‹ Correspondance généraleChapitre 62 sur 122 · À ALPHONSE DE GALONNE · texte numérisé non relu

À ALPHONSE DE GALONNE

8 sept. 1858.

Cher Monsieur, le mauvais temps m'a empêché ce matin de vous porter cela moi-même '^l Tout n'est pas absolument fini, mais je suis convaincu que ce sera fini aujourd'hui. J'ai été cependant grand train, et vous pouvez vous assurer que tout cela a été remanié et archi-remanié. J'ai retranché et ajouté, et j'ai eu beaucoup de déférences pour le crayon rouge. — La partie que vous ignorez commence à la page 35.

Je vous en prie, pensez au traité^-'. En vous le

vait en Russie depuis plusieurs semaines. D'autre part il s'agissait d'un rendez-vous à l'Artiste puisque ce périodique avait pour directeur Xavier Aubryet, pour rédacteur en chef Gautier, et pour imprimeur Ducessois, et il y a tout lieu de présumer que ce rendez-vous avait pour objet de se mettre d'accord sur les grandes lignes de quelque article prochain. Or, dans notre numéro 382 , nous allons voir Baudelaire s'excuser de son retard à livrer à l'Artiste sa notice sur Gautier. Tout cela mis ensemble rend probable la date approximative sous laquelle nous avons placé ce billet. Quant au post-scriptum , il s'explique du fait que «Monsieur Ducessois», — le petit Théodore dont notre Charles, en sa douzième année, jalousait les lauriers scolaires (voir la lettre du 22 novembre 1835), — était, par le mariage de sa sœur, le beau-frère de Claude-Alphonse Baudelaire.

(') Toujours Le Hascbiscb où Calonne avait demandé des modifications.

'*> Nous n'avons pas ce traité qui sera signé le 12 octobre, et dont il sera encore question dans les lettres à Poulet -Malassis des 7 et 10 décembre comme dans celle à Calonne du 8 janvier 18^9. Mais nous en connaissons la teneur, car elle se trouvait résumée, on s'en souvient peut-être, dès le 9 juin, dans une lettre à madame Aupick (page 202). — Le principal but poursuivi par Baudelaire en cette occasion, était, semble-t-il, bien moins de s'assurer un revenu régulier, que de se procurer un gage qui lui facilitât quelque emprunt nouveau.

demandant, j'avais comme une vague idée que cela pouvait m'être utile; mon idée s'est éclaircie, et je vous l'expliquerai. Je suis dans une situation telle que je ne dois rien négliger pour en sortir.

Si, comme je le crois, je vous envoie les derniers feuillets aujourd'hui, je pourrai demain reprendre votre Opium, et cela sera vite avalé. D'ici à la fin du mois, il ne s'écoulera pas un jour qui ne vous produise quelques pages.

Je crois vraiment que, sans trop déroger à vos

principes, vous pourriez jeter cette presque totalité

à l'imprimerie. Songez que je ne sortirai de chez

moi qu'avec les derniers feuillets, sans doute ce soir.

Tout à vous.

Ch. Baudelaire.

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