne servent qu'à cacher plus adroitement une trahison. L'Assemblée nousa chargés do vous rappeler sur-le-champ l'exécution de ce décret et nous espérons que vous nous en donnerez l'assurance par le premier courrier.» (Cf. Aulard, VII, •j55.)Le la octobre le Comité de salut public arrêta que Kellermann serait mis sur-le-champ en état d'arrestation et amené à Paris. (Cf. Aulard, VII, 37;!.)

'-' Celait une fausse nouvelle.

CORRESI'OISDANGE GÉNÉRALE DE CARNOT. [5 oct. 1793.]

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